Comment les enfants apprennent-ils à lire et à écrire? D'où proviennent les difficultés observées? Comment les prévenir ou les enrayer? Ces questions passionnantes et d'actualité sur le plan de la politique nationale et européenne se sont rapidement muées en sujet de polémiques. Leur mise en avant médiatique a pu laisser penser qu'il existait des ruptures au sein de la communauté scientifique. Un colloque intitulé "Approche cognitive de l'apprentissage de la langue écrite" (Rennes, octobre 2006) avait pourtant permis de montrer une cohésion et une collaboration fécondes entre les nombreux chercheurs français et étrangers qui y participaient. Suite à ce constat, nous souhaitions présenter les avancées récentes de la communauté scientifique internationale dans le domaine de l'apprentissage des procédures de lecture (de l'identification des mots à la compréhension des textes écrits) et de productions des mots écrits (du geste graphique au code orthographique). A travers cette collaboration, le lecteur découvrira que ces avancées s'articulent autour de deux grands axes de recherche qui organisent la structure de l'ouvrage: d'une part, la nature des unités linguistiques prises en compte à l'écrit et d'autre part, les traitements impliqués dans l'installation des procédures de lecture-écriture.
Tinland Franck ; Breton Philippe ; Rieu Alain-Marc
Ce livre se veut une archéologie - à la fois coups de sonde en direction des fondations et restitution d'une mémoire. Il vise non à reconstituer une histoire, mais à repérer les strates sur lesquelles repose le présent et à partir desquelles il peut, aussi, être ébranlé. Il interroge la forme prise par nos savoirs et, plus encore, par nos moyens techniques. Nul ne conteste que, dans la vaste autant qu'obscure recomposition que les hommes, individuellement et collectivement, entretiennent entre eux, avec la Nature, avec leur mémoire comme avec leurs projets, un rôle essentiel ne soit dévolu à la dynamique qui associe connaissance et puissance dans la mouvance désignée par le terme de Techno-science. Il s'agit, pour délimiter la nouveauté d'un moment - le nôtre - d'en comprendre la provenance et de cerner sa part d'héritage. Plus que dans la figure contemporaine des savoirs et des appareillages, c'est dans l'entrelacs des liens noués entre eux et leur environnement, tant naturel que social et culturel, que se font jour les " nouvelles donnes " auxquelles nous sommes déjà confrontés en cette fin du vingtième siècle. Ce qui apparaît comme recherche scientifique et développement technologique déplace les défis et modifie les enjeux de nos rivalités comme de nos solidarités. Faire le point sur le parcours que nous suivons et dont nous occupons le terme provisoire devient un préalable à toute décision, c'est-à-dire, aussi, un devoir pour chacun.
Marec Yannick ; Daviet Jean-Pierre ; Garnier Berna
Résumé : L'image traditionnelle de la Normandie, celle des herbages, de la vache normande, du camembert, du cidre et du calvados, voir celle de l'élevage des chevaux de course, s'est largement construite au XIXe siècle. En réalité, les éléments de cette image convenue sont plutôt une traduction de la modernité normande. Si le XIXe siècle est, presque partout, le siècle des Révolutions, la Normandie est précocement touchée : révolution agricole, révolution des transports, révolution industrielle, au moins celle des mécaniques textiles. Faut-il y voir l'influence de la proximité anglaise, c'est-à-dire de facteurs exogènes, ou l'émergence de facteurs endogènes ? Mais la Normandie est aussi une terre d'élection des sociétés savantes, du tourisme balnéaire et de l'impressionnisme, une terre connaissant une reconstruction et un essor du religieux avant l'anticléricalisme de la Troisième République,un pays qui a donné naissance ou abrité des penseurs et des acteurs politiques qui ont marqué le siècle et au-delà. Au total, cette synthèse illustrée ne néglige ni la diversité des "pays" normands, ni la profonde identité provinciale.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.