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LA TECHNO-SCIENCE EN QUESTION. Eléments pour une archéologie du XXIe siècle
Tinland Franck ; Breton Philippe ; Rieu Alain-Marc
CHAMP VALLON
19,00 €
Épuisé
EAN :9782876730816
Ce livre se veut une archéologie - à la fois coups de sonde en direction des fondations et restitution d'une mémoire. Il vise non à reconstituer une histoire, mais à repérer les strates sur lesquelles repose le présent et à partir desquelles il peut, aussi, être ébranlé. Il interroge la forme prise par nos savoirs et, plus encore, par nos moyens techniques. Nul ne conteste que, dans la vaste autant qu'obscure recomposition que les hommes, individuellement et collectivement, entretiennent entre eux, avec la Nature, avec leur mémoire comme avec leurs projets, un rôle essentiel ne soit dévolu à la dynamique qui associe connaissance et puissance dans la mouvance désignée par le terme de Techno-science. Il s'agit, pour délimiter la nouveauté d'un moment - le nôtre - d'en comprendre la provenance et de cerner sa part d'héritage. Plus que dans la figure contemporaine des savoirs et des appareillages, c'est dans l'entrelacs des liens noués entre eux et leur environnement, tant naturel que social et culturel, que se font jour les " nouvelles donnes " auxquelles nous sommes déjà confrontés en cette fin du vingtième siècle. Ce qui apparaît comme recherche scientifique et développement technologique déplace les défis et modifie les enjeux de nos rivalités comme de nos solidarités. Faire le point sur le parcours que nous suivons et dont nous occupons le terme provisoire devient un préalable à toute décision, c'est-à-dire, aussi, un devoir pour chacun.
La nature se révèle un tissu fragile d'équilibres au sein d'un univers en perpétuelle transformation. La puissance de [homme détruit ces équilibres fondamentaux ; ainsi est-il capable de mettre fin à l'existence de nombreuses espèces et de bouleverser les écosystèmes issus d'une évolution de millions d'années jusqu'à rendre impossible la perpétuation de la vie dans sa forme actuelle. Il est grand temps de nous interroger sur ce quia engendré cette situation et d'inventer une volonté commune afin de maîtriser une puissance technique dont nul, actuellement, ne semble en mesure de contrôler le cours. C'est à partir de la confrontation entre un héritage aux multiples visages et un monde renouvelé par nos connaissances et nos pratiques, avec leur cortège d'espérances et d'inquiétudes, que nous pouvons tenter de reconsidérer ce qui fait de nous des êtres humains. C'est seulement à ce prix que pourra être défini le cap que devrait suivre l'humanité.
Vincent Gilbert ; Tinland Franck ; Ellul Jacques ;
L'homme, " maître et possesseur de la nature : cette célèbre affirmation, narcissiquement gratifiante, a longtemps alimenté l'idée que les techniques étaient un ensemble de moyens de transformation du monde et de la condition humaine tout à la fois dociles et efficaces. Ces représentations ont probablement fait leur temps, concurrencées par la figure de l'apprenti sorcier. Le doute, sinon l'inquiétude grandit : et si les techniques étaient en passe de se rendre indépendantes de toute volonté et de toute finalité tant collectives qu'individuelles ? Et si les techniques faisaient système, donnant corps à une sorte de poussée exponentielle de puissance qui asservit individus, groupes et sociétés ? La distinction classique entre nature et artifice ne serait-elle pas devenue caduque, en même temps que la distinction entre histoire et nécessité ? En faisant " système ", les techniques s'imposent comme un ensemble irrésistible de normes interdépendantes ; elles exigent de nous une nouvelle forme d'abnégation, un ascétisme post-religieux au moins aussi rigoureux que l'ancien, qui va de pair avec une disciplinarisation des corps et des esprits. Mais s'il y a système, et si le monde se met à ressembler à une secte immense, organisation de dénigrement et de destruction du désir et de l'utopie, comment la critique est-elle encore possible ? Qu'est-ce qui peut empêcher un processus de totalisation - sous les auspices de la technique - de devenir totalitaire ? La critique ne peut être qu'éthique et politique : elle procède du souci de l'autre et du sens de la justice, l'un et l'autre attachés à l'intotalisable, au singulier. Mais pour combien de temps encore ?
Première réédition, depuis 1761, de cette Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l'âge de 10 ans, attribuée à Charles-Marie de La Condamine (1701-1774)
Réussir un concours de philosophie ne dépend pas uniquement du talent personnel de chacun, loin s'en faut. Le talent n'est rien si ne viennent s'y adjoindre une parfaite compréhension des réquisits du concours, une bonne maîtrise des procédures nécessaires pour s'acquitter avec succès des exercices imposés, ainsi que la capacité à mettre en pratique les exigences méthodiques les plus formelles en les adaptant aux contraintes réelles des épreuves. Le présent ouvrage a précisément pour vocation d'exposer de façon claire et cohérente l'ensemble de la démarche permettant d'accéder à une pratique satisfaisante des épreuves de l'agrégation et du CAPES de philosophie. De la lecture des textes philosophiques à la méthodologie des épreuves, de l'organisation de la préparation à la pratique concrète des exercices, en passant par de nombreux conseils de lecture, toutes les étapes de la préparation aux concours sons passées au crible de l'analyse afin de procurer aux candidats les moyens d'accomplir avec succès le difficile parcours qui mène à l'enseignement de la philosophie. Plus qu'une simple méthodologie, c'est donc un véritable guide pratique des concours de philosophie qui se trouve ici proposé.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.