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LIPSTICK TRACES - HISTOIRE SECRETE DU VINGTIEME SIECLE
MARCUS GREIL
ALLIA
29,50 €
Épuisé
EAN :9782911188572
Il y a une figure qui apparaît et réapparait tout au long de ce livre. Ses instincts sont fondamentalement cruels; sa manière est intransigeante. Il propage l'hystérie, mais il est immunisé contre elle. Il est au-delà de la tentation, parce que, malgré sa rhétorique utopiste, la satisfaction est le cadet de ses soucis. Il est d'une séduction indicible, semant derrière lui des camarades amers comme Hansel ses miettes de pain, seul chemin pour rentrer chez soi à travers un fourré d'excuses qu'il ne fera jamais. C'est un moraliste et un rationaliste, mais il se présente lui-même comme un sociopathe; il abandonne derrière lui des documents non pas édifiants mais paradoxaux. Quelle que soit la violence de la marque qu'il laissera sur l'histoire, il est condamné à l'obscurité, qu'il cultive comme un signe de profondeur. Johnny Rotter/John Lydon en est une version; Guy Debord une autre. Saint-Just était un ancêtre, mais dans mon histoire, Richard Huelsenbeck en est le prototype.
C'est donc un livre sur le rock'n'roll - une partie du rock'n'roll - et sur l'Amérique. Ce n'est pas une analyse historique ou purement musicale, ni une galerie de portraits. J'ai essayé d'élargir le contexte dans lequel on écoute la musique, d'analyser le rock non pas comme expression de la jeunesse, ou de la contre-culture, mais de la culture américaine elle-même. Les artistes sur lesquels j'ai choisi d'écrire m'intéressent en particulier parce qu'ils ont plus d'ambition que les autres et qu'ils prennent plus de risques. Ils prennent le risque du désastre artistique (dans le vocabulaire du rock: la prétention), de se mettre à dos un public qu'il est plus facile de flatter que de provoquer - leurs ambitions ont beaucoup à voir avec celles que Robbie Robertson avait pour le Band: "La musique ne doit jamais être inoffensive." Ce qui m'attire encore plus chez le Band, Sly Stone, Randy Newman et Elvis, c'est que je pense qu'ils se voient comme des américains symboliques. Pour moi, ils essaient, avec leur musique, d'être à la hauteur de ce rôle
Résumé : 1967, l'Amérique est doublement en guerre. A l'extérieur avec la guerre du Vietnam, à l'intérieur avec les émeutes raciales et le "Summer of love" californien. Le pays "où tout est possible" est en train de sombrer. 1967, Bob Dylan enregistre en secret, dans le sous-sol d'une maison de Woodstock nommée Big Pink, ce qui deviendra les mythiques Basement Tapes (les bandes du sous-sol). Il incarne cette Amérique déchirée. Déjà, deux ans plus tôt, au festival de Newport, le fantôme de l'électricité s'est emparé du chanteur et son public ne le supporte pas. Celui qui représentait jusqu'alors la renaissance du folk américain et de son rêve de paix devient le prophète d'une révolution en marche. Greil Marcus met en lumière la violence et la démesure de la réaction suscitée par le virage qui valut à Dylan d'être traité de "Judas" . Les Basement Tapes sont le reflet d'un pays clandestin, d'une république invisible qui cherche ses racines dans une tradition orale muant au gré des secousses du grand drame américain.
Résumé : "Stagger Lee a descendu Billy..." L'écho de ces mots se répercute depuis le tube rock'n'roll de Lloyd Price à travers cinquante ans de culture noire, faisant défiler des milliers et des milliers de Stagger Lee et de Billy, pour remonter vers sa source cachée. Il y a un écho pour Jimi Hendrix, star à vingt-quatre ans et mort à vingt-sept ; pour Sly Stone, "brûlant", comme on l'a dit autrefois de Bob Dylan, "non pas la chandelle par les deux bouts, mais se servant d'un chalumeau pour consumer le milieu" ; pour les jeunes hommes morts dans les ruelles ou refroidis à la morgue municipale ; pour un million de cambriolages de magasins de spiritueux et un million de viols sauvages. Greil Marcus
En 1967, dans le sous-sol d'une maison de New York, Bob Dylan et The Band enregistrent en secret ce qui deviendra les mythiques Basement Tapes. Mélange subtil de folk traditionnel et de parodie, ce matériel n'est pas destiné à être rendu public. Deux ans plus tôt, au Festival de Newport, Dylan a effectué sa spectaculaire conversion électrique. Partant de ce jalon historique, Greil Marcus met en lumière de la musique folk et de ses valeurs, un virage qui valut à Dylan d'être traité de "Judas". Il démontre clairement que les Basement Tapes constituèrent la réponse de Dylan à cette vague d'indignation. Pour Greil Marcus, et pour les innombrables adeptes du culte qui s'est constitué autour de ces enregistrements, le mystère des Basement Tapes tient à leur immanence, à leur lien souterrain avec la tradition orale, au miroir dans lequel se dessine un pays derrière le pays. A une époque où l'Amérique sombrait dans une guerre civile à propos d'une guerre étrangère, cette musique était réjouissante et réconfortante.
Résumé : Nous avons perdu notre foyer, c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre travail, c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en ce monde. Nous avons perdu notre langue, c'est-à-dire le naturel de nos réactions, la simplicité de nos gestes, l'expression spontanée de nos sentiments. Hannah Arendt.
Les Miscellanées de Mr. Schott sont un ouvrage sans équivalent. A tel point unique qu'il est impossible à définir. Encyclopédie ? Dictionnaire ? Almanach ? Anthologie ? Fourre-tout ? Vade-mecum ? Tout cela, et - bien sûr - beaucoup plus. Recueil de futilités pas toujours futiles, de bagatelles souvent primordiales, Les Miscellanées de Mr. Schott ne se veulent ni exhaustives, ni définitives, ni même utiles. En revanche, elles se veulent essentielles. On peut - à la rigueur - vivre sans ce livre mais ce serait là, selon les mots mêmes de son auteur, une tentative bien étrange - et bien téméraire. Qu'on en juge. Quel autre ouvrage peut se targuer d'offrir dans sa table des matières la longueur des lacets de chaussures, le langage des signes, la liste des sept péchés capitaux, la façon de dire "je t'aime" dans 44 langues différentes (dont le morse) ? Dans quel autre ouvrage trouvera-t-on réunis, sur la même page, le nom des coups du golf, l'histoire de la taxe sur les chapeaux, la liste des morts violentes dans l'histoire du rock, celle des insultes utilisées par Shakespeare dans ses pièces et les couleurs du drapeau de la Guadeloupe ? Où donc, si ce n'est dans Les Miscellanées de Ben Schott, pourra-t-on trouver la liste des 12 travaux d'Hercule, celle des différents modes opératoires des crimes élucidés par Mrs Marple ou des fournisseurs officiels de la reine d'Angleterre ? On l'aura compris, les Miscellanées de Mr. Schott sont aussi réjouissantes qu'indispensables : elles offrent la quintessence de l'esprit et de l'humour anglais, mélange de rigueur et d'absurde, de précision et de fantaisie. Le plus fort, peut-être c'est qu'au bout du compte, l'ouvrage se révèle effectivement pratique : un véritable couteau suisse sous forme de livre. Last, but not least : le livre en lui-même, par sa reliure, l'attention maniaque portée par l'auteur à la typographie, à la mise en page, au papier, est objet d'une grande élégance.
La Chine est de plus en plus présente dans le monde, mais elle en est en même temps comme absente. Nous n'entendons pas sa voix. Jean François Billeter