Les secteurs de l'éducation, de l'enseignement et de la formation sont concernés de manière particulièrement vive par les transformations qui traversent la société à partir de ce que la sociologie désigne comme la "seconde modernité". Ces transformations sont continues et touchent tant les organisations que l'ensemble de ces acteurs. Cela implique que l'éducation ne saurait se contenter de reproduire des processus et des dispositifs déjà connus car ils se voient pour partie déqualifiés pour affronter les défis qui émergent. Ces changements induisent de l'incertitude : la lisibilité des contextes éducatifs n'est plus assurée et la faible prévisibilité de leur évolution fragilise et interroge l'ensemble des pratiques et des dispositifs du champ de l'éducation et de la formation. A cela s'ajoute l'injonction pour tout sujet de se construire, dans des contextes où les transmissions intergénérationnelles sont moins assurées et où les institutions, notamment dans le champ de l'enseignement, voient leur place décliner et leur fonction devenir plus gestionnaire. Face à cela, l'ensemble des acteurs concernés tentent d'élaborer des réponses concrètes. Cet ouvrage apporte des éléments de réponses de chercheurs en éducation belges, suisses, québécois et français qui collaborent ensemble depuis plusieurs années à deux questions centrales : Quelles réponses sont apportées en termes de division / coordination du travail éducatif par les organisations de ce champ pour maintenir l'ambition d'objectifs éducatifs de haut niveau dans ce contexte de mutations accélérées ? Comment les pratiques des professionnels du champ de l'éducation et de la formation se réinventent-elles pour faire face aux défis éducatifs inédits, en tension entre efficacité économique et transmission à tous d'un socle de valeurs, de culture et de compétences ?
Dorigny Marcel - Klein Jean-François - Peyroulou J
Riche de plus de 370 cartes et infographies originales en couleurs, ce Grand Atlas retrace toute l'histoire des colonisations du XVe au XXIe siècle. Cet ouvrage, nourri des apports les plus récents de l'historiographie, permet de prendre la pleine mesure de l'histoire des colonisations, de la "découverte" de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492 à l'héritage colonial d'aujourd'hui. Le déploiement sans précédent de cette conquête "civilisatrice", rapidement destructrice, fondant de vastes empires coloniaux sur la traite négrière et l'esclavage, a soulevé de grands débats menés par Las Casas et les Lumières. Les Empires s'étendent aux Amériques, à l'Afrique et à l'Asie pour connaître leur apogée au XIXe et au début du XXe siècle avant de s'écrouler aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Le phénomène des décolonisations, trop souvent réduit à la lutte pour l'indépendance politique, requiert une émancipation économique, des luttes sociales et de grands leaders. Véritable ouvrage de référence, le Grand Atlas des empires coloniaux constitue un outil indispensable pour les étudiants comme pour les amateurs et curieux. Plus de 370 cartes et infographies originales en couleurs. Un projet d'histoire globale et connectée qui porte une attention particulière aux colonisés. Un panorama inédit qui nourrit un vif débat, en France et dans le monde, sur l'héritage colonial.
CLASS (Classroom Assessment Scoring System) est l'une des grilles d'observation et d'évaluation de la qualité des interactions enseignant-élèves la plus utilisée en Amérique du Nord. Elle investit principalement trois grands domaines : le soutien émotionnel, l'organisation de la classe et l'accompagnement de l'apprentissage, qu'elle décline ensuite en dix dimensions. Un groupe de chercheurs français et québécois ont choisi de transposer cet outil en contexte francophone. Ce numéro rend d'abord compte de cette expérience au travers de recherches conduites toutefois selon des perspectives et des éclairages assez différents. Au delà de l'intérêt des résultats obtenus, les questions méthodologiques et épistémologiques sont clairement abordées. Elles invitent à une position nuancée, en particulier quand sont mobilisées les notions de qualité ou d'évaluation, mises en lien avec celles d'observation et de mesure. Sans doute faut-il retenir de cette livraison de DSE que CLASS est un outil et simplement un outil, présentant des intérêts indéniables pour la recherche sur les interactions en classe, mais qu'il convient toutefois de n'utiliser qu'en préservant la distance critique requise dans toute démarche scientifique.
Avoir un handicap, qu'est-ce que cela signifie et implique aujourd'hui? Pour la personne qui en est atteinte, ses proches, la société? Comment (se) vivre avec un handicap, qui plus est lorsqu'il est congénital et qu'il nécessite un accompagnement constant? Quel rapport peut-on avoir à son corps, à un corps stigmatisé et stigmatisant? À son intimité? Et à sa sexualité? Quel regard peut-on porter sur soi et comment peut-on « s'arranger » avec le regard que les autres posent sur soi lorsqu'on a un handicap? Si les politiques ont permis par la loi (et notamment celle du 11 février 2005) une vraie évolution textuelle, il faut cependant reconnaître qu?ils n?ont toujours pas réussi la révolution culturelle qui devrait permettre de respecter l?autre dans sa nature humaine et non pas seulement de le tolérer.
Dans le cadre des réformes éducatives récentes, les enseignants sont de plus en plus confrontés à l'injonction de "travailler ensemble" . Dans ce contexte, les cadres scolaires doivent exercer un leadership pédagogique pour accompagner les équipes à travailler collectivement, à faire évoluer leurs pratiques et à assurer des effets sur les apprentissages des élèves. Il se dégage ainsi une nouvelle vision de l'école et des défis qu'elle doit relever. Des chercheurs et formateurs français, belges, québécois et suisses étudient ici la manière dont ces changements se traduisent dans les différentes réalités scolaires.
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua⦠La liste s'allonge des pays vivant un tournant autoritaire. Répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d'un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd'hui affecter les démocraties les plus anciennes et les plus solides. L'ambition de cet ouvrage est de renouveler la question de l'autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfigurationA : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d'Etat), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d'une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d'abuser du pouvoir.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.