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Avant la vie. Nouvelles
Mann Klaus ; Taillandier Isabelle ; Naumann Uwe
REINE BLANCHE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782491528089
Klaus Mann décrit le sentiment ressenti au début de sa carrière littéraire : "Notre vie consciente commença à une opaque d'incertitude angoissante. Autour de nous. tout se fissurait et chancelait, à quoi aurions-nous dû nous raccrocher, d'après quelles lois aurions-nous dû nous orienter ? La civilisation dont nous faisions la connaissance dans les années 1920 semblait avoir perdu l'équilibre, ne plus avoir de but, de volonté de vivre, être mûre pour la ruine, prête à sombrer. Oui, nous fûmes confrontés très tôt à une atmosphère d'apocalypse, fîmes l'expérience de toutes sortes d'excès et d'aventures." Né en 1906, Klaus Mann ressent ces années comme une profonde crise sociale et politique. Aussi pleine de joie et extraordinaire qu'ait pu être en superficie cette période, elle ne propose de fait aucune ligne morale. Le jeune écrivain présente la réaction de sa génération comme une recherche désespérée d'une nouvelle voie, d'un nouveau sens à la vie. Uwe Naumann.
Résumé : La première Partie du Journal de Klaus Mann, publiée sous le titre Les années brunes (1931-1936), nous montrait un esprit ondoyant au moment où s'effondrait l'univers de sa jeunesse. Les cabarets à Munich, l'agonie de la République de Weimar, l'arrivée d'Hitler au pouvoir, le début de l'exil dès mars 1933 : Klaus Mann, intellectuel européen, vivait dans le tumulte. Ce document était la radiographie des années de braise et de tourments que Klaus Mann traversait en spectateur engagé. Après septembre 1938, où il émigre aux Etats-Unis, le ton du Journal s'assombrit encore. Les noms de Wystan Auden, Christopher Isherwood, Aldous Huxley, Fritz Lang reviennent souvent dans un tourbillon de rencontres mais Klaus Mann a perdu l'espoir. "Il était toujours avec beaucoup de gens et en même temps jamais avec personne ", a justement dit de lui Elias Canetti. Dans le monde de l'après-guerre, de retour en Europe, Klaus Mann ne trouve pas sa place. L'indifférence de son père, Thomas Mann, les injections de morphine, l'insomnie, les étreintes à la hâte, tout cela passe dans ce Journal, son seul confident. Ce second volume, haletant, est marqué par l'angoisse d'être entendu, d'être reconnu. "Décidément, il faut en finir ", écrit-il. Le 21 mai 1949, par un jour de pluie à Cannes, Klaus Mann se suicide.
Ce livre, publié en 1933 alors que Klaus Mann n'avait que dix-neuf ans, fut considéré comme le premier roman ouvertement homosexuel de la littérature allemande et déclencha un scandale. Le jeune peintre Andreas ambitionne de peindre Dieu en personne, entouré d'enfants dansant une ronde ; mais déprimé, il part vivre à Berlin. Il y rencontre Franziska, jeune fille très masculine, qui s'éprend de lui, et ensemble ils courent les bars homosexuels. Ici, des évocations hallucinées des bas-quartiers de Berlin et de Hambourg. Mais il n'y a d'amour véritable que dans le renoncement charnel, puisque Franziska n'aime qu'Andreas, qui n'aime qu'Andreas, qui n'aime qu'un autre, qui n'aime sans doute personne...
Par une ironie de l'état civil, le nom entier de Klaus Mann fut Klaus Heinrich Thomas Mann. Coincé entre l'oncle Heinrich et le père Thomas Mann, figure du siècle... L'enfant prodigue né en 1906, qui déboula dans l'Allemagne de la république de Weimar avec l'envie de provoquer, l'intellectuel européen tissant ses amitiés cosmopolites, ne cessa jamais d'être un fils à problèmes. Jusqu'au soir de sa vie, le 21 mai 1949 à Cannes, où il se suicide... La publication de ses journaux intimes nous invite à une danse au bord du volcan : Klaus est partout, dans une fumerie d'opium, chez Cocteau ou chez Gide, à Venise où il dîne en smoking, à Moscou en juillet 1934. A chaque page de ce journal, se devine la présence de la mort. Dans l'oeil du cyclone, Klaus Mann devient témoin scrupuleux, révolté.
Début des années 30 du siècle dernier, Sebastian, un écrivain, Sonja, une comédienne, Gregor Gregori, danseur et dandy, et d'autres, veulent échapper à un monde qui ne leur ressemble plus. La drogue devient leur refuge. Ensemble mais seuls, ils se côtoient, fuient à Paris, à Berlin ou encore à Fès, simplement pour faire une trêve, le temps d'une courte rencontre à l'infini...
Ainsi donc, que ces esprits sérieux qui ne voient dans l'apparition d'un livre qu'un auteur à juger et qui tiennent gravement le couteau d'ivoire suspendu sur son oeuvre comme un glaive sur la victime ; que ceux-là, dis-je, n'entreprennent point la lecture de ce livre ! Il n'a point été écrit pour eux, ils ne le comprendraient pas. Il ne s'adresse qu'à ces imaginations paresseuses qui suivent avec complaisance les rêveries du poète, les merveilles d'un conte de fées ; qui n'analysent pas ce qui les fait rire ; qui ne se font pas un remords d'avoir compris un mot que le Dictionnaire de l'Académie n'a pas sanctionné ; qui nous savent bon gré de publier une Nouvelle sans prétention, sans nous croire auteur pour cela, sans la corriger, comme on envoie à son ami une lettre écrite à la hâte, et qu'on ne s'est pas donné la peine de relire, ni même de signer ; enfin à ces lecteurs spirituels et indulgents qui ont toujours un peu de reconnaissance pour le livre qui les a aidés à passer une heure d'attente entre une affaire et un plaisir, entre un adieu et un retour. Cette catégorie comprend les hommes qui s'ennuient et les femmes qui aiment, n'est-ce pas à peu près la moitié du monde ! " Delphine de Girardin
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