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Angoisses de style
Manganelli Giorgio
CORTI
18,55 €
Épuisé
EAN :9782714306470
Il y a beaucoup de raisons pour ne pas écrire cette quatrième de couverture, j'habite une maison affligée de coups de téléphone et de valises, un futur lourdement ironique me provoque, et ce dont je dois parler est enclos dans le conteneur patient du passé. Le passé, nous le savons par expérience et par conviction, est l'erreur. Le passé est fait de ce que nous n'avons pas fait, de ce que nous aurions dû faire, et dont nous savons pertinemment que nous ne le ferons jamais. Le passé hypothèque jusqu'à notre futur et, n'ayant jamais étudié le sanscrit dans les années de notre enfance, nous n'écrirons pas un mémorable essai sur les Veda. La présente accumulation de préfaces s'ouvre, par exemple, sur un texte consacré au Magasin d'antiquités de Charles Dickens qui, c'est l'évidence même, se trouve en lieu et place d'une mémorable recherche sur la Cabale et le Golem, en sus d'une grammaire comparée des langues sémitiques, que des circonstances atmosphériques m'ont empêché de mener à son terme. Puisque le passé est le dépôt des erreurs, et puisque le présent texte est un lieu du passé, une sorte de gargote dans laquelle les erreurs en viennent à sangloter les unes sur les épaules des autres, un lieu sombre et sordide, où dialoguent à voix basse des affirmations immotivées, je ne peux nier qu'un tel sentiment de foire, de lunapark, de fête funèbre gouverne cette assemblée de compères. Ici se disposent des paroles qui parlent de phrases, des phrases qui commentent des paroles, des pages à propos de livres et, enfin, un livre traitant de pages. Le procédé est imprécis, généreux, aventureux, irresponsable. Je pourrais dire qu'il s'agit d'une façon de faire plutôt sotte, n'était le fait qu'une bonne éducation réciproque, un accord tacite, empêche le signataire (et non l'auteur) et le texte de se livrer à des voies de fait. Il est de notoriété publique que lorsque les Fiancés de Manzoni, ou l'Histoire de la littérature italienne, rencontraient leurs signataires respectifs, ils les saluaient d'un aimable coup de chapeau. Tout ce que je puis dire en faveur de cet acte littéraire, qui effleure le code pénal, c'est seulement, selon les critères généralement acceptés, qu'il n'appartient pas à la critique, genre littéraire à propos de l'existence de laquelle je nourris, courtoisement mais fermement, certaine méfiance. Si les parlottes, les cancans, les palabres, les dithyrambes tragiques, les amusements vous intéressent, bref, si vous vous mettez sur les traces des choses inutiles - qui ne sont pas si faciles à dénicher -, peut-être y a-t-il ici quelque miette, quelque bribe pour des palais capricieux mais peu exigeants. S'il fallait dater ces mots d'un lieu, je les daterais de l'Auberge de l'Ecrevisse Rouge. Giorgio Manganelli.
Un texte est quelque chose d'unique, de non répétable, mais contenant également d'autres textes, offrant une série de traces qui peuvent être développées selon de nombreuses directions. En ce sens, chaque oeuvre littéraire est un "roman noir" dont la solution est toujours ailleurs, dans la capacité de déduction du lecteur-enquêteur. Les grands livres sont, à l'évidence, ceux qui autorisent les chasses au trésor les plus gourmandes. Pinocchio possède, justement, une charge symbolique, énigmatique et allégorique inépuisable : il dit "beaucoup plus que l'intrigue serrée de la fable le laisse supposer", Giorgio Manganelli a reparcouru Pinocchio : le "livre parallèle" qui en est résulté n'est pas seulement une prestidigitation d'écrivain original à l'excès qui, armé d'imaginatifs paradoxes, parvient toujours à saisir la réalité et les conventions en tout genre. Dans ces pages, il n'est pas seulement question de la marionnette, de Geppetto et de la petite Fée, mais de nous-mêmes, aujourd'hui, travestis et masqués, protagonistes d'un ballet de transgressions, de ruses et de bonnes intentions.
Résumé : L'Inde prive, pour Giorgio Manganelli, tout visiteur de ses certitudes, de sa souveraineté et de ses repères. Ce pourquoi on ne peut que "faire l'expérience" de l'Inde, c'est-à-dire d'un soi désarmé, libre, affronté à cette "maison mère de l'absolu" , à ce "seul lieu où il existe encore des dieux, mais comme délégués par un Dieu qui a sombré en lui-même et, simultanément, s'est réincarné en toute chose, lieu des temples et des lépreux, où le sourire du Bouddha et de Siva n'ont jamais été abolis, doux et impénétrables, extatiques et mortels" .
«Rondes et insaisissables gouttes de mercure, les récits éludent et déçoivent ; ils sont un soupir, un jeu de mots, un accord maladroit de vielle stridente, une ponctuation proprement sans mots qui précèdent et qui suivent, un point d'exclamation, une interrogation, et surtout ils ne sont pas monothéistes ; ils professent un athéisme minuscule, qui n'est pas inaccessible à des incursions de dieux frêles et effrontés, ou de déesses provocantes et lascives - à la condition qu'ils soient mortels, éphémères, faux, très frêles, désorientés.»Giorgio Manganelli.
Résumé : Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence. Ce livre, d'abord publié au Mercure de France, en 1968, était épuisé, nous le rééditons enrichi d'une postface de Francis Tabouret, dans la traduction d'Elisabeth Gaspar, revue.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Résumé : A la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et l'écriture l'occupe de plus en plus, au détriment de l'éducation de ses deux filles, Dede et Elsa. L'histoire d'Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d'une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix. Après avoir embrassé soixante ans d'histoire des deux femmes, de Naples et de toute l'Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L'enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu'on n'oublie pas.
Quatrième de couverture «Autrefois on disait déjà la colline comme on aurait dit la mer ou la forêt. J'y allais le soir, quittant la ville qui s'obscurcissait, et, pour moi, ce n'était pas un endroit comme un autre, mais un aspect des choses, une façon de vivre. [...] J'y montais le soir pour éviter le sursaut des alertes : les chemins fourmillaient de gens, de pauvres gens que l'on évacuait pour qu'ils dorment au besoin dans les prés, en emportant un matelas sur leur vélo ou sur leur dos, criaillant et discutant, indociles, crédules, amusés.» Cesare Pavese, La Maison des collines, 1948.
Si la gloire de Pirandello (1867-1936) a longtemps reposé sur le succès international de son théâtre, il n'en reste pas moins que les nouvelles occupent une place centrale dans son ?uvre. Il y a une bonne raison à cela : les nouvelles étaient, et sont restées, le vivier de ses personnages de théâtre. Les voici regroupées pour la première fois en français. Ce volume regroupe les 15 volumes de l'édition italienne et l'"Appendice" qui réunit les nouvelles que Pirandello n'avait pas eu le temps de rassembler lui-même avant sa mort. L'ouvrage est précédé d'une préface de Giovanni Macchia et suivi de "Pirandello conteur", postface de Georges Piroué, auteur chez Denoël d'un essai sur Pirandello et d'une biographie, Pirandello Sicilien planétaire. A quoi s'ajoutent 35 illustrations, une bibliographie des ?uvres de Pirandello traduites en français et des tables alphabétique et chronologique des nouvelles.
Résumé : Une femme, Miriàm. Un homme, Iosèf. Un jeune couple d'amoureux. Ils se sont rencontrés en Galilée, au Nord d'Israël, et vont se marier à Nazareth. Quand Miriàm annonce à son fiancé qu'elle attend un enfant dont il n'est pas le père, Iosèf ne la dénonce pas aux autorités, comme la loi le prescrit. Il croit en sa parole. Il croit qu'elle est enceinte d'une annonce, il croit à une vérité invraisemblable. "C'est l'hiver en Galilée, mais entre eux deux, c'est le solstice d'été, le jour de la lumière la plus longue". Avec Une tête de nuage, Erri De Luca poursuit sa relecture de la Nativité, abordée précédemment dans Au nom de la mère. Structuré en trois actes, le texte assume une forme dramatique parcourue par des dialogues intenses, non dépourvus d'ironie. Derrière la figure du Messie, Erri De Luca brosse le portrait intime de Marie et Joseph, ici présentés dans leur simple humanité : deux jeunes parents qui s'apprêtent à élever leur enfant, Jésus, dans mille difficultés. Un homme et une femme, liés par un sentiment qui dépasse les faits et s'inscrit dans les mots. "En amour, croire n'est pas céder, mais renforcer, ajouter quelques poignées de confiance ardente".