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PINOCCHIO.UN LIVRE PARALLELE
Manganelli Giorgio
BOURGOIS
19,82 €
Épuisé
EAN :9782267013832
Un texte est quelque chose d'unique, de non répétable, mais contenant également d'autres textes, offrant une série de traces qui peuvent être développées selon de nombreuses directions. En ce sens, chaque oeuvre littéraire est un "roman noir" dont la solution est toujours ailleurs, dans la capacité de déduction du lecteur-enquêteur. Les grands livres sont, à l'évidence, ceux qui autorisent les chasses au trésor les plus gourmandes. Pinocchio possède, justement, une charge symbolique, énigmatique et allégorique inépuisable : il dit "beaucoup plus que l'intrigue serrée de la fable le laisse supposer", Giorgio Manganelli a reparcouru Pinocchio : le "livre parallèle" qui en est résulté n'est pas seulement une prestidigitation d'écrivain original à l'excès qui, armé d'imaginatifs paradoxes, parvient toujours à saisir la réalité et les conventions en tout genre. Dans ces pages, il n'est pas seulement question de la marionnette, de Geppetto et de la petite Fée, mais de nous-mêmes, aujourd'hui, travestis et masqués, protagonistes d'un ballet de transgressions, de ruses et de bonnes intentions.
Que je sois Roi, on ne saurait, me semble-t-il en douter. Il est chez moi une façon régalienne de penser, d'opiner, de rêvasser qui n'en finit pas de m'étonner, de me réjouir. Je suis incapable de penser à des choses humbles et pauvres; chaque chose doit recevoir un nom, s'inscrire dans une hiérarchie, majestueusement s'avancer ou ramper, mais d'emblématique manière". C'est par cette attaque péremptoire que le nouveau livre de Giorgio Manganelli s'ouvre et prend son élan en un crescendo de variations sur le thème d'une lucide exaltation mégalomaniaque.
Résumé : Ceux qui parlent dans ce livre sont des ombres affables, des spectres gracieux, d'honnêtes cadavres. Ils devisent, ils papotent, ils confabulent. Parfois même ils pérorent. On n'osera dire qu'ils déblatèrent, encore moins qu'ils débagoulent. Raffinés et courtois locataires des ténèbres, ce sont des défunts volubiles, des trépassés babillards. A eux tous, ils forment une aimable société où l'on croise quelques vedettes de l'Histoire : Toutankhamon, Marco Polo, Haroun al-Rachid, Casanova, Napoléon, Nostradamus, ou tout simplement A et B, qui sont à peine des mannequins de chair, à peine des masques ou des travestis, puisqu'en ce royaume des Voix toute épaisseur corporelle serait un signe d'indécence, une présomptueuse obscénité. Pour notre plus grand bonheur, rien ne trouble ici le joyeux pépiement d'ectoplasmes, le dialogue philosophique entre zombis. Faut-il encore préciser qu'il s'agit d'un livre faux ? Mais seules les flèches de l'archer du Mensonge feront saigner le coeur du Vrai...
Ce roman, le dernier écrit par Giorgio Manganelli avant sa mort, en 1900, offre comme une vision étincelante, l'hallucination d'un théologien, l'exploration et la reconnaissance d'un lieu "où il est difficile de pénétrer et d'où il est impossible de sortir". Ce lieu, s'appelle, en une sorte de flou résolu, "le marécage définitif". Y pénètre celui qui a commis une faute, sans savoir laquelle. A mesure que nous suivons le narrateur et son cheval - protagoniste non dénué d'importance dans ce récit - et avançons dans cette terre "animée d'une vie trouble", nous nous rendons compte que nous sommes entraînés, en un tourbillon métaphysique, dans la création d'un démiurge malin. Et nous vient la pensée que Manganelli a voulu raconter ici le lieu même de son imagination, lieu "suprêmement dangereux", énigmatique, "répugnant et attirant", où se déroule une aventure solitaire et extrême, ce lieu frontière entre de nombreux mondes qui fut la "mystérieuse et taciturene patrie" de ce grand visionnaire.
Un jour j?ai sorti un livre, je l?ai ouvert et c?était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l?or à la décharge publique. J?ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d?une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n?avait pas peur de l?émotion. L?humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J?avais une carte de la bibliothèque. Je sortis le livre et l?emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu?il y avait là un homme qui avait changé l?écriture. Le livre était Demande à la poussière et l?auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m?influencer dans mon travail" (Charles Bukowski, 1979).
Résumé : Dans l'appartement en dessous de Bob et Constance, qui s'aiment malgré une maladie vénérienne les obligeant à se réfugier dans la pratique d'un jeu pervers qui ne tardera pas à avoir des conséquences irrémédiables sur leur relation, John et Patricia sont les propriétaires fortuits de Willard et ses trophées de bowling - Willard, un oiseau de papier mâché créé par un sculpteur particulièrement inspiré. Ces trophées ont autrefois été gagnés par puis volés aux frères Logan, trois sportifs médiocres, dépourvus d'intelligence, qui se mettent alors en tête de ratisser les Etats-Unis afin de récupérer leur dû. Ils arrivent, grâce à un appel téléphonique anonyme, jusqu'à l'immeuble où habitent les deux couples.
Résumé : Suite à la mort des ses parents, Mélanie, une jeune adolescente, quitte sa belle maison de campagne avec son frère et sa soeur pour aller vivre dans le petit appartement londonien de son oncle Philip. Très vite, ce dernier, monteur de marionnettes, va se muer en personnage immense et effrayant, Barbe-Bleue en son château aux portes closes. Récit d'initiation, fable sur la confrontation du mal et de l'innocence, le roman d'Angela Carter est tout cela. Il joue des références littéraires et picturales : Lear, Carroll, mais aussi Coleridge, Melville et Poe sont convoqués dans cette histoire profondément mystérieuse et touchante.
Lady Susan était resté inédit du vivant de Jane Austen. L'intrigue est entièrement bâtie autour des lettres échangées entre les différents protagonistes : Susan, ravissante veuve d'environ trente-cinq ans, en est le personnage central. Ses agissements volages engendrent bien des critiques. Cette femme spirituelle et sans le sou s'est en effet installée chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou simplement une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Réginald risque de payer cher la réponse à cette question... Ce texte est suivi de deux fragments inachevés rédigés, l'un au milieu de sa vie, et l'autre juste avant sa mort. Au-delà de leur intérêt documentaire, ils valent par leur qualité littéraire et le plaisir de lecture qu'ils procurent.