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Planète sans visa
Malaquais Jean
PHEBUS
23,85 €
Épuisé
EAN :9782859405793
Jean Malaquais travailla jusqu'à sa mort en 1998 à la révision du texte de ce roman publié en 1947 dans l'indifférence totale - et que ses admirateurs considèrent clairement comme son plus grand livre. Norman Mailer, dans sa préface, insiste sur les raisons du malentendu : Malaquais s'est toujours arrangé pour avoir un demi-siècle d'avance sur la sensibilité de son temps. Conclusion : il est peut-être temps de le lire. Nous sommes à Marseille au début des années 40. Sale époque. Le grand port du mirage colonial, où naguère encore le Marius de Pagnol rêvait de brûlantes évasions, est devenu cette nasse où sont allés se prendre tous les indésirables pourchassés par Vichy, chacun d'eux rêvant de s'embarquer vers une improbable Amérique. Autour grouille la foule ordinaire des ports : marins en rade, flics en civil, mouchards avec qui l'on trinque au zinc sans méfiance. Et derrière ce petit monde qui se marche un peu sur les pieds, les tireurs de ficelles habituels : fonctionnaires en peine d'avancement, ambitieux de tout poil profitant de l'époque pour frayer d'audacieux raccourcis en eau trouble, délateurs à grande échelle ou à la petite semaine. En cherchant bien on trouve même dans les coins quelques héros, des vrais (pas beaucoup). Malaquais, sans rien perdre de sa verve mais en la jouant sur le registre grave, décide de prendre cette fourmillante matière à bras-le-corps, anges et salopards dans la même étreinte. Et c'est une humaine - trop humaine - comédie qu'il brosse là, avec férocité et pourtant compassion. Il ne juge pas, ou si peu, cherche surtout à comprendre, quitte à se glisser dans la peau du lâche, de tous ces " braves gens " qui furent complices d'un grand crime, le plus grand peut-être, et qui ont cru pouvoir s'en tirer ensuite en disant : " On ne savait pas. " On nous suggère aujourd'hui qu'il faut oublier tout ça, tourner la page. N'obtempéreront que ceux qui ont le secret désir d'amputer leur âme. Relisons plutôt Malaquais : il sait nous raconter des histoires qui ne sont rien d'autre que l'Histoire, quand elle ne ment pas. Car ce livre est d'abord une formidable brassée d'histoires follement emmêlées - où le lecteur est convié à chercher la sienne.
Les écrivains français qui ont traversé la guerre (la dernière, s'entend) sont restés dans l'ensemble remarquablement silencieux sur tout ce qui touchait d'un peu près aux déplaisantes réalités de l'époque. Il n'est que de lire la plupart des journaux intimes signés par les grands noms de la littérature d'alors pour le constater, non sans effarement. Rien de tel avec Jean Malaquais (prix Th. Renaudot 1939 pour les Javanais, qui le firent comparer à Céline : un Céline de gauche, et même d'extrême gauche). Juif venu de Varsovie par les mauvais chemins, apatride jusqu'à ce que la République s'avise, à l'été 39, qu'il pourrait faire aussi bien qu'un autre son poids de chair à canon, il n'a jamais pris de gants pour manipuler la matière, souvent peu ragoûtante, dont se bâtit l'Histoire. Son Journal de guerre (août 39- juillet 40), publié en français à New York en 1943, sera vite mis sous le boisseau. Quant au Journal du métèque qui lui fait suite, et qui évoque la survie d'un coupe traqué dans la France du Maréchal, il trouvera le moyen de rester indédit jusqu'à ce jour. Douce France ... Tout citoyen de ladite se devrait pourtant de lire ces pages, où l'on tire sans tricher un portrait d'époque de son cher et vieux pays. Et dans quel style ! On n'oubliera pas de sitôt cette " traversée de la France " que s'offrent en juin 40, en pleine débâcle, le prisonnier Malaquais et son copain Kaldor, qui ont réussi à filer à la barbe de leurs gardes vert-de-gris. Une radiographie sans bavures du corps national. Pas joli-joli, mais instructif. Et annonçant de tristes suites - dont nous n'avons peut-être pas vu le bout.
Ces 120 lettres tranchent d'assez surprenante façon sur le reste de la Correspondance - un monument en soi - qu'André Gide entretint au long de sa vie avec divers " passants " de son époque. Avec ceux du sérail (Valéry, Claudel, Jacques Rivière), tous membres d'une même famille d'esprits, il échange la monnaie qui a cours dans le milieu littéraire : vues sur la création, sur le rôle de l'artiste, bruits de salons, amabilités plus ou moins mouchetées. Son aventure épistolaire avec Vladimir Malacki (devenu bientôt Jean Malaquais), petit Juif polaque cabochard comme il n'est pas permis, insoumis par conviction autant que par tempérament, est d'un tout autre jus. Personne jamais n'aura osé adresser à Gide des lettres d'une si brutale franchise, le pousser aussi loin dans ses retranchements. Personne non plus, semble-t-il, n'aura reçu de lui des aveux de cette sincérité-là. Deux hommes se proclament engagés - chacun à sa façon - dans les querelles de leur siècle. Ces deux hommes s'estiment et se malmènent. Evadé de son camp de prisonniers, traqué par la police de Vichy, Malaquais réussit à gagner par miracle le Mexique puis New York. Mais l'éloignement ne compte pas pour les deux amis, qui ont décidément trop de choses à se dire, trop dé combats - intimes ou publics - à mener, trop d'arguments à affûter. Une vraie " correspondance de guerre ", à tous les sens de la formule.
Connu surtout comme romancier, Jean Malaquais (1908-1998) ne nous aura laissé au total que trois romans : Les Javanais (prix Renaudot 1939, réédité en 1995 seulement et salué, alors par la critique pour sa stupéfiante " modernité ") ; Planète sans visa (1947 - remis au jour en 1999) ; et ce Gaffeur, largement oublié depuis sa sortie en 1953, dont Norman Mailer (préfacier de la présente édition) a fini par admettre, après s'y être piqué les doigts, qu'il était sans doute l'un des romans les plus violemment prophétiques de ce siècle. Avouons que peu de gens, chez nous, s'en étaient aperçus. C'est que le livre en question est un livre malin, qui cache bien son jeu - et, qui à l'heure où il fut pour la première fois publié se payait le luxe le plus rare : celui d'avoir un demi-siècle d'avance sur son époque. Roman insolite dans notre littérature, Le Gaffeur raconte les aventures d'une forte tête égarée dans un drôle de monde à la Orwell. Lequel monde bizarrement ressemble comme un frère au nôtre : circuits de surveillance déguisés en réseaux de communication, réalité virtuelle, conformisme à tous les étages... On songe à Kafka bien sûr. Un Kafka mal élevé qui aurait fait ses classes dans la même rue que François Villon.
Résumé : Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée ? jusqu'au jour où il trouve Brink Adams qui l'attend sur le pas de sa porte. Car l'adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique... Pour l'homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.
Son père est une ombre solitaire. sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit clans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil? Elle aimerait poser des questions. ruais on est taiseux dans le Finistère. Livrée à ses doutes et à ses intuitions., elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance. mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité. D'une plume à la fois vibrante et pudique. Marie Le Gall décrypte l'échec d'une relation père-fille et touche au coeur.
Résumé : De l'art d'évoquer les grandes et petites tragédies de la vie en usant des mots les plus simples, les plus nus... Un faubourg de Melbourne dans les années 50. Un couple se rend à une party de fiançailles chez des voisins, par un beau soir d'été. Lui est conducteur de loco et fier de son métier (on est au temps des dernières machines à vapeur). Elle pense qu'elle est mal mariée et songe à une autre vie. Le gamin qui les accompagne (12 ans) se dit que ses parents décidément ont bien changé... La soirée de fête est plutôt réussie, et pourtant la fiancée n'a pas l'air enchantée de convoler. avec le brave type que son père lui a choisi-un autre prétendant, éconduit quelques jours plus tôt par la belle, fera une apparition inattendue. On boit-un peu trop-on rit, on danse. Tard dans la Huit chacun s'en retourne chez soi, remuant de drôles de pensées. Le lendemain la radio annonce que l'express de Sydney a méchamment déraillé... Tout cela ne serait rien, ou pas grand-chose.. sans l'art de Steven Carroll (un romancier australien-hier encore non traduit en français-qui commence à faire sérieusement parler de lui). Il lui faut vraiment très peu de mots pour suggérer urne atmosphère et beaucoup plus que cela. On songe à une sorte de William Trevor des antipodes, qui déchirerait en douceur le masque des apparences. Son livre, qui n'élève jamais la voix, donne l'impression d'avoir été écrit dans un souffle : 1'un de ces livres qui parlent tout bas mais pour nous murmurer des choses terribles. Les personnages sont d'une banalité que l'on dira touchante, et pourtant à chaque instant on a l'impression qu'ils vont se noyer (on ne peut s'empêcher de penser que, s'il vivait aujourd'hui, Tchekhov écrirait un peu comme ça). Dur métier que de vivre, oui : lequel d'entre nous pourrait assurer qu'il possède vraiment l'art de conduire sa machine ?....
Résumé : Cette histoire suit les pas du moine Sanzang, parti vers l'Ouest chercher les écritures du Bouddha. Sur les sentiers escarpés, par les plaines et les rizières, que découvrira-t-il ? Trouvera-t-il la réalité de sa voie ? A vingt-deux ans, Aodren Buart redonne vie à une Chine lointaine pour son premier roman. Il nous offre un conte spirituel intemporel.