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Le récit immobile. Conversation
Makeïeff Macha ; Castanet Hervé
AVENIR LONGTEMP
18,00 €
Épuisé
EAN :9791095704096
L'été 2019, Macha Makeïeff présente à Avignon un "billard à trois bandes" constitué du spectacle Lewis versus Alice, du livre Zone céleste et de l'exposition mieux : de l'installation Trouble fête. Les trois oeuvres sont autonomes mais elles se répondent, se frottent l'une à l'autre et s'inquiètent. Ce livre fait trace d'une Conversation entre Macha Makeïeff et Hervé Castanet. Elle prend l'occasion du récit immobile qu'est Trouble fête, alors en cours de montage à la Maison Jean Vilar, pour questionner le théâtre, encore et toujours, comme lieu des aveux. Une phrase de l'artiste fait boussole : "Ce n'est pas quelque chose qui a eu lieu, c'est quelque chose qui a toujours lieu". Au détour des paroles échangées, se déplie le désir de l'artiste et lui seul. Qu'il se conjugue au féminin pour Macha Makeïeff ouvrira de nouvelles voies pas toutes connues.
Macha Makeïeff, en 2015, crée Trissotin ou Les Femmes savantes de Molière dont elle réalise également le décor et les costumes. Depuis, la pièce tourne régulièrement, rencontrant un succès public et critique. Pourquoi y revenir ? Parce que le travail de Macha Makeïeff, radical et inventif, fait surgir un autre Molière. Il donne un coup de pied dans le carcan qui fige, depuis longtemps, cette comédie de génie. Une phrase de l'artiste fait boussole : "Plus que la misogynie, c'est cette terreur que provoque chez les hommes l'illimité du désir féminin qui m'a intriguée et, plus encore, le désarroi masculin qui en découle." Au passage, Lacan sera sollicité - lui déclarait : "toutes les femmes sont folles, qu'on dit. C'est même pourquoi elles ne sont pas toutes, c'est-à-dire pas folles-du-tout".
Deux provinciales, la tête farcie de romans, débarquent à Paris en quête de princes charmants et de succès mondains. Méprisant deux honnêtes prétendants qui leur parlaient mariage, elles succombent au charme tapageur de deux galants enrubannés qui leur promettent amour et gloire... Mais, horreur! Voilà ces beaux messieurs rossés et démasqués par les prétendants... dont ils n'étaient que les valets! Au rythme époustouflant de la farce, mais avec la finesse d'un moraliste, Molière fait le procès de la préciosité et pose l'éternelle question du snobisme.
Résumé : Avec Zone céleste, Macha Makeïeff joue une partie de billard à trois bandes entamée avec le spectacle Lewis versus Alice et l'exposition "Trouble fête". Du réel à l'imaginaire, elle traverse les moments de la création au théâtre, les troubles et les prémonitions de l'enfance.
Le courant de l'ego psychology se proposa, durant les années 1940-1965 aux USA, de reformuler les acquis de Freud et de fonder une nouvelle psychanalyse dégagée du pessimisme du maître viennois. Comment trouver les fondements d'une psychanalyse qui puisse s'adapter à la réalité contemporaine ? C'est cette visée adaptative que la clinique américaine prit comme boussole dans les cures. Les thèses fortes d'Anna Freud, notamment celles de son livre Le Moi et les mécanismes de défense (1936), ont servi de socle épistémologique pour créer l'ego psycholoy. Lacan n'y voit que déviations et compromissions. Le développement extraordinaire de cette orientation aux Etats-Unis - dû au trio new-yorkais : Hartmann, Kris, Lowenstein - explique pourquoi l'oeuvre de Lacan a cette difficulté pour trouver une place dans la clinique analytique américaine. Interroger l'ego psychology est une question politique sur la clinique actuelle aux Etats-Unis : pourquoi fallait-il donc que ce soit cette psychanalyse-là que les Américains adoptent ?
La souffrance au travail est un constat. Les média régulièrement s'en font l'écho insistant sur les drames qui s'y jouent. Pour le sociologue ou l'économiste cette souffrance est un fait social à traiter comme un objet (" les faits sociaux sont des choses " disait le père fondateur de la sociologie Emile Durkheim). Le verdict tombe : cette souffrance résulte des nouvelles conditions du travail - de ses exigences de rentabilité quantitative mais aussi, et peut-être surtout, de la précarité symbolique qu'elles promeuvent (le travailleur est sans place, sans reconnaissance, devenu objet interchangeable). Ces analyses sont justes et souvent fouillées. Qu'en dit le psychanalyste ? A-t-il à reprendre ces thèses en y ajoutant la touche du singulier, le point de vue des travailleurs eux-mêmes ? Le psychanalyste a à dire plus et mieux. D'abord, il doit savoir qu'il " n'entérine pas la réalité collective " selon l'expression de Jacques-Alain Miller. Ensuite, qu'il a à mettre cette souffrance au travail de la parole en accueillant (au cabinet, à l'hôpital et autres dispensaires) les plaintes prises une par une. Que produit un tel travail clinique ? En quoi prendre la parole pour un sujet fait passer de la généralité du constat à la particularité du symptôme ? Quel réel propre est rencontré dans cette souffrance ? Ce séminaire, à partir de cas cliniques, se propose de déplier les réponses de la psychanalyse orientée par Freud et Lacan. L'Autre social n'en sortira pas pour autant dédouané car, comme le martèle Lacan, " le collectif n'est rien que le sujet de l'individuel ".
Macha Makeïeff a créé début 2018 une Installation minuscule et l'a aussitôt placée dans le hall du théâtre de La Criée qu'elle dirige. A s'approcher, on découvre, coincée entre deux piliers, une lourde et vieille cabine téléphonique des années 1930 transformée en reliquaire. Pourquoi y montrer, enchâssée dans une valise, une figurine de Macha petite fille qui regarde ? En quoi la comédie fantastique de Mikhaïl Boulgakov, La Fuite, y est-elle impliquée ? Quel spectacle immobile se joue ? Menons l'enquête en suivant ce fil de l'artiste : " J'avais besoin de cagibi, d'appentis, d'alcôve où emmurer un secret. " Le nouveau Sherlock devra savoir que l'artiste, avec son secret, toujours précède le psychanalyste puisqu'il livre l'accès à " la place de ce qui ne saurait se voir " (Jacques Lacan).
ECRITS-CRIEE est une revue semestrielle produite par le Théâtre national de Marseille, La Criée. Son nom : CRI-CRI. Ses textes, ses mots, ses images sont les témoins inventifs d une rencontre entre deux mondes : celui des artistes et des universitaires, des chercheurs. Joyeuse, imparfaite et malicieuse cette revue fait place à leurs paroles, leurs réflexions, leurs désaccords, leurs nouages... Elle récuse les états de fait. CRI-CRI dissidente ? Non, délicieusement créative ! CRI-CRI comme désir et jouissance de la pensée souriante, voilà la fabrique en papier et encre de Macha Makeïeff, Directrice de La Criée. La revue ECRITS-CRIEE joue sa partie sur le seuil où un réel nouveau émerge... et avec lui personne ne fait ami-ami. Il ne se laisse pas dompter. Faire de la création une formidable machine critique et des concepts des balançoires aléatoires ? Voilà le pari que relève le rédacteur en chef de la revue, Hervé Castanet, car, oui, il y a urgence à les faire se rencontrer.