Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LES BROUILLONS AUTOGRAPHES DU DALALAT AL-HA IRIN (GUIDE DES EGARES)
MAIMONIDE
VRIN
30,00 €
Épuisé
EAN :9782711623181
Des siècles d'études nous ont dévoilé un très grand nombre d'aspects de Maïmonide (XIIe siècle, le plus grand philosophe juif médiéval) et de son Guide des égarés. L'édition et l'examen des sept feuillets de brouillons autographes du Guide nous révèlent l'homme: Maïmonide écrit de sa main, s'exprime face à nous, réfléchissant à la forme qu'il va donner à sa pensée, biffant telle phrase et ajoutant telle autre. Dès sa jeunesse, le grand projet du Maître avait été d'extirper du peuple d'Israël la croyance à la corporalité divine. Ce but est proclamé dès le début de son premier grand livre, le Mishné Tora, destiné au grand public. Le livre fut sévèrement critiqué, en particulier, par les talmudistes babyloniens. De ces confrontations avec les fidèles des communautés juives orientales, sort un homme déçu, amer et blessé. Quand Maimonide rédige le Guide des égarés, les ignorants et les rabbins talmudistes sont ses ennemis et aussi les ennemis de Dieu. Il ne pouvait pas s'exprimer ouvertement. Dans le chapitre 17 de la partie I, Maïmonide compare son sort à celui des philosophes anciens, qui vivaient sous les lois païennes. Eux n'avaient rien à craindre, lui se sentait persécuté. On a beaucoup parlé des secrets que Maimonide a volontairement dissimulés dans le Guide des égarés. Ici, nous touchons du doigt la manière dont il l'a fait. Les brouillons autographes s'étalent sur une longue période, nous y voyons Maïmonide introduire peu-à-peu les traits les plus extrêmes de sa philosophie mais aussi des concessions faites au vulgaire. Cette interprétation n'est pas nouvelle (on la trouve déjà au mie siècle) mais elle n'a pas été acceptée par tous. Ici le témoignage est irréfutable : c'est l'auteur lui-même qui écrit. En regardant ces autographes, nous ressentons la douleur et le ressentiment de l'homme qui voulait montrer à ses coreligionnaires l'accord profond entre la philosophie et la religion juive.
Le Livre de la connaissance forme la première partie du Mishné Torah, code religieux destiné au peuple juif et contenant, selon son auteur, tous les commandements et toutes les lois du judaïsme. Faisant oeuvre de législateur, Maïmonide veut ainsi créer une théologie juive qui serait universellement reconnue. Le livre est divisé en cinq sections: Des principes fondamentaux de la loi - Des attitudes morales et de la science des moeurs - L'étude de la loi - De l'idolâtrie et des coutumes des idolâtres - De la conversion à Dieu."Il s'agit pour l'auteur non seulement de classer selon leur catégorie et de formuler les commandements qui doivent y être inclus, mais aussi de développer un système doctrinal, d'expliciter certaines croyances ou dogmes et de donner un exposé au moins sommaire des conditions et événements historiques qui ont fait que les Juifs se sont constitués en une communauté à part." (Salomon Pinès, Quelques réflexions sur Maïmonide en guise de préface). Biographie de l'auteur Théologien mais aussi médecin, issu d'une famille de savants talmudistes, Moïse Maïmonide (1135-1204) est célèbre pour ses écrits, en particulier le Guide des égarés, parabole destinée aux hommes partagés entre une culture biblique et talmudique et les connaissances acquises d'un nouveau savoir philosophique.
Le Guide des égarés constitue sans nul doute l'une des plus grandes oeuvres philosophiques. Son auteur, Moïse Maïmonide (1135-1204), figure majeure du judaïsme rabbinique, se distingua par sa connaissance de la philosophie (notamment celle d'Aristote), de la théologie (musulmane) et des sciences de son temps. Fort de celles-ci, il se fit l'apôtre d'un savoir juif et d'une pratique épurés des superstitions et fondés sur l'intelligence. Ecrit pour les Juifs "perplexes", écartelés entre les données de l'Ecriture et la rationalité philosophique, Le Guide des égarés - qui comporte trois livres: les métaphores bibliques, la prophétie, le mal et la providence - veut être un effort d'élucidation radicale du discours prophétique par le moyen de la langue philosophique. Sa portée dépasse largement le cadre de la philosophie juive médiévale; il pose les bases de toute métaphysique véritable, naissant de la tension vibrante entre inspiration prophétique et esprit rationnel.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.