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Sens et beauté
Mac Leod Philippe
AD SOLEM
22,45 €
Épuisé
EAN :9782940402892
Longtemps la beauté a été conçue comme la splendeur du vrai. La vérité, et l'idée de sens qui lui était attaché, n'était pas seulement quelque chose à connaître, mais aussi à admirer. Le Sens se donnait dans la beauté de la Création, dans les oeuvres des hommes qui essayaient de lui faire écho, ou encore dans la pureté d'un regard ou la simplicité d'une vie donnée à l'esssentiel. Aujourd'hui, dans une société marquée par le divorce du sens et de la beauté, Philippe Mac Leod veut retrouver cette unité de l'être, dans l'écriture poétique comme dans la vie spirituelle. Il ne s'agit pas de discourir dans ce livre, mais de remonter à la source de la Création et de l'inspiration, ou plutôt de la retrouver dans les choses contemplées, dans la parole proférée ou en silence au plus profond de soi, en s'ouvrant à l'action de l'Esprit.Notes Biographiques : Né en 1954, Philippe Mac Leod partage sont temps entre les foules de Lourdes et la solitude d'un village de montagne, où il mène une vie contemplative, nourrie aux sources de la Parole et de la prière intérieure. Il a choisi cette voie de consécration laïque, en donnant à la vie religieuse son sens le plus large de vie totalement référée à Dieu. Dans son écriture, l'expression poétique demeure inséparable de l'expérience spirituelle. Il collabore à l'hebdomadaire La Vie, et anime des sessions au Centre Assomption de Lourdes.A publié chez Ad Solem :Au milieu de la nuit (1997)Sagesses (2001)L'infini en tout vie (2008)D'eau et de lumière (2010)et La liturgie des saisons, au Castor astral, prix de la poésie MaxPol Fouchet 2001.
Résumé : "Le quotidien ne sollicite que la surface de notre être : par l'intériorisation nous dégageons le fond, nous l'ouvrons à Dieu, à sa grâce, à sa lumière transformante, nous le lui présentons, nous le lui offrons pour qu'il s'en saisisse et le féconde, le remodèle et le rattache peu à peu à la périphérie, qu'il animera d'une vie nouvelle. Prêtons bien attention à ce double mouvement, qui est celui d'un recentrement pour un plus grand rayonnement, d'un retrait pour une plus grande expansion, d'une plongée pour une plus grande présence. Il est de la plus grande urgence, pour l'avenir de l'Evangile, de cultiver une prière qui nous maintienne en contact avec notre vie profonde, notre coeur profond, non pas pour nous y abîmer, nous évader, mais pour que cette profondeur remonte à la hauteur de nos gestes, de nos paroles, de notre regard. On ne le répétera jamais assez : on ne peut rencontrer Dieu sans une profondeur humaine, sans prendre possession de cet espace intérieur à partir duquel la chair se déploie comme un bouton sous les poussées de la sève. Dieu ne s'entend bien, ne résonne que dans le volume d'une expérience humaine".
Résumé : Un mot - un seul - écoute bien, murmure-le - oraison - son amplitude, le doux épanouissement des sonorités, la grâce d'un souffle ternaire, pour te dire ce qu'elle est, ce que tu deviendras. La ronde et majestueuse ouverture d'une première voyelle - éclosion se prolongeant d'une deuxième syllabe - extension, couleurs d'horizon d'une longue finale, flottante terminaison, suspension indéfinie comme dans les lointains. Les deux mots, bien au-delà de la rime, par l'étalement de leur résonance, se révèlent si proches. L'oraison silencieuse étend la prière d'un horizon intérieur. L'oraison laisse descendre en nous, fait habiter en nous, véritablement, un horizon : sa ligne, son espace, son tremblement. La prière t'apprendra une chose très simple qui ne se comprend bien que dans l'ordre du vivant : Dieu n'est pas une croyance. Plutôt une insistance - quelque chose comme un pressentiment que rien ne peut amoindrir et qui porte en lui-même l'aplomb des évidences. Parce que Dieu est amour - parce qu'il est lumière - parce qu'il est esprit - Dieu est le nom d'un feu qui s'éteint sous le couvert de la moindre pensée. Croire en lui, depuis l'étrangeté du premier appel, loin dans la nuit étoilée sur Abraham, du fond de l'immensité liquide portant Noé, revient à miser toute sa vie sur ce qui ne se voit pas mais se donne à vivre, non point en partie, mais par le tout de la vie rassemblée qui fait l'expérience. Le silence ne se partage pas, il ne se vide pas comme il ne s'emplit pas. Il est en lui-même une totalité et ne se donne qu'à plein bord.
Résumé : C'est avec beaucoup de complaisance que nous déplorons l'absence de Dieu. Si nous avions seulement une conscience plus vive de notre propre présence, celle que chacun porte en soi comme celle qui vient à nous, si nous apprenions à goûter son mystère, à explorer sa tremblante profondeur, la présence de Dieu nous envahirait du matin jusqu'au soir. Chaque rencontre, pour peu que l'on sache l'accueillir, peut devenir bouleversante, déchirante même, sa nouveauté survenant comme une déchirure dans la trame de nos jours, dans le paysage ordinaire qui s'ouvre d'une éclaircie, d'une perspective inattendue. Unique, elle ne se renouvellera pas : elle dit là quelque chose de totalement inédit qu'il nous faut saisir dans l'instant, sans tergiverser, comme tout ce qui concerne l'être, ne se révélant que par bribes, fulgurations, vives étincelles. Toi dont je ne connais que le nom, tu n'es pas seulement un autre monde qui entre sans fracas dans le mien, un regard différent qui effleure des choses qui me sont si familières en les ravivant, en tirant d'elles d'autres résonances ; un autre monde qui ne prend pas plus de place que le mien et qui disparaîtra quand tu détourneras les yeux, quand tes mains doucement lâcheront ce qui a été tien un court moment ; un monde insoupçonné, étranger, encore inconnu, dans lequel je voudrais entrer juste une fois, et qui m'interpelle comme une invitation au voyage, sans bouger de ma chaise, simplement en te contemplant.
L'amour seul engendre l'espace et ne survit que le désir, balle jetée d'un mur à un autre mur, les yeux comme des billes et l'issue toujours plus secrète. Il est des livres dont les mots touchent, ou presque, ce qu'ils désignent. Comme par transparence, s'effaçant devant ce qu'ils veulent transmettre ou faire partager, ils ne décrivent pas mais écrivent ce dont l'auteur vit, ce qui l'a poussé à entamer un chemin d'écriture en rupture avec le monde et ses artifices. Un livre, comme une "supplique du vivants". Viens - ce n'est plus l'heure. C'est le temps qui t'appelle. Plus que du silence. Il tient dans sa main ton souffle et ses chemins. Seule demeure du grand, du vaste - et sous le glacis des vents tout s'efface l'espace est de retour.
Il n'y a que deux êtres absolus dont l'existence s'atteste et s'éclaire mutuellement : moi-même et mon Créateur" affirme Newman dans l'Apologia pro vita sua. Comment partager cette adhésion vitale non à une doctrine mais à celui dont l'existence lui est "plus certaine que celle d'avoir des mains et des pieds" ? Quel argument avancer en faveur de son existence ? La réponse qu'apporte Newman, c'est sa propre vie - l'histoire d'une existence s'abandonnant sans réserve à Dieu qui ne cesse de se donner à l'homme. Une histoire dont le secret repose sur la conviction que l'assentiment de foi repose sur l'amour - "nous croyons parce que nous aimons" - et qui se propose comme une invite à tenter, à notre tour, l'aventure de la foi. Sans la charité, il n'y aurait pas de quête de l'intelligence de la foi. Ni de fidélité à la promesse dont témoigne une vie ajustée à temps et à contretemps à l'engagement baptismal. C'est cela l'argument de la sainteté de Newman. Grégory Solari est chargé d'enseignement et éditeur. Il a soutenu une thèse de doctorat en philosophie sur Newman (Le Cogito newmanien. Essai sur la Preuve du théisme de John Henry Newman).
Dans le deuxième roman de Joseph Malègue, Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut, réalise une "fresque historique" de l'installation de la IIIe République : laïcité, déclin des notables liés à la Monarchie, l'Eglise, l'Empire, montée d'une classe nouvelle qui les supplante dans une ville d'Auvergne imaginaire, emblématique d'une mutation de la France toute entière. Malègue observe le déclin de cette classe sociale à laquelle sa famille petite-bourgeoise était liée avec le sens proustien du temps qui passe et la distance du sociologue, sans regret ni révolte. Il se préoccupe surtout du drame spirituel des "classes moyennes du Salut". Soit les chrétiens attachés à l'évangile, mais peu désireux de lui sacrifier, le cas échéant, leur bonheur terrestre. Comme dans Augustin ou le Maître est là, Malègue s'y rapproche encore plus de Proust par l'abondance de ce qu'il enregistre, décrit puis dissèque longuement et finement : beauté de la féminité, mais aussi divisions sociales implacables, fortunes détruites, mariages ratés, suicides illustrant la fin des notables catholiques. Pierres noires est considéré par les critiques comme supérieur à son premier roman (Augustin). Les "pierres noires" sont les pierres volcaniques d'Auvergne et du Cantal avec lesquelles sont construites de nombreuses maisons de ces régions. Les "Classes moyennes du Salut" sont les chrétiens médiocres (où Malègue se situait lui-même), non "classes moyennes de la sainteté". Joseph Malègue (1876-1940) est considéré comme le "Proust catholique". Ecrivain lu avec ferveur par le pape Paul VI qui voit en lui le "conteur de l'histoire de l'âme", et par le pape François comme le grand romancier moderne des "classes moyennes de la sainteté". Nouvelle édition, présentée par José Fontaine
La manière dont on conçoit l'éducation varie du tout au tout selon que l'on défend la possibilité de l'erreur et de la vérité du jugement moral, et l'universalité de la raison pratique - ce que C. S. Lewis désigne par le terme de voie, ou "Tao", dans ce livre de 1943. Pour ceux qui sont à l'intérieur de la voie, l'éducation consiste à favoriser la naissance de ces réactions au monde qui sont justes en elles-mêmes, indépendamment du fait qu'on les éprouve ou non - ces réactions dont la possibilité définit l'humanité même. Ceux qui sont étrangers au Tao doivent par contre, s'ils sont logiques, regarder tous les sentiments comme également irrationnels, comme des sortes de buées qui nous cachent la réalité. Ce n'est pas que ce soient des hommes mauvais : ce ne sont plus des hommes du tout. En sortant du Tao, ils sont entrés dans le vide. Quant à ceux qu'ils dominent, ils ne sont pas forcément malheureux ; ce ne sont pas des hommes non plus : ce sont des produits fabriqués. La victoire finale de l'homme ce n'est pas un affranchissement de I'"ordre naturel" ; c'est au contraire un retour à la nature, mais qui s'affranchit de toute médiation culturelle. Aujourd'hui, cette libération s'appelle "écologisme" et "transhumanisme n. Ce sont les autres noms de l'abolition de l'homme.