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Habiter les mots. Variations sur la parole
Mac Leod Philippe
AD SOLEM
16,85 €
Épuisé
EAN :9782372980135
Un mot - un seul - écoute bien, murmure-le - oraison - son amplitude, le doux épanouissement des sonorités, la grâce d'un souffle ternaire, pour te dire ce qu'elle est, ce que tu deviendras. La ronde et majestueuse ouverture d'une première voyelle - éclosion se prolongeant d'une deuxième syllabe - extension, couleurs d'horizon d'une longue finale, flottante terminaison, suspension indéfinie comme dans les lointains. Les deux mots, bien au-delà de la rime, par l'étalement de leur résonance, se révèlent si proches. L'oraison silencieuse étend la prière d'un horizon intérieur. L'oraison laisse descendre en nous, fait habiter en nous, véritablement, un horizon : sa ligne, son espace, son tremblement. La prière t'apprendra une chose très simple qui ne se comprend bien que dans l'ordre du vivant : Dieu n'est pas une croyance. Plutôt une insistance - quelque chose comme un pressentiment que rien ne peut amoindrir et qui porte en lui-même l'aplomb des évidences. Parce que Dieu est amour - parce qu'il est lumière - parce qu'il est esprit - Dieu est le nom d'un feu qui s'éteint sous le couvert de la moindre pensée. Croire en lui, depuis l'étrangeté du premier appel, loin dans la nuit étoilée sur Abraham, du fond de l'immensité liquide portant Noé, revient à miser toute sa vie sur ce qui ne se voit pas mais se donne à vivre, non point en partie, mais par le tout de la vie rassemblée qui fait l'expérience. Le silence ne se partage pas, il ne se vide pas comme il ne s'emplit pas. Il est en lui-même une totalité et ne se donne qu'à plein bord.
Résumé : L'infini nous met-il à distance des réalités qui forment notre univers quotidien ? Ou au contraire, n'est-ce pas contemplé depuis ce lieu intérieur où le ciel et la terre se rencontrent que l'ordinaire de notre vie se révèle comme saturé d'une présence qui le dépasse ? Le monde qui nous entoure est un voile de miséricorde jeté sur l'abîme infini qui nous porte dans l'être. Mais pour l'entrevoir, il faut le silence, la prière et l'écriture. C'est la voie qu'a choisie Philippe Mac Leod. Dans un style limpide, imprégné de silence, ses mots semblent écarter le voile des apparences pour nous faire pressentir la profondeur du réel. Et nous en redonner le goût. " Si tu devais n'emporter qu'une part du message, une lueur qui tienne toujours ouvertes les portes de ton c?ur, - une sorte de garde, une étoile sûre pour guider tes pas, - que ce soit cette flamme du vivant, cette soif de l'inouï, cette passion pour tout ce qui nous élève et grandit, - ce goût de l'émerveillement, qui semble être l'expression la plus haute de l'âme humaine ".
Comment ne pas rentrer avec bonheur, mais aussi gravité dans ces courts textes de Philippe Mac Leod? Avec une écriture travaillée, ciselée dans la solitude, ce livre renouvelle les thèmes apparemment classiques de l'expérience spirituelle chrétienne. Deux parties composent ce livre tout en finesse: "La grande respiration", qui évoque le "ciel intérieur", l'énigme de ce qu'il appelle aussi joliment le "finistère intérieur". Et puis, "Tout est présence" qui évoque notamment le "monde en transparence" et la "chair du secret". Comme l'écrit l'auteur, qui s'adresse de manière proche et directe au lecteur: "Viens, approche-toi. Surtout, ne te presse pas. Nous avons le temps, et bien plus que le temps: nous avons toute notre vie, le fond de notre coeur, et tout au bout - mais seulement tout au bout, si l'on prend le temps de le traverser - l'éternité."
Résumé : je est amour constitue le testament de Philippe Mac Leod (1954-2019). Il y partage une dernière fois ce que lui a appris l'écoute de la vie.. Comme une évidence, l'expérience de soi mène à l'expérience de Dieu. "La sagesse du vivant fait éprouver, dans notre chair, dans notre existence, ce en quoi nous croyons, celui en qui nous plaçons notre foi. Cette connaissance intime, par le coeur, le vécu de chaque jour, chaque instant, surgit à la lumière de la rencontre. Une rencontre ne laisse jamais indemne. On peut croire au Christ sans jamais le rencontrer, sans jamais établir de lien, de rapport personnel avec lui. Et l'on ne peut le rencontrer si l'on ne s'est pas rencontré soi-même. Parce que nous sommes chacun unique, cette expérience ne peut être que singulière : Dieu va parler en chacun différemment". Je est amour ne décrit pas une méthode. L'écriture de Philippe Mac Leod veut avant tout rendre possible une Rencontre. Pour qu'à notre tour, nous puissions éprouver que notre identité personnelle est inséparable de l'amour du Christ, qui dépasse tout entendement.
Résumé : Née de la rencontre du ciel et de la terre, d'un dépouillement de la langue à l'écoute du silence qui l'enfante, cette poésie de la clarté rejoint la source inépuisable du mystère qui luit au bout de chaque regard. Tout intérieure par sa respiration, mais concrète par son approche, elle effleure le contour des choses pour en saisir l'éclat secret. Après La Liturgie des saisons, Le Pacte de lumière poursuit une même recherche de la transparence. Transparence de la chair traversée d'azur. Transparence du monde en ses instants les plus fragiles. Transparence du langage habité par cet éblouissement d'être là. Une passion pour la vie et la lumière qu'elle recèle nourrit ce chant murmuré, qui se veut aussi une alliance - un pacte - avec le plus clair de notre être. " Qu'est-ce que la poésie, sinon atteindre par le langage un autre nous-mêmes, un "plus" que nous-mêmes ? Comme si les mots nous devançaient dans ce réel plus réel. "
La manière dont on conçoit l'éducation varie du tout au tout selon que l'on défend la possibilité de l'erreur et de la vérité du jugement moral, et l'universalité de la raison pratique - ce que C. S. Lewis désigne par le terme de voie, ou "Tao", dans ce livre de 1943. Pour ceux qui sont à l'intérieur de la voie, l'éducation consiste à favoriser la naissance de ces réactions au monde qui sont justes en elles-mêmes, indépendamment du fait qu'on les éprouve ou non - ces réactions dont la possibilité définit l'humanité même. Ceux qui sont étrangers au Tao doivent par contre, s'ils sont logiques, regarder tous les sentiments comme également irrationnels, comme des sortes de buées qui nous cachent la réalité. Ce n'est pas que ce soient des hommes mauvais : ce ne sont plus des hommes du tout. En sortant du Tao, ils sont entrés dans le vide. Quant à ceux qu'ils dominent, ils ne sont pas forcément malheureux ; ce ne sont pas des hommes non plus : ce sont des produits fabriqués. La victoire finale de l'homme ce n'est pas un affranchissement de I'"ordre naturel" ; c'est au contraire un retour à la nature, mais qui s'affranchit de toute médiation culturelle. Aujourd'hui, cette libération s'appelle "écologisme" et "transhumanisme n. Ce sont les autres noms de l'abolition de l'homme.
Gravir avec lenteur, là où disparaissent les chemins, les sentiers, là où rien n'altère la noble attente de la roche, la trahison des graviers, les cris du glacier, "L'homme passe l'homme" écrit Pascal. Encore faut-il pouvoir entendre résonner en soi le bruit de la source - la parole de l'origine - qui nous appelle à nous dépasser. L'échelle invisible désigne moins un passage qu'un espace dans lequel la Parole peut s'entendre : dans les mots du poète "qui aspire au ciel". Cette aspiration est universelle, mais c'est dans la solitude d'un chemin toujours particulier - celui de sa propre existence - qu'elle acquiert une valeur exemplaire. L'échelle est invisible. C'est la grâce de la parole du poète que de la faire apparaître dans la confidence d'une expérience dans laquelle nous pouvons puiser la force de notre propre ascension. et confier à la cascade que crache la glace, mourant dans un lac, oublié de la vallée, quelques secrets, quelques blessures, quelques prières ; la plénitude d'être là, si seul, ivre de toi.