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La conscience
Lucot Hubert
POL
22,00 €
Épuisé
EAN :9782818040959
Le 12 novembre 1958, vers 16 h, j'ai déplié une vieille table de bridge devant la fenêtre de droite du grand salon parental rue Copernic et j'ai précipité un récit intime : mon ami jean Crinyème (Crin, prononcer Crine) a sonné, je lui ouvre, mon père intervient, le concert des voix enroule des cycles, titre adopté dès les premières pages. Des temps s'emboîtent la guerre de 14 selon les tantes, les Croisades selon Mamie, mon enfance à Dainville, le séjour de mes vingt ans au sanatorium. Fin janvier 1959, ayant produit cent pages, j'ai renoncé à la facilité du langage parlé. En octobre 1959, j'ai quitté la spacieuse clarté parentale au-dessus de laquelle A. M. et moi jeunes époux dormions et faisions la sieste dans une chambre de bonne sans eau pour le sombre studio de la rue des Tournelles. Les objets résistent à ma conscience, je sens cela depuis que la lecture de L'Imaginaire de Jean-Paul Sartre pendant ma classe de philosophie (1951-1952) m'a mené à l'intensité poétique d'Edmund Husserl, désormais mon écriture insiste. Elle insistera jusqu'à ce 12 novembre 2013.
Résumé : Un homme s'interroge sur sa production de textes pendant plus d'un demi-siècle, sur la mort, sur les tragédies planétaires. Narrant le présent riche de mille passés, il observe la condensation d'énergie qui crée toute chose.
Résumé : Le 14 juillet 1989, quelques mois après la mort d'une femme de 70 ans, le héros-narrateur quinquagénaire se remémore sa "première liaison". A travers les circonstances originales de celle-ci, il touche à une étrange essence, celle de la mémoire, du temps et du "sexe", mot qui alors, dans les années 1950, n'avait pas le sens absolu qu'il rayonne aujourd'hui. Pourtant c'est un absolu que le narrateur reconstitue, paradoxalement, à l'aide de fragments caractéristiques du monde relatif qu'est notre histoire. Son enquête sur son apprentissage de l'érotisme et du conflit consistera donc à ne pas combler les lacunes de l'oubli - tout aussi surprenantes que la précision des multiples réminiscences - mais à saisir l'être passé tel qu'il est, lacunaire, et le portrait de femme qu'il peint a une vérité d'autant plus troublante qu'il contient toutes les ombres. Ne se contentant pas de renouveler les images attachées à l'excitation sexuelle en les mettant à nu, il vise plus profondément l'exceptionnel plaisir de la pénétration et du travelling de l'épiderme, du lisse et du substantiel, du temps allongé par sa concentration. Ces bonheurs, émotions, extases se dessinent fugitivement sur la muraille de l'interdit et de la répression, lesquels relèvent eux aussi du plaisir - pervers - dans le monde de la petite-bourgeoisie intellectuelle et du spectacle. En effet, cette chronique unit la crudité et la cruauté, le récit intime et le roman de moeurs, quand, sur fond de guerres d'Indochine et d'Algérie, la "fabuleuse croissance" accélère les ascensions sociales.
L'Autre, nous y voilà, non à lui introduits il faudrait donc le prendre, sans cesse (ré-création), tout en lui attiré (refus du gouffre, vertige) à sa surface, qui se dépose sur mon cerveau, autre rideau du bal, voile qu'on écarte, l'Autre est tenture, est voilure, Femme, âme, HAM (Autobiogre), l'Autre est non-être, moins général moins vague que soi : je La veux, Elle est Etre, qui est cette Annie B que précéda (sans l'informer ?, décuplement et non duplication) la microannie de Gabès, découverte par H-L des années après, voire décennies, je la perçois complète l'annie petite, l'enfant, mais non l'a-b de Saint-Hilaire, dont m'apparut la haute apparition fugace, série discontinue d'intervalles brefs. Je répéterai jusqu'à plus soi(f) : j'AiMe. Si je parle, Elle trAMée (hymne, hymen, u u v), à toute mon oeuvre, c'est de l'Etre (de l'Autre) que je traître. A-M se détache du fond, qui est au fond du tableau, qui est le cadre du tableau, qui n'est pas le tableau. Dans la BANDE, A-M a un statut privilégié ; toutefois, il ne s'agira jamais que d'une ouvre d'art, parce que je suis un artiste et que les artistes ne font que des ouvres d'art (parfois dédiées à Gertrude Stein, dont l'influence fut nulle sur moi). Nos caractères sont différents, et nos sexes. Je n'ai pas cherché à réduire tes traits. Je les ai peints".
Résumé : Roman ayant la forme d'un journal intime non daté, Opérateur le néant lance sur les pistes du temps, de la violence et de la mort (mort des humains, extinction de leur amour) un certain nombre de personnages, notamment de toutes jeunes femmes, mais aussi le héros-narrateur et sa compagne, alors que la guerre fait rage et que le climat planétaire poursuit son inexorable dégradation. Paradoxalement, le lecteur retiendra fraîcheur et jeunesse dans cette réalité catastrophique, comme si celle-ci faisait apparaître par contraste le miracle de l'être.
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
Résumé : Automne 1952 : dans un château délabré de l'Eure, Eric Rohmer tourne Les Petites Filles modèles. C'est son premier long métrage. Presque achevé, jamais sorti au cinéma, il a disparu. Printemps 2016 : Sophie, une prof d'université à la retraite spécialiste de la comtesse de Ségur, et Paul, un jeune homme qui consacre sa thèse à des films introuvables, traversent ensemble la Normandie à la recherche de traces, de témoins, d'explications : Joseph Kéké, l'étudiant béninois qui a produit le film, a-t-il vraiment cassé une dent à une strip-teaseuse poétesse ? A quoi servent les châteaux en ruine ? Quel rapport entre la comtesse de Ségur, Eric Rohmer et le cinéma érotique des années 1970 ? Chemin faisant, c'est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent.
4e de couverture : "- Les enfants ? Quels enfants... ? C'est pas nos enfants, Bobby. C'est pas les nôtres... J'ai des enfants. Je n'en ai plus. Je veux des enfants. Je n'en veux pas. La vie de famille c'est un truc de dingue, je te jure."
Résumé : "Quand je quitte la route principale, Hélène se relève et vient poser sa tête sur mon épaule, nos regards se trouvent dans le rétroviseur central, elle murmure : "Ici finit la civilisation ! " C'est elle qui le dit".