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Défaire voir. Littérature et politique
Lucbert Sandra
AMSTERDAM
10,00 €
Épuisé
EAN :9782354802806
« Si l?hégémonie nous fige dans son imaginaire, ses signifiants, sa pulsionnalité, l?art, aussi bien que les sciences sociales ? quoique très différemment -, peut entreprendre de nous en extirper. Pour peu qu?il s?en donne les moyens : qui passeront par un travail imaginaire et langagier analytiquement informé. Oui, c?est bien l?imagination et la langue qu?il faut travailler, mais dans le sens d?une précision sociale-historique. »Défaire voir se compose de trois parties :? Une introduction, qui déplie le problème de la littérature politique en toute généralité.? Un dispositif littéraire, intitulé « Manger les riches, une décomposition », qui prend pour départ le scandale des Ehpad Orpéa, et en dégage le régime de pulsionnalité du capitalisme financiarisé.? « Se faire Voyant », une théorie de la littérature comme productrice de figures. Terme par lequel on désigne les textes qui produisent dans leur forme même une aperceptionnouvelle des logiques politiques et sociales.Il s?agit de mettre en ?uvre et de théoriser une littérature politique qui tienne ensemble les deux termes « littérature » et « politique », sans sacrifier l?un à l?autre. Où dispositif d?écriture et précision analytique soient indissociables. En somme, une façon de rappeler que la littérature est un régime spécifique de la pensée.
L?apparition de l?aviation au début du XXe siècle a profondément bouleversé les sociétés humaines, bien entendu d?un point de vue technique, mais également dans leurs relations, que celles-ci soient guerrières ou pacifiques. Plus profondément encore, cette invention a vraisemblablement suscité la naissance d?une nouvelle façon de concevoir la réalité, l?espace, les rapports entre les hommes. C?est sur l?apparition de ce nouvel imaginaire que ce livre propose de réfléchir dans une approche d?histoire culturelle et anthropologique. Dans quelle mesure la conquête de l?air a-t-elle suscité un imaginaire instaurant une nouvelle façon de penser la société, de même que le rôle et la place de l?être humain dans le monde ? L?imaginaire moderne est ici source de questionnements, permettant de mieux définir au final cette notion difficile et souvent galvaudée de " modernité " en cherchant à donner une définition anthropologique d?une notion inscrite historiquement dans un contexte spécifique. Le livre propose une réflexion à la fois culturelle et anthropologique sur la conquête de l?air. L?approche est internationale et comparatiste, afin que les enjeux de la période soient compris au-delà d?un cadre national trop longtemps mis en valeur.
Si la peinture a toujours exercé un ascendant sur les gens de lettres, les écrivains symbolistes ont nourri une véritable passion à son égard. L'ouvrage démontre que l'exercice de la critique d'art dans les nombreux périodiques éphémères fondés à l'époque du symbolisme témoigne d'une fascination durable et profonde pour l'univers pictural, qu'il s'agisse du milieu de l'art indépendant, des peintres eux-mêmes ou de leurs modes d'expression. L'analyse des chroniques d'art publiées par 150 auteurs dans une cinquantaine de "petites revues" de la fin du XIXe siècle permet de mener une enquête approfondie sur les horizons spécifiques de cette forme écrite: ses supports et ses auteurs, ses théories esthétiques et son inscription dans le milieu de l'art, ses fonctions et son statut théorique, son langage enfin. D'essence littéraire, les écrits sur la peinture sont les témoins d'une médiation entre le voir et le dire. La critique d'art des écrivains symbolistes soulève ainsi le problème le plus fondamental de tout discours critique: le rapport extrêmement complexe entre le commentaire et son objet.
Hackers, esthètes, chefs d'entreprise, Agathe Denner et Guillaume Thévenin fascinent autant qu'ils inquiètent. Ils tissent un réseau de relations complexes et souvent cruelles où leur agence d'art numérique tient une place centrale. Lanceurs d'alerte ambigus, séducteurs troubles, ils jouent des naïvetés et piratent les conversations, exploitent indifféremment les failles de leurs rivaux ou de multinationales. Mais du 11e arrondissement parisien à la place Taksim d'Istanbul, en passant par Times Square plongé dans la tourmente, la météorologie imprévisible des mouvements de foule pourrait bien se retourner contre eux. Sandra Lucbert réarme subtilement le dispositif épistolaire des Liaisons dangereuses : messageries instantanées, mails, réseaux sociaux sont autant d'outils pour questionner le statut de la vie privée, de l'information et des gouvernances. Manipulations, jeux de pouvoir et réputation alimentent les tornades virtuelles et les séismes du quotidien. Ce roman très original, nerveux, montre comment une technologie et ses utilisateurs redessinent les logiques du désir et du politique - nos façons de vivre et d'aimer.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.