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Gustave Kahn. Un écrivain engagé
Lucbert Françoise ; Shryock Richard
PU RENNES
17,00 €
Épuisé
EAN :9782753521711
L'histoire a principalement retenu Gustave Kahn (1859-1936) pour sa contribution au symbolisme littéraire et pour son oeuvre de critique d'art. Or, c'est la nature même de son implication dans la vie culturelle de son époque qui fut exceptionnelle. Les études rassemblées ici développent une vision de l'auteur centrée sur son engagement artistique et social, tout en précisant des questions encore peu approfondies, comme la place de l'écrivain dans les milieux intellectuels de gauche ou encore son rôle dans la renaissance culturelle juive, en France, à partir des années 1910. L'ouvrage rend compte de la richesse d'un parcours singulier : si Kahn s'est illustré en tant que poète, son influence dépasse largement le domaine littéraire puisqu'il a été fondateur de revues, critique d'art, romancier, conteur, chroniqueur, préfacier, soutien aux artistes, libre penseur, homme de gauche convaincu et intellectuel juif. Le recueil démontre une cohérence profonde entre ces diverses formes d'engagement car, loin de la vision stéréotypée de l'écrivain symboliste dans sa tour d'ivoire, Kahn apparaît comme un auteur engagé qui défendait l'idée de la responsabilité du poète au sein de la société.
La Traversée est une création personnelle inspirée en partie par le livre Au Coeur des ténèbres de Joseph Conrad (sublimé au cinéma par Herzog, dans Aguirre ou la colère de Dieu, et par Coppola, dans Apocalypse now). L'auteur n'a gardé du livre et des films que le motif principal, la dérive d'un capitaine de bateau remontant le cours d'un fleuve à travers une jungle de plus en plus sauvage et ténébreuse. Au fur et à mesure de son exploration, le capitaine est confronté à diverses manifestations des ténèbres qu'il doit combattre. A la manière du capitaine, Kevin Lucbert s'est laissé dériver au fil des dessins sans savoir exactement où cela le conduirait et quelle forme finale allait prendre l'histoire. Dans un deuxième temps, il a mis en forme et réorganisé ces dessins puis précisé l'aspect narratif de l'ensemble. Un voyage solitaire axé sur le chemin lui-même et non sur sa destination, une rêverie qui s'égare parfois à la lisière de la réalité suivant une ligne d'ombre tracée à l'encre noire.
Sandra Lucbert s'arme ici de littérature pour affronter l'absurdité terrible du capitalisme néolibéral à la faveur d'un moment spectaculaire de monstration de ses conséquences : le procès "France Télécom". Elle y découvre l'expression de ce qui se veut une nécessité abstraite, absolue : "parce-qu'il-fallait-voilà", bloc de mots, unité de sens, un des mantras sacrés du monde uberisé, et sa confrontation aux corps mutilés ou disparus qu'a produits l'effectuation de sa logique machinale. Entre essai littéraire et essai sur la littérature, un texte admirable.
Résumé : De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom - Orange. Sept dirigeants sont accusés d'avoir organisé la maltraitance de leurs salariés. Parfois jusqu'à la mort. On les interroge longuement, leur fait expliquer beaucoup. Rien à faire : ils ne voient pas le problème. Le P-DG a un seul regret : " Cette histoire de suicides, c'est terrible, ils ont gâché la fête. " Il y avait donc une fête ? Parlons-nous la même langue ? Sandra Lucbert est née en 1981. Normalienne, agrégée de lettres, elle a écrit deux romans, Mobiles (Flammarion, 2013) et La Toile (Gallimard, 2017).
L?apparition de l?aviation au début du XXe siècle a profondément bouleversé les sociétés humaines, bien entendu d?un point de vue technique, mais également dans leurs relations, que celles-ci soient guerrières ou pacifiques. Plus profondément encore, cette invention a vraisemblablement suscité la naissance d?une nouvelle façon de concevoir la réalité, l?espace, les rapports entre les hommes. C?est sur l?apparition de ce nouvel imaginaire que ce livre propose de réfléchir dans une approche d?histoire culturelle et anthropologique. Dans quelle mesure la conquête de l?air a-t-elle suscité un imaginaire instaurant une nouvelle façon de penser la société, de même que le rôle et la place de l?être humain dans le monde ? L?imaginaire moderne est ici source de questionnements, permettant de mieux définir au final cette notion difficile et souvent galvaudée de " modernité " en cherchant à donner une définition anthropologique d?une notion inscrite historiquement dans un contexte spécifique. Le livre propose une réflexion à la fois culturelle et anthropologique sur la conquête de l?air. L?approche est internationale et comparatiste, afin que les enjeux de la période soient compris au-delà d?un cadre national trop longtemps mis en valeur.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.