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Dits et médits de Lily Pute
Louis-Combet Claude ; Sénéca Roland
FATA MORGANA
14,00 €
Épuisé
EAN :9782851949523
La figure de Lily Pute, vierge folle, liliale et libidinale, éprise d'elle-même et soumise au désir des autres, sommeillait probablement, comme un précipité de vieilles concupiscences, dans quelque repli de mon subconscient, lorsque, en 1983, Roland Sénéca m'envoya cinq ou six gravures sans titre destinées à provoquer des spasmes d'imagination au fil d'une correspondance graphopoétique. La perception de formes qui, en elles-mêmes, ne portaient pas d'autre intention que celle d'être là, me mettait immédiatement, et de jouissive façon, en état de dialogue. Ainsi se constituèrent quatre albums de dessins. Pour l'écrivain, prosateur de longue haleine, cette brève percée poétique accordée au rythme de quelques images fortes, fut un de ces heureux moments de distraction attentive qui, avec l'air de batifoler, ne s'éloignent jamais du centre, mais au contraire le touchent au plus près. " Claude Louis-Combet.
Cet ensemble de textes offre non seulement une idéale introduction à l'oeuvre de Claude Louis-Combet, mais il permet aussi de prendre conscience de l'originalité de sa quête. Dans les premiers chapitres, le narrateur (CLC ne dit pas toujours je) se souvient de son enfance écartelée entre désirs mystérieux et effrayants et appel à la spiritualité la plus exaltée qui se concrétisera, à l'adolescence, par son entrée en prêtrise. La foi l'abandonne, il quitte les ordres : la littérature et l'amour viennent remplir "en creux" l'espace désormais vide. Sur sa route, le narrateur rencontre des figures marquantes (tel Maldiney, son professeur de philosophie sur lequel il écrit un texte très émouvant) et (re)découvre des auteurs qui ne le quitteront plus (Nietzsche et Platon surtout). Les derniers textes accompagnent l'oeuvre qui s'est tramée tout au long de ces quarante ans écoulés, en expliquent parfois la genèse (pour Blesse, ronce noire et L'Age de rose en particulier) et redéfinissent la notion chère à l'auteur de mythobiographie.
Résumé : Le récit biblique de la mésaventure de la chaste Suzanne calomniée par un quarteron de vieillards lubriques a donné lieu à maintes illustrations picturales ou littéraires. Il est devenu un véritable topos dans la culture occidentale. Le texte, ici offert au lecteur, s'inspire bien de la légende, mais sur le mode de la dérision, de la fabulation grotesque, érotique et fantasmatique. Suzanne se fait complice des regards qui assaillent sa pudeur, et les vieillards, tout entier réduits à leur impuissance de croûtons, basculent dans un délire de luxure collective. Le manuscrit original de ce récit est reproduit in extenso.
Transfigurations s'inscrit dans une longue suite de textes qui, depuis Miroir de Léda (1971) et Marinus et Marina (1979), s'efforcent de cerner les expressions toutes charnelles de l'aventure spirituelle portée à l'incandescence de l'excès - dans l'épreuve du martyre, de la stigmatisation, de la déréalisation amoureuse. Les récits ici réunis cherchent à dire l'association irréductible du sexuel et du spirituel aux plus hauts degrés de l'amour. Ils expriment, sur le terrain de l'imaginaire, le désir, jamais réduit, jamais évacué, d'affirmer l'unité de l'être par-delà la dichotomie chrétienne de l'âme et du corps. Il est dit ici, et l'on voudrait pouvoir le croire sans repentir, que dans quelques états marginaux d'une hauteur exceptionnelle, la sphère érotique et la sphère mystique coïncident exactement. C.L -C.
Capitale de la douleur, capitale de la merveille et de la grâce. Grâce non religieuse, mais cependant divine ? : d'un seul coup, je comprenais brutalement que le divin habitait parmi nous, que les mots autant que les monts du Liban, qui coiffaient ma rencontre adolescente avec Bounoure d'un peu d'éternité de neige, que les mots et les monts nous étaient une demeure, que le sacre était notre quotidien. La brûlure de cette gi ? e ne m'a pas quitté depuis lors et, de temps en temps, il m'arrive de toucher distraitement ma joue ? : Bounoure est mort, je vais bientôt mourir, mais sa ? èvre, la contagion de sa ? èvre est toujours là et je sais que jusqu'en ma dernière minute j'aurai vécu, dans le sillage de Bounoure, audacieusement, modestement, selon le grand exemple qu'il m'a laissé, au seuil du feu. " Dissimulée sous le transparent pseudonyme de Soliman, la voix de Salah Stétié - voix majeure de la poésie contemporaine - révèle toute la puissance émotionnelle d'un souvenir ? : celui des rencontres avec Gabriel Bounoure, grand critique de l'entre-deux guerres, qui agira à la manière d'un astre, à la fois lumière et voie.
Ces pages (...) étaient nées, avant l'année 50, dans l'exaltation d'un premier voyage vers une ville fabuleuse : fabuleuse par l'antiquité, par l'histoire, et par l'admirable lumière, soleil ou lune, posée sur les pierres raf ? nées ou violentes d'architectures civiles, religieuses ou militaires, constituant l'un des ensembles les plus remarquables qu'il y ait à voir dans cette région de la planète. Eh bien, soit : que ces quelques pages subissent l'épreuve d'une petite édition amicale. Je les dédie au souvenir d'un temps où cette région du monde n'était pas encore ce terrible noeud insécable, où la rosée matinale savait tomber avec bonté sur les hommes et les choses de l'Orient, où le Paradis perdu ne l'était pas complètement pour un garçon de dix-huit ans qui rêvait les yeux ouverts. " Adamantins, ces premiers textes de Salah Stétié sont devenus ceux de l'espace et du temps perdus, dont ils mesurent l'empan avec vertige. Dernières traces d'une ville martyre.