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La Comtesse aux pieds nus : un cinéma qui se raconte et qui se pense
Louguet Patrick
PU ARTOIS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782910663971
Le cinéma dont il est question ici, dans le film La comtesse aux pieds nus (The Barefoot Contessa) c'est celui qui se pense, qui se prépare, qui se négocie, qui recrute, qui se finance, qui organise des bouts d'essai, des soirées de gala, des campagnes de presse : tout ce qui fait la culture profonde de Joseph Léo Mankiewicz, culture de réalisateur, mais aussi de son passé de producteur dont on trouvera ici quelques jalons. Ainsi dans le film, Harry Dawes - que joue Humphrey Bogart - est le personnage représentant ou délégué de Joseph Léo Mankiewicz. Harry Dawes est le faire-valoir, sinon le double du réalisateur, celui qui manifestement en porte les intentions et les exprime. Dans La comtesse aux pieds nus, il est aussi question de guerre des sexes, et Maria (jouée par Ava Gardner) est alors cernée et broyée par la meute des mâles. Mais plus que le paradigme de la chasse, c'est celui de la corrida qui est ici pertinent. Au delà, on appréciera la façon dont le film installe également des relations sereines - et même joyeuses - entre Harry et Maria, conférant à ce couple platonique réalisateur-actrice l'aristocratie naturelle des êtres qui, sans méconnaître les contraintes mondaines, tiennent l'art cinématographique en haute estime.
Eric Rohmer initialement écrivain et critique aux Cahiers du cinéma passe ensuite à la réalisation. Évocation des incessants allers et retours entre théorie et pratique dans l'?uvre du cinéaste, ainsi que nombre de ses écrits.
Jazz et cinéma, nés à la même période, célèbrent très tôt leurs noces. Leur alliance, établie à l'aube du XXe siècle, prend une direction nouvelle avec l'éclosion du parlant et se maintient tout au long de leurs évolutions majeures. Leur dialogue s'élabore autour de créations musicales originales, d'utilisation du patrimoine enregistré, de captations et mises en scène d'interprétations live. Leur accord, qui révèle aussi certains écarts, relève d'une communauté d'esprit et d'un partage de formes sensibles. Les contributions réunies dans ce volume ne visent pas un recensement exhaustif des films jazz mais développent plusieurs partis pris : mêler réflexion esthétique et approche sociologico-historique ; considérer que les alliances sensibles se jouent aussi bien localement, au coeur des films, que dans des mouvements perceptibles à une plus grande échelle. C'est ainsi que l'ouvrage accorde une large place aux domaines français (Méliès, Becker, Garrel, Desplechin) et américain (Dieterle, Mamoulian, Cassavetes, Eastwood), en faisant l'hypothèse que la question jazz participe à reconfigurer les liens entre oeuvres pionnières du cinéma, période classique hollywoodienne et modernité de la Nouvelle Vague, de John Cassavetes ou de l'art vidéo. Autres intentions affirmées ici : faire place à la danse — l'art cinématographique s'étant laissé autant séduire par les sonorités et les rythmes des orchestres que par la chorégraphie ou l'éclat des corps dansants ; et donner la parole aux jazzmen qui sacrifient à la forme contemporaine du ciné-concert pour créer des compositions originales.
Jean, Antoine, Mouchette et les autres évoque de célèbres enfants de cinéma en accord avec le sous-titre sur quelques films d?enfance. Le petit Jean, c?est celui de Visages d?enfants de Jacques Feyder. Un chapitre entier lui est consacré. De même pour Antoine, personnage principal des Quatre Cents coups de François Truffaut, de Mouchette, cet enfant au seuil de l?adolescence, du film éponyme de Robert Bresson, et pour bien d?autres enfants de cinéma accueillis en cet essai. La plupart des chapitres porte sur un film, exclusivement, mis à part les oeuvres évoquées dans l?avant-propos qui précise les intentions et orientations majeures, et ceux dont il est débattu dans la première annexe qui se réfère à une table ronde radiophonique (elle avait réuni, à France-Culture, Raphaël Enthoven, Françoise Heitz et Patrick Louguet). D?un film à l?autre se nouent des liens subtils, plus ou moins manifestes, entre les différents destins enfantins. Cependant il y a aussi des chapitres thématiques tel L?enfant des tréteaux, ou encore Bandes enfantines, qui engagent davantage les enfants dans des collectifs, ainsi qu?il en est avec ceux consacrés à La Récréation de Paul Carpita, ou à Zéro de conduite de Jean Vigo. L?originalité de l?ouvrage réside aussi dans ses illustrations, dessins évocateurs, à l?encre, réalisés avec un calame, et installés pleine page à raison de deux par chapitre.
Barillet Julie ; Heitz Françoise ; Louguet Patrick
Entrer dans le cinéma par le biais de la ville: c'est le but que se fixe cet ouvrage tout en proposant un vaste tour d'horizon de zones linguistiques et de genres cinématographiques variés. De Berlin à Moscou, de Barcelone à Santiago du Chili, de Madrid, Nevers, Hiroshima, New York, Los Angeles aux bourgades naissantes du western, aux métropoles imaginaires de la science-fiction ou aux villes modernes de Jacques Tati, les communications de ce recueil croisent et complètent leurs approches. Sont ainsi présentés des travaux où l'aspect documentaire et/ou fictif des villes donne lieu à une réflexion sur les moyens esthétiques mis en ?uvre par les cinéastes pour transformer la réalité par le biais de la stylisation, de la symbolique, de réminiscences intertextuelles, de l'adaptation des métaphores urbaines de la littérature, ou encore par une utilisation subjectivisée de tous les moyens de la représentation, parfois même jusqu'à transformer le tissu urbain en un tout organique dont la fiction présente l'harmonie ou, bien plus souvent, les pathologies. Les aspects sociaux et politiques de ce tout constitué par la ville, et en particulier ces maux très contemporains que sont la marginalisation, l'aliénation ou le terrorisme, permettent également, dans un jeu de va-et-vient, de mettre en question les principes esthétiques utilisés pour leur représentation dans diverses cinématographies du monde. Ce recueil se présente donc comme une confrontation de propositions visant à refléter la multiplicité des perceptions et représentations de la ville au cinéma, dans le but de susciter des regards et des questionnements novateurs, peut-être même provocateurs, sur le cinéma, ses modes de représentation et ses influences.
De Gaulle, Vendroux, la Résistance, autant de figures et de thèmes connus et méconnus. Le colloque qui s'est tenu à Calais en 2010 les aborde et apporte sa pierre au grand édifice de l'histoire. La Résistance dans le Nord de la France, le Gaullisme et les attaches du Général et de son épouse Yvonne Vendroux à la région, à Calais, à Boulogne étaient au coeur de ces journées. Cette publication s'adresse donc à un public élargi tant les aspects évoqués sont variés. Comment la Résistance se met en place dans le Pas-de-Calais ? Comment ces thèmes ont-ils été évoqués dans les manuels scolaires ? Quels itinéraires pour De Gaulle et la famille Vendroux dans cette période et après ? Qu'en est-il resté politiquement ? Quelles visions les musées régionaux nous offrent-ils ?
Comment peut-on s'engager dans les sports à risque ? La présente étude sociologique voudrait répondre aux énigmes que présentent ces pratiques. Car ces disciplines sportives interpellent : elles sont des activités de loisirs dans lesquelles la vie est mise en jeu. C'est par l'enquête menée sur les terrains de parachutisme, de BASE-jump, d'alpinisme ou de parapente que ce livre participe à la compréhension et à l'explication des engagements dans ces sports. D'abord en éclairant les parcours de vie qui conduisent à ces activités. Entre dispositions et situations, se construisent des engagements pluriels, mus par le jeu complexe d'influences biographiques et contextuelles façonnées par le genre. Ensuite en rendant compte des modes de pratiques, notamment dans les rapports que nouent les adeptes, hommes et femmes, avec les risques et les prises de risque. Enfin, en montrant comment s'établissent les rapports sociaux de sexe dans ces espaces sociaux "masculins", entre évolutions, reconfigurations et permanences. Cette étude des sports à risque apporte ainsi une contribution à la connaissance des dynamiques biographiques, des prises de risque et du genre.
Il ne viendrait à l'idée de personne de refuser à l'Angleterre une place essentielle dans l'histoire du protestantisme. En effet, histoire du protestantisme et histoire d'Angleterre furent de tout temps étroitement liées. Pour les réfugiés flamands du XVI' siècle fuyant la répression espagnole, pour les huguenots français au lendemain de la Révocation de l'Edit de Nantes (1685), l'Angleterre fut un refuge salutaire. C'est d'Angleterre, également, que partirent bon nombre de missionnaires protestants, au XIXe siècle, vers de lointaines contrées. C'est en Angleterre, enfin, que s'élabora un protestantisme renouvelé (comme le méthodisme, par exemple) qui correspondait mieux aux nouvelles conditions de vie de l'époque contemporaine. Angleterre et protestantisme sont donc étroitement liés. Et pourtant, le protestantisme anglais occupe une place particulière dans la mouvance réformée. Pour beaucoup, l'idée communément admise fut, et est encore, que " l'anglicanisme " était une sorte de compromis entre catholicisme et protestantisme. Le mot de Voltaire, selon lequel les Anglais allaient au Ciel en empruntant chacun leur voie, laisse entrevoir. par ailleurs, une réalité pour le moins complexe. C'est donc pour tenter de comprendre cette réalité et saisir l'originalité profonde de la Réforme protestante anglaise que l'Université d'Artois organisa deux journées d'études, en février 2000 et février 2001. Cette originalité, les organisateurs de ces journées souhaitèrent qu'elle soit recherchée dans les domaines les plus variés de la politique, de la sociologie et de la culture sans oublier, bien sûr, le champ du religieux. Le choix d'inscrire cette recherche dans une progression chronologique fut suggéré par la difficulté à situer dans le temps l'apparition du terme (et donc du concept ?) " anglicanisme " (XVIIIe-XIXe siècle...), difficulté révélant, peut-être, une " identité " en permanente redéfinition...