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LA VOIX ENDEUILLEE. Essai sur la tragédie grecque
Loraux Nicole
GALLIMARD
15,25 €
Épuisé
EAN :9782070731701
La cause semble entendue : la tragédie grecque est politique. Elle énonce ce que la Cité entend dire sur elle-même. Mais que l'historien ne s'arrête plus au seul discours, qu'il prête attention à la voix qui s'élève, celle du chant de deuil et de l'oratorio, et la tragédie se révèle sous un autre jour - celui de l'antipolitique.Si à l'Assemblée l'emporte ce qui rassemble et unit les citoyens, le théâtre, au contraire, ne cesse de rappeler que le politique est conflictuel, que, sous l'oubli par la Cité de ses divisions amnistiées, demeure le conflit des valeurs, la différence des comportements - ce que toujours illustrent les femmes, puisqu'elles seules, non-citoyennes, portent le deuil de ceux dont la Cité veut oublier la mort. La tragédie est donc le «lien de division», ce qui, au-delà des siècles, nous fait souvenir encore que, plus sûrement que le consensus, le conflit génère l'unité.Peut-être parce qu'au théâtre, sur la Pnyx, loin de l'Acropole, les Grecs se découvraient spectateurs et non plus citoyens. Et que le secret de la tragédie grecque est de dire qu'au-delà de leur appartenance civique à la communauté politique, les spectateurs irrémédiablement appartiennent à la race des mortels.Réflexion en profondeur sur la tragédie grecque, mobilisant toutes les formes possibles d'analyse, cet ouvrage, à la confluence de tous les travaux antérieurs de l'auteur, en est le couronnement.
Edition abrégée de "L'Invention d'Athènes" , publiée pour la première fois en 1981 par l'Ecole des hautes études en sciences sociales, cette nouvelle version, loin d'être une simplification, consiste bien plutôt en une focalisation sur la question politique. En effet, l'oraison funèbre athénienne, uniquement athénienne - le "logos épitaphios" -, ne serait-elle pas un objet privilégié pour la critique de la politique prise à sa source ? Pour honorer ses citoyens tombés au combat, la cité athénienne avait coutume de procéder à des funérailles publiques et de prononcer par la voix de ses dirigeants un discours officiel qui, selon l'ironie de Platon dans le "Ménexène" , aurait eu pour fonction "d'ensorceler les âmes". Célébrant ses morts, c'est elle-même qu'Athènes célébrait et instituait en modèle. Dans l'oraison funèbre, les Athéniens inventent Athènes, à savoir l'image de la belle totalité, harmonieuse, unifiée, sans tension ni faction. Si l'éloge d'Athènes, sous forme d'oraison civique, évoque ses luttes politiques, c'est pour mieux les nier ou les tenir à distance de la cité transfigurée. C'est par une étude patiente, fouillée et critique du jeu incessant entre ce discours politico-militaire et la réalité de la cité à l'époque classique, que l'auteur nous livre selon "l'idéologie athénienne", du moins l'accès à l'imaginaire de la cité modèle, avec ses ambiguïtés, ses points aveugles ou ses points d'ombre. Ainsi, dans la célèbre oraison de Périclès qui exalte l'excellence, se fait jour une représentation aristocratique de la démocratie, ou l'une des premières expressions de l'élitisme démocratique. Sans nul doute, le modèle de la démocratie athénienne revisité, la tyrannie de la belle totalité trop parfaite ébranlée, ne peuvent-ils que contribuer à notre réflexion actuelle sur la démocratie et l'exigence de la penser en résistant aux processus d'idéologisation qui la menacent. Mieux encore, ne s'agit-il pas d'une invitation à "repolitiser la cité", car à réintroduire la division en son sein - la "stasis" - ne retrouve-t-on pas du même coup le rapport ineffaçable entre conflit et liberté?
404 avant J.-C.: Athènes fait l?épreuve de la guerre civile. Un an plus tard, en 403, la démocratie est restaurée. Les démocrates font alors le serment que personne ne devra revenir sur le passé, rappeler les morts, les violences de la guerre. Bref, il est demandé à tous les citoyens d?oublier la division de la cité. Faudrait-il donc oublier pour se réconcilier et former une nation unie? Quel est le bon usage de la mémoire? Que voulaient réellement oublier les Athéniens? En quoi le conflit est-il central à la démocratie?
Résumé : Est-il possible de rassembler des biographies de femmes grecques ? Seules les femmes " exceptionnelles ", les " héroïnes ", ont eu droit, dans la tradition écrite par les hommes, à des morceaux de vie. Comment demander à ces femmes d'exception d'être représentatives de la Grèce au féminin ? Nulle figure n'est plus difficile à atteindre que celle d'une Grecque sans histoire, d'une femme ordinaire d'Athènes puisque, par définition, dans la conception grecque de la morale, une femme rangée, donc vertueuse, est vouée au silence. C'est pourtant à relever ce défi que se sont attelées les historiennes qui ont décidé d'assumer cette entreprise de construction, en travaillant dans les interstices de la tradition. Le destin des huit femmes exceptionnelles qui sont présentées dans ce volume nous permet, malgré tout, de mieux appréhender le " féminin " dans la pensée grecque. Pour la plus illustre de ces femmes, la poétesse Sappho, Anhalisa Paradiso a choisi de montrer comment la tradition philologique s'est employée à lui construire une vie plus " présentable " que celle qui se déduit de sa poésie, d'où l'élaboration du mythe d'une Sappho hétérosexuelle. La vie de Mélissa, la femme de Périandre, le tyran de Corinthe, et l'intellectuelle Aspasie, sont présentées par Nicole Loraux, Théanô, la Pythagoricienne, par Claudia Montepaone, la Spartiate Gorgô, fille et épouse de roi, par Annalisa Paradiso, Lysimachè, la prêtresse, par Stella Georgoudi, Nééra, la courtisane, par Claude Mossé, et Archippè, citoyenne et évergète de Kymé, par Ivana Savalli.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.