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On peut changer le monde. A la recherche des biens publics mondiaux
Lille François ; Verschave François-Xavier
LA DECOUVERTE
7,70 €
Épuisé
EAN :9782707138422
Un rêve hante ce début de millénaire, celui des biens publics mondiaux : connaissance, justice, forêts, culture, santé publique, etc., peuvent-ils être laissés à l'abandon ou livrés à l'appétit des puissances financières multinationales ? N'y a-t-il pas d'autres façons de gérer les richesses du monde ? D'autres manières pour les peuples de combattre leurs misères croissantes que de quémander des aides de plus en plus parcimonieuses et inadaptées ? N'ont-ils pas plutôt des droits à faire valoir à la vie, à la connaissance, à la protection et au partage équitable de ce que la terre peut nous offrir ? Pour les auteurs, de tels biens ne peuvent être confiés aux mécanismes aveugles des « marchés », ni limités à ce que ceux-ci ne peuvent pas assumer : ils sont avant tout des besoins, des exigences issus des droits humains et écologiques fondamentaux. Malgré l'ampleur des obstacles auxquels se heurte un tel programme, les auteurs montrent qu'il n'a rien d'irréaliste. Loin de cultiver une utopie béate, ils explorent des directions de lutte possibles et nécessaires. Devant les dangers croissants qui menacent l'avenir de l'humanité, ils choisissent de rechercher et cultiver l'espoir là où il se trouve, si ténu soit-il. Climat, santé, justice, sont les trois thèmes choisis pour illustrer très concrètement cette démarche, avant d'en esquisser un panorama plus général.
Quels sont les principaux changements en cours dans les configurations socio-spatiales des métropoles d?Amérique latine ? Comment évoluent le peuplement, les divisions sociales des espaces urbains et les inégalités territoriales ? Certaines pratiques de mobilité spatiale ou certaines politiques publiques contribuent-elles à accélérer ces changements, ou à y résister ? Et plus précisément : Comment s?insèrent les migrants en ville ? Comment les habitants accèdent au logement et pourquoi en changent-ils, ou pas ? Qu?en est-il des inégalités de mobilité quotidienne ? Quels changements sont à l?oeuvre dans les centres ? Comment se logent les classes populaires dans les périphéries ? Telles sont les questions qui structurent cet ouvrage collectif portant sur Bogotá, Santiago et Sao Paulo. La principale originalité de l?ouvrage réside dans la dimension comparative développée dans cette recherche. Comparer efficacement des métropoles d?une telle taille n?est pas chose facile. La comparaison a été mise en oeuvre à travers une méthodologie qui combine l?exploitation de données existantes et la production par enquêtes d?informations nouvelles sur les mobilités, et a été appliquée de façon identique dans les trois cas.
Bien avant l'organisation de l'Université, Alain de Lille (c. 1120-1202) proposait sous forme allégorique, dans son poème Anticlaudianus, le parcours intellectuel idéal du théologien. L'esprit réfléchi de celui-ci, Phronesis, monté sur le char des Arts libéraux et des sciences de l'Antiquité, traverse l'espace de la Nature jusqu'à la demeure de Dieu. Là ; il doit avancer seul, soutenu par la foi, vers Dieu lui-même. Celui-ci fait donner par l'Esprit (Noys) une âme nouvelle, qu'il ramène vers la terre, où il retrouve en homme nouveau la Nature, les vertus, la Raison et les sciences, mais où il doit affronter le combat des vices et des vertus, dont il sortira vainqueur. Dans cette vision platonisante, l'auteur pare le sens intellectuel du poème de mises en scène et de descriptions fort diverses, vives, colorées et souvent délicates, avec une joie et une facilité d'expression en complet contraste avec l'âpre amertume du De planctu Naturae, son précédent poème. Ce n'est pas une des moindres raisons du succès de l'Anticlaudianus jusqu'à la Renaissance.
Reprenant l'édition de ces lettres anonymes, Françoise Hudry nous propose, au terme d'une minutieuse enquête, de les attribuer à Alain de Lille, ce qui rendrait compte également de l'ancienne identification de celui-ci avec Alain de Canterbury qui fut ensuite abbé de Tewkesbury. Ainsi interprétées, par une analyse à la fois historique et littéraire, ces lettres contribuent à redessiner une partie de l'histoire culturelle du XIIe siècle: elles élucident des pans d'ombre de la biographie d'Alain de Lille, précisent ses liens avec Pierre de Blois ou Richard de Saint-Victor, éclairent le contexte dans lequel Alain écrivit un De planctu Naturae plein d'amertume; elles permettent également de mieux comprendre les relations entre différents textes de cette période, suggérant par exemple des rapports subtils et complexes entre la satire de Nigel de Longchamp et l'?uvre d'Alain de Lille... Le dossier est à présent entre les mains des lecteurs, avec le drame humain qu'il dessine, quel que soit le protagoniste
Françoise Hudry, archiviste-paléographe et ingénieur de recherche au CNRS (IRHT, UPR 76), a publié entre autres Le Livre des vingt-quatre philosophes (versions ancienne et médiévale), la traduction des Règles de théologie d'Alain de Lille, ainsi que l'édition et traduction de Lettres familières anonymes qui pourraient concerner Alain de Lille.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.