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Deux écrivains suisses rebelles. Max Frisch (1911-1991) Friedrich Dürrenmatt (1921-1990)
Lévy René
L'HARMATTAN
21,00 €
Épuisé
EAN :9782343165530
Max Frisch et Friedrich Dürrenmatt suscitent en Allemagne ou aux Etats-Unis de nombreux débats. Peu d'essayistes en France ont tenté une approche de ces monuments des lettres suisses qui ont frôlé le Prix Nobel de littérature et sont devenus objets de musée, à lire avec attention. La pièce de Max Frisch, Biedermann et les incendiaires propulse le dramaturge sur les scènes théâtrales mondiales. A un public qui s'est laissé dévoyer par les idéologies politiques, fasciste ou communiste, comme aux spectateurs de tous les pays, l'auteur alerte qu'il y a lieu de reconnaître les incendiaires avant qu'ils réalisent leur projet d'anéantir l'humanité. Un véritable séisme se produit dans le monde théâtral parisien de 1957, lorsque la pièce de Friedrich Dürrenmatt, La Visite de la vieille dame est représentée au théâtre Marigny. A croire que dans cette société, on peut tout obtenir, qu'il suffit d'y mettre le prix : l'arrêt d'un train exprès dans une petite gare, le droit de vie ou de mort sur un homme qui dérange, s'offrir un ordre nouveau et une justice à son profit... Friedrich Dürrenmatt dénonce, par-delà la vieille dame, les Eglises, les religions, les Etats corrompus, les groupes mafieux et tous ceux qui veulent soumettre l'homme à leur diktat. Agacés de se retrouver sur le même piédestal, Max Frisch et Friedrich Dürrenmatt ont une relation, tantôt très cordiale, tantôt criblée de flèches. En dépit de ce qui les unit, comme de ce qui les oppose, le nom évoqué de l'un entraîne toujours le nom de son alter ego.
Jean Cayrol s'insurge quand la France arrache brusquement de l'Histoire les pages qui ne lui conviennent plus. Et quand certains écrivains mettent leur plume au service de la collaboration avec l'ennemi, quelques exégètes laudateurs s'accordent à les exonérer en vénérant le style. En exaltant le talent ils passent sous silence l'engagement politique dévoyé et l'écrit indigne. Ainsi de Jacques Chardonne, son écriture concise et raffinée des études délicates de l'âme, efface ses appels aux SS anges de la guerre venus du ciel pour nous sauver... Marcel Jouhandeau voit dans les Allemands d'Adolf Hitler des hommes libres quand on m'avait promis des esclaves, dit-il. Accablé par la chute de Paris, Jean Giraudoux entend tomber Babylone, Ninive, Byzance, pas la République. Tandis que Drieu La Rochelle, fasciné, confie : J'adorais les Allemands qui m'arrivaient dans le dos. Dans le même temps, des écrivains résistent, combattent et meurent pour avoir rédigé des brûlots, ces écrits chargés d'explosifs qui naviguent entre les censures. Ces appels à la rébellion, ces feuilles de chou, évoluent en journaux et deviennent la presse clandestine. Ainsi, Jacques Decour et Marc Bloch sont fusillés par les Allemands avant même d'avoir vu la parution des Lettres françaises et de l'Etrange défaite, qu'ils avaient rédigées dans l'ombre. Parachuté sur la France par l'aviation anglaise, le poème d'Aragon La rose et le réséda, évoque deux noms de fleurs, dualité qui devient unité dans le mot France. Ce coeur qui haïssait la guerre, voilà qu'il bat pour le combat et la bataille, clame Robert Desnos dont les écrits, selon Céline, ne valent pas douze balles. A la fin du poème de Paul Eluard, le mot Liberté vient naturellement sous ma plume, dit-il.
Maïmonide, dans son maître ouvrage, Le Guide des égarés, pose la question du mal. Chez lui, une solution s'esquisse, qui produit une doctrine intégrale de la providence, fondée sur l'intellect. Pour cela, le maître juif use de tous les moyens dont il dispose: outils philosophiques, qu'il cite, ordonne, et parfois dépasse ou contredit; outils théologiques, scientifiques, talmudiques: toute sa connaissance est convoquée. Mais il ne s'agit pas de référer à l'autorité ou aux autorités, pas plus qu'il n'est question d'inventer à neuf. Aristote, les péripatéticiens, arabes et grecs, les théologiens arabes: la pensée maïmonidienne use des outils forgés par les autres, mais elle en dispose souverainement. L'intelligence, telle que la regarde Maïmonide, ne conduit pas à tout prévoir; elle n'est pas l'outil suprême du pouvoir, de l'omnipotence. Elle fait écho, ce qui ne sera pas le moindre des paradoxes de cette pensée si libre, à ce qu'Épicure écrit des dieux. Les dieux, dit le Grec, sont insouciants. Voilà pourquoi ils n'ont cure des hommes. Que Dieu n'ait cure, Maïmonide ne le dira pas; mais que Dieu soit insouciant, l'auteur du Guide en conviendra si fort qu'il affirmera que l'homme intelligent, à l'horizon de son intelligence, reçoit également la condition divine - la divine insouciance.
Allemande en lutte contre Hitler, Margarete Buber-Neumann échappe aux nazis en se réfugiant à Moscou, en 1935. Communiste rebelle, insoumise à Staline, elle comprend et dit, 20 ans avant les autres militants, que ce régime-là est un communisme dévoyé, falsifié par la propagande du Parti. Elle en paie chèrement le prix par une déportation en Sibérie. Quand elle se croit libérée après deux ans de Goulag, elle est livrée aux Allemands par les soviétiques. D'une police à une autre, la Gestapo s'abat sur elle, lui infligeant une détention à Ravensbrück cinq ans durant. Elle devient ainsi la seule – sinon l'une des rares – à connaître les affres concentrationnaires sous les deux totalitarismes. Elle en dressera le parallèle dans son oeuvre. En 1949 elle apporte son témoignage incontestable sur l'existence des camps en URSS. Par la véracité de ses propos elle vient récuser ceux des intellectuels de la gauche française qui appliquent la règle non écrite : on ne critique pas l'Union soviétique ; on n'affaiblit pas le Parti censé défendre les ouvriers en France. Rescapée non broyée, survivante parmi les monceaux de cadavres, elle conserve l'idéal de changer le monde pour un autre, meilleur. Même si ce n'est qu'un rêve stupide. Elle est de cette nature exceptionnelle qui fait face aux périls, aux revers, aux déceptions. Tantôt encouragée par l'espoir ou accablée dans l'affliction, quelquefois exaltée par la joie, souvent tourmentée dans l'angoisse, ainsi parvient-elle à l'inatteignable : vivre dans la vérité.
Ossip Mandelstam, écrit une épigramme sur Staline, dont deux vers lui coûteront la vie. A la recherche du manuscrit, les policiers saccagent l'appartement du poète, en vain. Nul n'est besoin à ceux qui connaissent par coeur des pages entières de poésie, de conserver seize lignes compromettantes, meurtrières. A défaut du poème, les policiers embarquent le poète (1934). Ossip Mandelstam meurt dans les plaines glacées de Sibérie à l'âge de 47 ans. Tel un livre vivant, Nadejda son épouse, a mémorisé les poèmes, les a transmis oralement. Elle les fait publier vingt ans plus tard. Tandis que, traversant la tourmente, se transmet un livre vivant de Mandelstam, que demeure une écriture et clandestine de Pasternak, que l'on parcoure une prose de Cholokhov infinie comme la steppe, voici que nous parvient, d'Akhmatova, une poésie immortelle : "l'innocente Russie se tordait de douleur ; Je me tais, voilà trente ans que je me tais ; Et si l'on bâillonne ma bouche torturée ; A travers laquelle crient des millions d'êtres." Anna Akhmatova se tait depuis trente ans et avec elle, se taisent Pasternak, Babel, Mandelstam, tant d'autres. La clameur de ces millions d'êtres qui crient à travers sa bouche torturée, nous fait entendre la souffrance endurée par ces poètes et ces écrivains. Porteurs d'une vérité immuable, ils nous parlent, par la littérature, mieux que les politologues ci les historiens. Tout au long de la lecture de leurs livres, leurs cris résonnent en nous aujourd'hui, forcent notre émotion.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.