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La divine insouciance. Etudes des doctrines de la providence d'après Maïmonide
Lévy René
VERDIER
28,40 €
Épuisé
EAN :9782864325604
Maïmonide, dans son maître ouvrage, Le Guide des égarés, pose la question du mal. Chez lui, une solution s'esquisse, qui produit une doctrine intégrale de la providence, fondée sur l'intellect. Pour cela, le maître juif use de tous les moyens dont il dispose: outils philosophiques, qu'il cite, ordonne, et parfois dépasse ou contredit; outils théologiques, scientifiques, talmudiques: toute sa connaissance est convoquée. Mais il ne s'agit pas de référer à l'autorité ou aux autorités, pas plus qu'il n'est question d'inventer à neuf. Aristote, les péripatéticiens, arabes et grecs, les théologiens arabes: la pensée maïmonidienne use des outils forgés par les autres, mais elle en dispose souverainement. L'intelligence, telle que la regarde Maïmonide, ne conduit pas à tout prévoir; elle n'est pas l'outil suprême du pouvoir, de l'omnipotence. Elle fait écho, ce qui ne sera pas le moindre des paradoxes de cette pensée si libre, à ce qu'Épicure écrit des dieux. Les dieux, dit le Grec, sont insouciants. Voilà pourquoi ils n'ont cure des hommes. Que Dieu n'ait cure, Maïmonide ne le dira pas; mais que Dieu soit insouciant, l'auteur du Guide en conviendra si fort qu'il affirmera que l'homme intelligent, à l'horizon de son intelligence, reçoit également la condition divine - la divine insouciance.
Les écrivains polonais sous trois dictatures porte à la connaissance du public français plus d'une vingtaine d'auteurs. Si quatre d'entre eux, Witold Gombrowicz, Ignacy Witkiewicz, Czeslaw Milosz, Bruno Schulz, nous sont familiers, de nombreux poètes et romanciers importants dans le monde des lettres polonaises restent inconnus ou méconnus ici. En Pologne, durant les deux décennies de l'entre-deux-guerres, le poète Julian Tuwim occupe l'une des premières places. Ses poèmes enivrés de vie, dont certains inspirés de Rimbaud, provoquent des scandales dans les milieux conservateurs. Dans le ghetto de Drohobycz en 1942, la tragédie est à son comble le jour d'une course à la tuerie de cibles vivantes. Bruno Schulz est abattu par un Waffen SS d'une balle tirée à bout portant. Zofia Nalkowska conserve l'image de grande dame des lettres polonaises, tandis qu'une poétesse inconnue, modeste, est sortie de l'ombre par les fins limiers suédois qui offrent la distinction suprême en littérature à Wislawa Szymborska. Catholique libéral, Czeslaw Milosz déjoue la dictature en se faisant nommer en poste à l'ambassade de Pologne à Paris. Il peut ainsi publier ses oeuvres en toute liberté et sera auréolé du prix Nobel de littérature en 1980. Cet ouvrage clôt une étude approfondie et documentée en six volumes sur les écrivains confrontés aux dictatures nazie, fasciste, stalinienne, franquiste, vichyste. Il s'inscrit dans la même perspective et la même volonté de rendre hommage et justice aux talents littéraires que l'histoire a marginalisés, méconnus ou effacés de notre culture et de notre mémoire. Remettre leurs oeuvres et leur vie à leur juste place, rappeler les écrits et les auteurs qui ont collaboré avec les régimes totalitaires, mis leurs talents au service des persécuteurs dont certains sont aujourd'hui honorés, enseignés en toute méconnaissance ou négation de leur rôle, tels sont les objectifs auxquels l'auteur se consacre.
L'élan de solidarité apporté à la cause républicaine espagnole par les intellectuels des pays démocrates est sans précédent. Comme souvent sous les dictatures, les hommes de plumes ralliés à ces régimes, enserrés dans leur idéologie, se comptent de moins en moins nombreux. Les écrivains fascistes espagnols n'échappent pas à cette règle. Le jour ou cessèrent les combats, le 1er avril 1939, le temps resta suspendu pour tout un peuple sans liberté... une longue nuit de trente-six années.
Par sa stature d'auteur-novateur, son engagement politique total, son courage à inventer une nouvelle forme de théâtre, Ernst Toller, l'un des plus grands dramaturges allemands du XXe siècle, mérite de sortir de l'oubli et de retrouver le haut de l'affiche, au même titre que Brecht, Beckett, Tchekhov et autres génies... Révolutionnaire, il est condamné à cinq ans de forteresse en tant qu'un des leaders du soulèvement populaire de novembre 1918 à Munich. Homme de combat, il ne peut endurer le temps de sa détention qu'en détenu révolté : enfreindre les règlements, l'interdit d'écriture entre autres. Dissimulé sous la table de sa cellule, une couverture sur lui, il conçoit son oeuvre de dramaturge : révolutionner le théâtre par un art en relation étroite avec les bouleversements sociaux, introduire sur la scène les prolétaires, ces nouveaux acteurs, leur faisant tenir un autre langage avec leurs mots réécrits plus vrais que nature. "Jamais le théâtre n'a été à ce point la tribune de son temps... au centre des combats de l'opinion publique", écrit-il. Les feux de la rampe de L'Opéra de quat'sous n'auraient-ils pas jeté une ombre, faisant de Brecht une amorce involontaire de l'ostracisme qui frappera Toller ? De 1922 à 1933, Toller connaît le succès. Ses pièces sont traduites et jouées en vingt-sept langues. Aujourd'hui, il reste un auteur plus que jamais d'actualité, dans ce monde de tous les dangers qui vacille autour de nous.
Ossip Mandelstam, écrit une épigramme sur Staline, dont deux vers lui coûteront la vie. A la recherche du manuscrit, les policiers saccagent l'appartement du poète, en vain. Nul n'est besoin à ceux qui connaissent par coeur des pages entières de poésie, de conserver seize lignes compromettantes, meurtrières. A défaut du poème, les policiers embarquent le poète (1934). Ossip Mandelstam meurt dans les plaines glacées de Sibérie à l'âge de 47 ans. Tel un livre vivant, Nadejda son épouse, a mémorisé les poèmes, les a transmis oralement. Elle les fait publier vingt ans plus tard. Tandis que, traversant la tourmente, se transmet un livre vivant de Mandelstam, que demeure une écriture et clandestine de Pasternak, que l'on parcoure une prose de Cholokhov infinie comme la steppe, voici que nous parvient, d'Akhmatova, une poésie immortelle : "l'innocente Russie se tordait de douleur ; Je me tais, voilà trente ans que je me tais ; Et si l'on bâillonne ma bouche torturée ; A travers laquelle crient des millions d'êtres." Anna Akhmatova se tait depuis trente ans et avec elle, se taisent Pasternak, Babel, Mandelstam, tant d'autres. La clameur de ces millions d'êtres qui crient à travers sa bouche torturée, nous fait entendre la souffrance endurée par ces poètes et ces écrivains. Porteurs d'une vérité immuable, ils nous parlent, par la littérature, mieux que les politologues ci les historiens. Tout au long de la lecture de leurs livres, leurs cris résonnent en nous aujourd'hui, forcent notre émotion.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.