Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Iles et insulaires (XVIe-XVIIIe siècles)
Lestringant Frank ; Tarrête Alexandre
SUP
24,99 €
Épuisé
EAN :9791023105582
Depuis l'Antiquité, les îles ont été abondamment décrites et cartographiées. Au XVe siècle, grâce au Liber Insularum Arcipelagi de Cristoforo Buondelmonte, les îles de l'archipel grec deviennent le modèle que l'on retrouve plus tard chez François Rabelais, et deux siècles après encore chez Jonathan Swift. A partir de cet ouvrage, maintes fois recopié, varié, glosé, se développe un genre, l'isolario, ou "Insulaire", c'est-à-dire la collection d'îles, ou l'atlas d'îles, dont les exemples se multiplient jusqu'au XVIIIe siècle, tantôt manuscrits et tantôt imprimés, en Italie d'abord, puis dans tous les pays d'Europe, de l'Espagne à la Hollande. L'un des Insulaires les plus connus est celui du cosmographe André Thevet, élaboré vers 1586 et demeuré inachevé, riche de quelque trois cents cartes d'îles et étendu à toutes les mers du globe. Parallèlement, l'attention continue de se porter sur Lucien de Samosate dont l'Histoire vraie n'en finit pas d'être relue, pour alimenter les voyages de Pantagruel, puis ceux de Gulliver. Ces études sur l'Insulaire, autrement dit les divers avatars d'un archipel universel en constante expansion, esquissent une réflexion sur la diversité non seulement des formes du savoir géographique, mais plus généralement des formes littéraires, histoire, encyclopédies, dictionnaires, récits de voyage, fictions viatiques ou poésie.
Les Faux-monnayeurs est un roman écrit par André Gide, publié en 1925 dans la Nouvelle Revue française (NRF). Construit avec minutie, ce roman multiplie les personnages, points de vue narratifs et intrigues secondaires diverses autour d'une histoire centrale. Par la liberté de l'écriture et la multiplicité des angles de vue, Gide se détache de la tradition littéraire du roman linéaire. A travers le personnage d'Edouard, il montre les limites de la prétention du roman à reproduire le monde réel et ouvre ainsi la voie à la recherche plus large d'une écriture créatrice. Ce roman aujourd'hui est considéré comme l'un des plus significatifs du XXe siècle, précurseur de mouvements littéraires comme le Nouveau Roman. Ces Lectures permettront aux étudiants préparant l'Agrégation de Lettres modernes de disposer d'un outil de travail complet et indispensable leur permettant de préparer dans les meilleurs contions la question au programme.
Il y a en Jean de Léry (134-1613) deux personnages contradictoires et indissociables, le " prédicant " austère et calviniste rigoureux d'une part ; de l'autre, le spectateur nostalgique et fasciné d'un Eden entrevu et aussitôt perdu. Le premier condamne, fulmine, déclare inexcusables les Indiens sans écriture aussi bien que ses coreligionnaires oublieux de l'Alliance. Le second, au contraire, regarde, écoute, espère, aime. Il est fasciné par la beauté native des Indiennes ou par la mélopée des danseurs chantant la naissance du monde. Il se souvient du temps trop court où l'Histoire paraissait suspendue dans sa course à l'abîme. L'Histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil est le récit d'un témoin dédoublé, témoin intransigeant de la Parole d'une part, et en même temps, et contradictoirement, témoin amoureux d'un monde auquel il n'était pas préparé et au milieu duquel, l'espace d'à peine un an, il s'est trouvé de plain-pied. La réussite du livre tient à la tension entre ces deux points de vue. Jamais l'imprécateur et prophète ne l'emporte sur l'observateur, et l'ire de l'homme de Dieu passée, c'est le retour à la sérénité de la description complice et curieuse. Cette étude comporte quatre volets : " l'invention du récit de voyage ", traitant de la genèse du livre et d'un genre ; " l'invention du sauvage ", au carrefour de la théologie et de l'ethnographie ; " Résonances ", replaçant l'œuvre dans la littérature du XVIe siècle, où elle tient l'une des premières places ; " Léry après Léry ", qui évoque l'actualité de ce texte fondateur, à travers les commentaires désormais classiques de Claude Lévi-Strauss et de Michel de Certeau.
Événement majeur de la rentrée théâtrale 2008, et de celle de la Comédie-Française en particulier, Fantasio d Alfred de Musset, mis en scène par Denis Podalydès, signera le grand retour sur le plateau de la salle Richelieu du « poète maudit des romantiques », dans une pièce nourrie du profond désenchantement de son auteur et de ses formidables élans poétiques. À cette occasion, le Nouveau Cahier qui lui est consacré invite à se plonger dans l univers passionnant de l un des plus grands écrivains de théâtre français. Quelques auteurs: Matthieu Protin, Anne Quentin, Laure Saveuse-Boulay et Florence Thomas.
Extrait Extrait de l'introduction L'HOMME-GIDE Pourquoi Gide aujourd'hui ? A Maurice Barrés, le chantre de l'enracinement, Gide répliquait ironiquement : «Né à Paris, d'un père uzétien et d'une mère normande, où voulez-vous, monsieur Barrés, que je m'enracine ?» Prenant le contre-pied de cette vérité admise, cette biographie voudrait montrer au contraire tout ce que la vie et l'oeuvre de Gide doivent à l'enracinement, non pas dans un terroir, Normandie catholique ou Cévennes huguenotes, mais un enracinement culturel et mental, qui assure pérennité et actualité à ce destin littéraire exceptionnel. C'est parce qu'elle a des racines intellectuelles profondes que la figure de Gide résiste au temps qui passe comme aux disgrâces passagères que prononcent les modes. L'humaniste Le terreau culturel est celui de l'humanisme et fait de cet émule de Montaigne, grand lecteur des Anciens, des Grecs en particulier, mais aussi de Virgile, qu'il lira jusqu'à sa mort, le dernier, ou l'un des derniers classiques. Ce qualificatif n'a rien de suranné. A l'époque de la marchandisation du monde et de la vénalité de la culture, Gide peut servir de modèle. Il incarne moins la résistance à l'époque, une époque qu'au contraire il a su accompagner dans sa mobilité et ses métamorphoses, parfois même dans ses soubresauts, qu'une capacité de réserve et de distance critique par rapport à celle-ci, dans la liberté préservée de l'esprit et du corps. Tel fut, dans la tradition et hors d'elle, mais 'appuyant sur elle jusque dans ses palinodies et ses reniements, le «contemporain capital». Le terrain mental est la Réforme protestante, tour à tour assumée avec ferveur, puis subie et finalement rejetée. Sans ce substrat réformé, impossible de comprendre la révolte hédoniste des Nourritures terrestres et de L'Immoraliste, non plus que les troubles de conscience et la dénonciation du pharisaïsme dans La Porte étroite et La Symphonie pastorale. Plus profondément, la notion d'élection, si essentielle au calvinisme, explique la singularité de Gide en son siècle. Elle rend compte, non seulement de la pulsion autobiographique commune à l'auteur du Journal et à tant d'autres auteurs de formation protestante, d'Amiel et Benjamin Constant à Sartre et à Barthes, mais aussi, et paradoxalement, de son sens de l'engagement. Car la singularité ne condamne pas nécessairement à la solitude. On ne saurait imaginer auteur plus entouré, plus choyé, plus amoureux de la société que ne le fut Gide. Par exemple, dans le tableau de Jacques-Émile Blanche, Gide, au café maure de l'Exposition universelle de 1900, pose avec ses «amis» Ghéon, Chanvin, Athman et Rouart, et non pas seul, comme Claudel, Montherlant ou Mauriac, dans d'autres portraits du même peintre.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.