Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Journal critique. Poésie contemporaine, 2001-2018
Lespiau David
HEROS LIMITE
28,01 €
Épuisé
EAN :9782889550326
Journal critique rassemble plus de quatre-vingt chroniques écrites entre 2001 et 2018, essentiellement autour de l'actualité éditoriale de la poésie contemporaine, et principalement pour la revue CCP (Cahier critique de poésie) du Centre international de poésie à Marseille, mais aussi pour quantité d'autres revues. Cette sélection d'articles recense près de vingt ans de sorties éditoriales, croise 340 auteurs et artistes, relie 460 textes, livres et oeuvres (toutes langues confondues). Alliant essais et textes de création, la trame qu'elle tisse forme un témoignage précieux sur une époque tout comme la constitution d'un corpus singulier et personnel. Un paysage mental indexé sur des mouvements éditoriaux : nouveautés, réédition, traduction - essentiellement dans le domaine de la poésie, mais aussi des récits et des essais... Dans le but de piéger le livre de poésie hors du commentaire frontal, dans une forme autre qui ne le trahisse pas mais le révèle par la bande. David Lespiau tisse ainsi des thèmes, des motifs, des analogies, des interrogations, des méthodes d'analyses, des tonalités de lecture, des perspectives de recherche, des points d'accroche, des moments de perte, des micro-aventures du langage. Il n'existe pas aujourd'hui de livre semblable traitant de l'extrême contemporain. L'édition de Journal critique, essai inclassable et foisonnant de plus de 400 pages, est ainsi un événement important dans le champ de la littérature de création contemporaine comme dans celui de la recherche.
Il s'agit de tourner autour des mains, des doigts, pour interroger leur mouvement sur un clavier. Tenter de saisir ce qui se joue dans la composition même, qu'il s'agisse de lettres ou de notes actionnées du bout des doigts ("Jouer du piano : danse des doigts humains" [Wittgenstein]). Egalement ce sentiment que l'on peut composer et transporter un texte dans la main comme un objet virtuel, le capter et le compacter, l'encapsuler en l'air ; compter, placer, mémoriser grâce à la segmentation et à la disposition du corps : mains (gauche, droite), doigts (dix), phalanges (quatorze). La métrique de ces vers s'inscrit dans ces limites ; sa variation reproduit les articulations d'une main aux doigts pliés, tendus, joints, écartés, etc. Rythmiquement et visuellement, cette forme interroge tout le livre. Qu'est-ce qui est joué là, physiquement, mentalement ? Comment cela se joue, se compose, se fabrique ? Qu'est-ce qu'un jeu, exactement ? Comment il interprète et articule nos vies, comment il les contient, les déplie.
Retranscrivant le plus fidèlement possible ce carnet, je dois ici remercier la fille du département Fiction qui, ces deux sur notre île, aura scupuleusement tout noté. Ce journal, tenu en marge de son travail et devenu poème par fragmentations, coupures, séparation, "plusieurs formes de contamination", devrait pouvoir se lire comme un récit, un monologue avec quelques bruits et voix raccrochés, des indices de la vie menée pendant ce temps. Celui d'une écriture, d'une préparation à l'écriture ou à un changement de vie, ces trois derniers termes étant pour elle comme pour moi parfaitement similaires.
Pendant quelques années, je suis resté debout devant un mur d'images, parce que ce mur écrivait pour moi. Il n'écrivait pas des images. Il écrivait des lignes d'un poème que j'essayais de saisir." D.L.
Captant les messages de la police, la radio installée dans sa Chevrolet (la machine à écrire fixée dans le coffre), Arthur Fellig voulait toujours être parmi les premiers sur les lieux (du crime, de l'incendie, de l'accident...). Et il voulut rapidement qu'on l'appelât Weegee, contraction de ouija board, cet appareil à lire l'avenir composé d'un petit chariot à roulette surmonté d'une flèche, placé au centre du cercle des lettres de l'alphabet - se déplaçant sous les mains des spirites en herbes, désignant successivement des lettres composant bientôt un nom, un mot, une phrase. Il s'agissait d'un travail, c'est-à-dire, pour les sciences physiques ou la psychanalyse, d'un déplacement (Weegee dormait et d'ailleurs vivait dans sa voiture) ; un travail de photographe de presse, à la recherche d'un événement.
Figure majeure de l?avant-garde poétique américaine au 20e siècle, co-fondateur du mouvement «?objectiviste?» dont font aussi partie Charles Reznikoff ou George Oppen, Louis Zukofsky a publié au cours de sa vie un nombre important de poèmes et d?essais. Malgré l?importance capitale de ces textes tant aux États-Unis qu?outre-Atlantique, peu d?entre eux sont disponibles en français. C?est le cas notamment de Un objectif & deux autres essais, traduit par Pierre Alféri et publié par les éditions Royaumont en 1989.Ce texte que nous nous apprêtons aujourd?hui à rééditer dans la collection feuilles d?herbe comprend donc trois essais?: «?Un objectif?», «?La poésie?» et «?Déclaration pour la poésie?». Définitions et commentaires sur la poésie, ils en exposent en fait une conception singulière, théorisent le rapport que la poésie objectiviste ? et celle de Zukofsky en particulier ? entretient au monde, à la forme, à la musique. Le premier essai est en vérité un programme, celui que la poésie objectiviste se fixe dès 1931, et dont une première version avait été publiée dans la revue Poetry de Harriet Monroe, dans un numéro qui avait en quelque sorte fondé le mouvement objectiviste.
Résumé : Lorsque je me mets en route, je n'ai aucune spécialité, je suis dilettante en tout ; j'aime la musique sans être véritablement musicologue, je fais des photographies sans être photographe, et j'écris de temps en temps sans être véritablement écrivain. Je crois que si je devais me prévaloir d'une spécialité, j'opterais pour celle de voyageur. Etre l'oeil ou l'esprit qui se promène, observe, compare et ensuite relate, une sorte de témoin.
Bioy Casares Adolfo ; Azaretto Julia ; Lequesne Pa
Memoria sur la pampa et les gauchosa été écrit en 1970 au retour d'un séjour en France. Cesares y entreprend une enquête fondée sur son vécu, notamment lorsqu'il se rendait à Rincón viejo, la propriété familiale sise à Pardo, dans la province de Buenos Aires. Adolfo Bioy Casares a en effet été fortement imprégné des scènes de la vie des gauchos argentins durant son enfance dans l'estancia familiale. Avec ce livre, fidèle à son souci d'érudition et à sa manière propre d'user de l'interprétation, l'auteur de L'invention de Morel se met à rêver à la vie du gaucho que ni lui ni Jorge Luis Borges, n'auront réellement vécue. Bioy Casares réfléchit ici à la figure du Martín Fierro (nous avons publié l'essai de Jorge Luis Borges en 2012) et ce qu'elle représente dans la littérature mais aussi dans la société argentine du XXe siècle. La construction du récit est parfaite. Le gaucho y acquiert un statut mythique : sorte de chevalier moderne, archétype de Don Quichotte. Chansons d'une autre époque, personnages de films, photographies, poèmes de l'une des traditions littéraires nationales ; l'ensemble devient une petite une somme de documents, de sources et de pièces à conviction qui contribuent à la légende argentine de la pampa. L'érudit et faiseur d'histoires Casares joue avec élégance sur l'imagerie, entre mémoire et imaginaire. Des photographies en noir et blanc, petites pépites classées par ordre chronologique, jalonnent le texte. Les histoires et chansons de payador qui s'y succèdent sont brèves, enchantées. C'est en réalité une vision moderne des chanteurs illettrés du Moyen Age qui s'en dégage de manière spontanée et improvisée.
L'écriture de Michel Falempin pourrait se caractériser comme une "? introversion ? " littéraire, à savoir une écriture toujours consciente de sa forme, autant que de sa lecture et de ses effets. Une écriture qui se situerait donc toujours déjà par rapport à du texte, et à la clôture propre de son univers littéral. Dans cet univers clôt, la syntaxe et la grammaire concourent à produire un mécanisme de langage d'une précision inouïe, jusqu'à sa nécessaire prise de conscience par le lecteur.