Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le Diable boiteux
Lesage Alain-René
FOLIO
10,50 €
Épuisé
EAN :9782070375912
Ayant soulevé les toits des maisons de Madrid, le Diable boiteux aperçoit, entre autres, "deux spectacles assez plaisants" : "L'un est une coquette surannée qui se couche après avoir laissé ses cheveux, ses sourcils et ses dents sur sa toilette. L'autre, un galant sexagénaire qui revient de faire l'amour. Il a déjà ôté son oeil et sa moustache postiches, avec sa perruque, qui cachait une tête chauve. Il attend que son valet lui ôte son bras et sa jambe de bois, pour se mettre au lit avec le reste. - Si je m'en fie à mes yeux, dit Zambullo, je vois dans cette maison une grande et jeune fille faite à peindre. Qu'elle a l'air mignon ! - Eh bien, reprit le boiteux, cette jeune beauté qui vous frappe est soeur aînée de ce galant qui va se coucher... Sa gorge et ses hanches sont artificielles ; et il n'y a pas longtemps qu'étant allée au sermon elle laissa tomber ses fesses dans l'auditoire".
En 1715, l'auteur à succès du Diable boiteux et de Turcaret publie les deux premiers tomes de l'Histoire de Gil Blas de Santillane (livres I à VI). D'abord tenu pour une imitation servile - Voltaire, volontiers calomniateur, affirma que le récit était entièrement repris d'un roman picaresque espagnol, le Marcos de Obregon de Vicente Espinel -, Gil Blas fut loué par les plus grands écrivains du siècle suivant, de Walter Scott à Flaubert, en passant par Sainte-Beuve et Hugo. Aujourd'hui, il s'impose comme l'un des romans les plus novateurs du xviü` siècle. Dans ces mémoires fictifs, qui retracent la carrière d'un héros médiocre, cantonné dans la domesticité, dupé par des aigrefins de tous ordres et ballotté d'un milieu à l'autre, Lesage joue en virtuose de la veine picaresque, de la satire moliéresque, de la comédie galante et de la farce cruelle... Inventant un type inédit de roman comique, il engage une réflexion sur le matériau de la fiction et sur son détournement parodique. À lire Gil Blas, on se dit que Lesage eût été à notre époque l'inventeur du western spaghetti.
Rien de moins romanesque que la vie d'Alain-René Lesage (1668-I747). Rien de plus romanesque que son ?uvre. Le jeune Victor Hugo considérait que l'Histoire de Gil Blas de Santillane était le meilleur des romans qui aient jamais été écrits. A cette époque paraissait la seule et dernière édition des ?uvres complètes de Lesage. C'était en 1828. Près de deux siècles après, il est temps de réhabiliter l'un de nos plus grands écrivains du XVIIIe siècle. Le meilleur de Lesage est dans le récit bref, la narration preste, ramassée, nerveuse et pleine d'esprit. La Valise trouvée est bien pour nous une valise retrouvée : à partir d'une situation connue - un groupe de "devisants" qui se racontent des anecdotes pour passer le temps - jaillit une source de récits. Lesage élabore une véritable encyclopédie des individus, la forme épistolaire lui permettant une polyphonie propre à offrir un reflet quasi intégral de la société. Nul n'est moins homme de lettres que lui, même s'il écrit des lettres, nul n'est plus incisif à l'égard de ses confrères. Son idéal reste celui de l'honnête homme, mais il apparaît bien comme un honnête homme pour notre temps, dans ce livre retrouvé, savoureux, l'un des plus plaisants qu'on puisse imaginer.
Avec son Guzman d’Alfarache, adapté du chef-d’oeuvre de Mateo Alemán (1599-1604) d’après la version de Sébastien Brémond (1695), Lesage prend des risques soigneusement calculés : s’il s’aventure plus loin qu’il ne l’a jamais fait sur le terrain des « moeurs basses », c’est en tempérant l’âpreté de son modèle espagnol afin de ménager le goût français contemporain : suppression annoncée dès la page de titre (laquelle équivaut à un manifeste esthétique) des « moralités superflues », édulcoration des épisodes jugés trop crus, interpolation de nombreuses péripéties galantes empruntées à Brémond. Le gueux de Mateo Alemán, galérien philosophe dont le récit autodiégétique est une longue méditation sur sa carrière de picaro, devient un « aventurier espagnol », figure doublement exotique par sa marginalité sociale et son appartenance nationale, conçue comme plus divertissante qu’inquiétante ou édifiante. Conjuguant tonalité cynique et verve plaisante, évocation du concret et évasion dans un ailleurs consacré par une longue tradition littéraire, Lesage ajoute un fripon de haut vol à sa galerie d’anti-héros et ce faisant fournit une contribution originale au courant du « roman naturel » qui traverse tout notre XVIIIe siècle, caractérisé par le recours aux realia et le rejet (ou la parodie) des conventions du haut romanesque. Tandis que Gil Blas de Santillane, l’arriviste heureux, préfigure les ambitieux de la Restauration, Guzman d’Alfarache et ses exploits frauduleux annonce une production plus populaire misant sur le pittoresque des bas-fonds et de la pègre, ce qui fait de son histoire (souvent rééditée à l’époque romantique) un jalon essentiel dans la longue trajectoire du roman de moeurs, et plus précisément dans la représentation des « classes dangereuses » en littérature.
Ce n'est pas un voyage de plaisance qui t'attend. Oh non! Nous n'irons pas à Disneyland ni au parc Astérix. Je t'emmène ailleurs. Là où la majorité des grandes personnes refuse de se rendre parce qu'elles n'ont plus le temps ou se sont tellement accoutumées à côtoyer la déraison que la sagesse leur semble définitivement hors de portée. Ce n'est pas un projet prémédité. Je l'avoue, je n'ai rien étudié du parcours. Nous improviserons.Mais il faut que tu voies.Je te livre tout en vrac. Ce sera à toi, à vous, de faire le tri et de décider s'il faut laisser le monde se déconstruire ou tenter de réparer les dégâts. Et si d'en bâtir un tout neuf vous semble l'utopie suprême, alors surtout n'hésitez pas. Rien n'est plus jubilatoire que de transformer une utopie en réalité. "
Changer d?activité, de femme, d?environnement, de personnalité voire même d?apparence physique? tout mettre en oeuvre pour devenir quelqu?un d?autre, c?est le pari improbable qu?ont décidé de se lancer un soir deux inconnus alcoolisés, l?encadreur Thierry Blin et le commercial Nicolas Gredzinski. A travers le portrait taillé serré de ces deux anonymes, Tonino Benacquista revisite le mythe de la quête identitaire, de ses enjeux incertains à ses implications souvent cruelles. Blin et Gredzinski avaient tout pour être heureux, un travail, des amis, une femme, mais pour autant, ils ne l?étaient pas. Leur rencontre aussi fortuite que déterminante sur un court de tennis va renverser leur vie, qui prend alors une direction distincte et inconnue. Mais si les deux hommes finissent bien par changer, en bien ou en mal, leur façon de faire est très différente. Quand le premier agit avec conscience et méthode pour se transformer point par point en son contraire, et devenir détective privé à l?identité nouvelle, le second ne fait rien, ou plutôt croit ne rien faire, si ce n?est de se laisser tomber dans l?alcool, avec un plaisir grinçant... Cette opposition de styles dessinée chapitre après chapitre autour des deux personnages qui ne se reverront plus, confère au roman toute sa verve et son originalité. Certes, on ne rit pas là beaucoup, le sujet ainsi traité nous renvoyant souvent à nos propres questionnements, mais on apprécie d?être le spectateur discret d?une transformation qu?on aurait rêvé être la nôtre sans oser se l?avouer? --Guillaume Folliero
« Cultiver les plaisirs de mes sens fut, dans toute ma vie, ma principale affaire; je n?en ai jamais eu de plus importante ». Il n?a pas fallu longtemps, un siècle tout au plus, pour que GiacomoCasanova (1725-1798) prenne sa place au Panthéon des mythes. Fils d?une modeste famille de comédiens, il est devenu, à la faveur de ses Mémoires, Histoire de ma vie, une figure de référence dans l?art de la séduction. Mais qu?était-il vraiment? Un agent secret, un aventurier cosmopolite, escroc à ses heures? Pour aborder Casanova, il faut se garder d?appliquer à son histoire les catégories issues des deux siècles qui nous séparent de lui. Le dépouillant de ses attributs de surmâle, Maxime Rovere en fait un éternel amoureux joueur de cartes invétéré, mais aussi un voyageur insatiable, un homme de lettres éperdu de projets, un grand amateur de vins et un incomparable gastronome, en somme le chantre d?une liberté nouvelle, praticien volontaire d?unephilosophie joyeuse et hédoniste.
Le Baiser de l'Hôtel de Ville. Je n'aimais pas cette photo. Tout ce noir et blanc, ce gris flou, c'était juste les couleurs que je ne voulais pas pour la mémoire. " La librairie où François travaille ferme ses portes; à l'approche de la quarantaine, il se retrouve face à lui-même. Les souvenirs se bousculent, amplifiés par la vogue des années cinquante. Il éprouve alors le sentiment d'être dépossédé de son enfance. Pourquoi ses parents ont-ils toujours prétendu être les amoureux que l'on voit sur cette photo de Doisneau