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OEUVRES COMPLETES T11. HISTOIRE DE GUZMAN D'ALFARACHE.
LESAGE (ALAIN-RENE)
CHAMPION
117,00 €
Épuisé
EAN :9782745319531
Avec son Guzman d’Alfarache, adapté du chef-d’oeuvre de Mateo Alemán (1599-1604) d’après la version de Sébastien Brémond (1695), Lesage prend des risques soigneusement calculés : s’il s’aventure plus loin qu’il ne l’a jamais fait sur le terrain des « moeurs basses », c’est en tempérant l’âpreté de son modèle espagnol afin de ménager le goût français contemporain : suppression annoncée dès la page de titre (laquelle équivaut à un manifeste esthétique) des « moralités superflues », édulcoration des épisodes jugés trop crus, interpolation de nombreuses péripéties galantes empruntées à Brémond. Le gueux de Mateo Alemán, galérien philosophe dont le récit autodiégétique est une longue méditation sur sa carrière de picaro, devient un « aventurier espagnol », figure doublement exotique par sa marginalité sociale et son appartenance nationale, conçue comme plus divertissante qu’inquiétante ou édifiante. Conjuguant tonalité cynique et verve plaisante, évocation du concret et évasion dans un ailleurs consacré par une longue tradition littéraire, Lesage ajoute un fripon de haut vol à sa galerie d’anti-héros et ce faisant fournit une contribution originale au courant du « roman naturel » qui traverse tout notre XVIIIe siècle, caractérisé par le recours aux realia et le rejet (ou la parodie) des conventions du haut romanesque. Tandis que Gil Blas de Santillane, l’arriviste heureux, préfigure les ambitieux de la Restauration, Guzman d’Alfarache et ses exploits frauduleux annonce une production plus populaire misant sur le pittoresque des bas-fonds et de la pègre, ce qui fait de son histoire (souvent rééditée à l’époque romantique) un jalon essentiel dans la longue trajectoire du roman de moeurs, et plus précisément dans la représentation des « classes dangereuses » en littérature.
En 1715, l'auteur à succès du Diable boiteux et de Turcaret publie les deux premiers tomes de l'Histoire de Gil Blas de Santillane (livres I à VI). D'abord tenu pour une imitation servile - Voltaire, volontiers calomniateur, affirma que le récit était entièrement repris d'un roman picaresque espagnol, le Marcos de Obregon de Vicente Espinel -, Gil Blas fut loué par les plus grands écrivains du siècle suivant, de Walter Scott à Flaubert, en passant par Sainte-Beuve et Hugo. Aujourd'hui, il s'impose comme l'un des romans les plus novateurs du xviü` siècle. Dans ces mémoires fictifs, qui retracent la carrière d'un héros médiocre, cantonné dans la domesticité, dupé par des aigrefins de tous ordres et ballotté d'un milieu à l'autre, Lesage joue en virtuose de la veine picaresque, de la satire moliéresque, de la comédie galante et de la farce cruelle... Inventant un type inédit de roman comique, il engage une réflexion sur le matériau de la fiction et sur son détournement parodique. À lire Gil Blas, on se dit que Lesage eût été à notre époque l'inventeur du western spaghetti.
Résumé : " Un de ces livres qu'il est bon de relire après chaque invasion, après chaque trouble dans l'ordre de la morale, de la politique et du goût, pour se calmer l'humeur, pour se remettre l'esprit au point de vue et se rafraîchir le langage ". Sainte-Beuve
Durant l'été 1614, alors que Cervantès prépare sa Seconde Partie du Quichotte, paraît à Tarragone une continuation illégitime de son roman, due à un auteur obscur, un certain Alonso Fernández de Avellaneda. Près d'un siècle plus tard, alors que cette oeuvre, méprisée par Cervantès et ses défenseurs, semble irrémédiablement tombée dans l'oubli, elle retient l'attention d'Alain-René Lesage, qui se propose d'en donner une première traduction française intitulée Nouvelles aventures de l'admirable Don Quichotte de la Manche. En réalité, Lesage ne se contente pas de traduire cet autre Don Quichotte, qu'il juge meilleur que celui de Cervantès : il l'adapte si librement que l'oeuvre doit autant à Avellaneda qu'à son propre talent. Ce premier roman de l'écrivain français, qui n'a pas été réédité depuis 1828 et est aujourd'hui méconnu, fut pourtant apprécié de son vivant et présente un double intérêt : il éclaire à la fois sa pratique d'écriture et son oeuvre à venir, et propose en outre une interprétation originale de la folie quichottesque. Cette nouvelle édition, établie d'après le texte original de 1704, propose une étude de la trajectoire éditoriale de l'oeuvre, qui n'avait jamais fait jusqu'ici l'objet d'un travail approfondi. L'appareil de notes s'attache en particulier à mettre en relief les relations entre les textes de Lesage, d'Avellaneda et de Cervantès.
4e de couverture : Imité, traduit, objet de multiples contrefaçons, Le Diable boiteux fut l'un des grands succès de librairie du XVIIIe siècle. On comprend que le public ait été séduit par cette étrange aventure d'un étudiant qui, ayant délivré un diable enfermé dans une fiole, se retrouve entraîné à sa suite à voir tout ce qui se passe sous les toits de Madrid. Or les toits de Madrid ressemblent fort à ceux de Paris, et ceux du XVIIIe siècle ne sont guère différents de ceux du XXIe : même spectacle édifiant de la cupidité des hommes, même goût des honneurs, des plaisirs défendus... À bien des égards, ce roman qui mêle avec délice les registres et les genres - du fantastique à la critique sociale, de la nouvelle au théâtre ou à la chanson - préfigure la liberté narrative du Gil Blas. Cette édition se fonde sur le texte de 1707, plus proche de l'esprit juvénile qui présida à la première rédaction du roman. On trouvera en annexe les principaux ajouts et corrections que Lesage fit pour l'édition de 1726, ainsi qu'une étude des sources et de la réception de l'?uvre.