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OEUVRES COMPLETES. T9. OEUVRES ADAPTEES I. NOUVELLES AVENTURES DE L'ADMIRABLE DON QUICHOTTE DE LA
LESAGE ALAIN-RENE
CHAMPION
168,00 €
Épuisé
EAN :9782745317391
Durant l'été 1614, alors que Cervantès prépare sa Seconde Partie du Quichotte, paraît à Tarragone une continuation illégitime de son roman, due à un auteur obscur, un certain Alonso Fernández de Avellaneda. Près d'un siècle plus tard, alors que cette oeuvre, méprisée par Cervantès et ses défenseurs, semble irrémédiablement tombée dans l'oubli, elle retient l'attention d'Alain-René Lesage, qui se propose d'en donner une première traduction française intitulée Nouvelles aventures de l'admirable Don Quichotte de la Manche. En réalité, Lesage ne se contente pas de traduire cet autre Don Quichotte, qu'il juge meilleur que celui de Cervantès : il l'adapte si librement que l'oeuvre doit autant à Avellaneda qu'à son propre talent. Ce premier roman de l'écrivain français, qui n'a pas été réédité depuis 1828 et est aujourd'hui méconnu, fut pourtant apprécié de son vivant et présente un double intérêt : il éclaire à la fois sa pratique d'écriture et son oeuvre à venir, et propose en outre une interprétation originale de la folie quichottesque. Cette nouvelle édition, établie d'après le texte original de 1704, propose une étude de la trajectoire éditoriale de l'oeuvre, qui n'avait jamais fait jusqu'ici l'objet d'un travail approfondi. L'appareil de notes s'attache en particulier à mettre en relief les relations entre les textes de Lesage, d'Avellaneda et de Cervantès.
Turcaret, ancien domestique devenu un riche financier trompeur et sans scrupules, fait bénéficier de ses prodigalités une Baronne qu'il aime et qui en fait à son tour profiter un jeune Chevalier dont elle s'est entichée. Grugé par tous, démasqué puis ruiné, il finit aux mains de la justice, tandis que le valet Frontin empoche son argent et triomphe: "Voilà le règne de Monsieur Turcaret fini; le mien va commencer." L'étincelante pièce de Lesage est ainsi, en 1709, le miroir d'une époque où aristocrates désargentés et riches bourgeois partagent les mêmes distractions tandis que leurs valets songent à quitter la domesticité pour s'établir. Deux ans plus tôt, dans une petite pièce en un acte, Crispin se faisait le rival de son maître pour courtiser une jeune fille dont il empocherait la dot à sa place. Deux comédies de l'argent qui circule avec la même légèreté que les paroles dans un monde de fourberies allègres où l'on dupe à l'envi.
En 1715, l'auteur à succès du Diable boiteux et de Turcaret publie les deux premiers tomes de l'Histoire de Gil Blas de Santillane (livres I à VI). D'abord tenu pour une imitation servile - Voltaire, volontiers calomniateur, affirma que le récit était entièrement repris d'un roman picaresque espagnol, le Marcos de Obregon de Vicente Espinel -, Gil Blas fut loué par les plus grands écrivains du siècle suivant, de Walter Scott à Flaubert, en passant par Sainte-Beuve et Hugo. Aujourd'hui, il s'impose comme l'un des romans les plus novateurs du xviü` siècle. Dans ces mémoires fictifs, qui retracent la carrière d'un héros médiocre, cantonné dans la domesticité, dupé par des aigrefins de tous ordres et ballotté d'un milieu à l'autre, Lesage joue en virtuose de la veine picaresque, de la satire moliéresque, de la comédie galante et de la farce cruelle... Inventant un type inédit de roman comique, il engage une réflexion sur le matériau de la fiction et sur son détournement parodique. À lire Gil Blas, on se dit que Lesage eût été à notre époque l'inventeur du western spaghetti.
Rien de moins romanesque que la vie d'Alain-René Lesage (1668-I747). Rien de plus romanesque que son ?uvre. Le jeune Victor Hugo considérait que l'Histoire de Gil Blas de Santillane était le meilleur des romans qui aient jamais été écrits. A cette époque paraissait la seule et dernière édition des ?uvres complètes de Lesage. C'était en 1828. Près de deux siècles après, il est temps de réhabiliter l'un de nos plus grands écrivains du XVIIIe siècle. Le meilleur de Lesage est dans le récit bref, la narration preste, ramassée, nerveuse et pleine d'esprit. La Valise trouvée est bien pour nous une valise retrouvée : à partir d'une situation connue - un groupe de "devisants" qui se racontent des anecdotes pour passer le temps - jaillit une source de récits. Lesage élabore une véritable encyclopédie des individus, la forme épistolaire lui permettant une polyphonie propre à offrir un reflet quasi intégral de la société. Nul n'est moins homme de lettres que lui, même s'il écrit des lettres, nul n'est plus incisif à l'égard de ses confrères. Son idéal reste celui de l'honnête homme, mais il apparaît bien comme un honnête homme pour notre temps, dans ce livre retrouvé, savoureux, l'un des plus plaisants qu'on puisse imaginer.