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Tour du domaine
Lépront Catherine
GALLIMARD
9,15 €
Épuisé
EAN :9782070267392
Gilbert Delmas s'est fait un domaine, presque un royaume, autour d'une scierie. On dirait que, depuis toujours, il est le seigneur de l'usine, du village. Mais tout est faux. Il a fabriqué ce passé de toutes pièces, en trente ans. Il a peuplé le village d'hommes et de femmes qui sont presque ses esclaves. Il a accroché de faux portraits d'ancêtres dans sa grande maison délabrée. Autour de lui, sa femme paralysée ; sa fille Hélène, chlorotique ; son neveu Jonathan, violoniste qui peuple cette solitude de sa musique ; Sarah Köln, beauté vieillissante, vêtue de mauve, obsédée par la mort. Enfin, un couple de vieux domestiques dont le fils, l'Idiot, occupe chaque journée à faire minutieusement le tour du domaine, pour vérifier que la clôture est intacte. La passion de Gilbert Delmas est de tout savoir, de tout comprendre. Il a ses indicateurs et note tout sur des registres. Au village, on ne trouve guère que deux personnes pour se révolter contre cet ordre : Rafaël le comptable, d'ailleurs amoureux d'Hélène, et sa soeur Quentin, une actrice. Mais voici un intrus. Une villageoise, la vieille Louise, meurt en léguant sa maison à Michaël B. qui exerce l'étrange métier de biographe. L'installation de Michaël va faire bouger ce monde si ordonné. Delmas n'aura de cesse d'obtenir son départ. Mais le vieil homme comprend alors qu'il ne saura jamais ce qui se passe dans la conscience des autres. Et si tout cela n'était qu'un rêve de la vieille Louise ?
Un dimanche caniculaire de juillet, Josée Bethléem arrive sur la place du marché, amputée de sa natte rouille et noir. Une première voix rapporte le destin de cette femme singulière, sculpteur, décoratrice : celle de Jean-Baptiste, vieil architecte animé d'une colère truculente et flanqué d'une gouvernante au langage haut en couleur. Puis une deuxième : il s'agit du choeur des habitants de N. , où Josée, l'étrangère, aura vécu dix ans. Sage ou grotesque, haineuse ou tendre, toujours intriguée, la communauté raconte ici, en attendant la pluie, une "vie à part", qui n'aura rien délivré, finalement, de son mystère. Car Josée Bethléem s'est tue. Dans son silence, pourtant, s'engouffre une troisième voix : narratrice du second récit, la femme à l'aquarium est une autre Josée, son histoire une variante de la sienne. Plantée devant un aquarium et pénétrée du caractère comique de la situation, la jeune femme, médecin légiste, se remémore les trois phases de sa vie avec un professeur d'esthétique américain, spécialiste du Quattrocento, depuis leur rencontre jusqu'au retour à une vie de solitude. Un meurtre a eu lieu. Dans l'aquarium ?
Résumé : Au bord de la mer, Vianney Sertilange chasse avec un vieux notaire et surtout il se confesse : sa maladie, sa soeur insupportable, sa fuite, et le mystère qui l'a obligé à revenir... Sous la pluie, à l'emplacement où était encore hier le chapiteau de Holiday on Ice, une jeune femme danse pour des vagabonds... Alexandre l'orphelin, qui travaille chez un ostréiculteur, entre ciel et mer, compte et recompte le nombre de personnes qui doivent connaître son misérable secret... Emma, humble lingère d'hôpital, brise enfin l'esclavage et la routine du temps, pour les beaux yeux d'un brancardier ... A quoi rêve le contrôleur de l'omnibus Poitiers-La Rochelle... Au coeur d'une fête foraine, un vieil Anglais forge, une fois de plus, la machination diabolique qui lui permettra de tuer sa femme... Un commissaire-priseur est fasciné jusqu'à la mort par une femme qu'il n'a jamais vue, et dont il ne connaît que les ordres d'achat... Telles sont quelques-unes des images inoubliables que proposent ces nouvelles. Souvent avec une pointe d'humour, ou de malice. Parmi tant de secrets, il y a aussi celui de l'écriture de Catherine Lépront, qui nous permet d'entrer au plus intime de ces personnages qui tâtonnent dans la solitude, à la recherche de leur vérité.
Résumé : Trois femmes - les trois gardiennes -, chacune détentrice d'un secret, composent cette sonate à la tonalité mystérieuse. Un lien étrange unit Molly Mollibrown, prisonnière d'un souvenir atroce datant de la guerre de Sécession, engoncée dans son personnage rigide et décadent du Mississippi ; Lemtoûna, la femme d'Essendilène, qui mène une existence ténue, têtue, opiniâtre et rude aux confins du Sahara, en plein Tassili n'Ajjer, protégeant contre toute prudence et toute règle la frêle et indécise croissance d'un oranger ; et la gardienne d'un musée hollandais, veillant, telle une sentinelle, la boutique du drapier Huÿs dont l'énigme inquiète l'espace alentour. Comme dans toute sonate, plusieurs thèmes s'entremêlent, que chaque récit colore différemment et approfondit : les liens subtils de l'espace visuel et du temps, le trouble de la sensualité tantôt brutale, tantôt animale, ou plus érotiquement raffinée, le thème plus continu enfin du regard, sur lequel Catherine Lépront compose toutes les variations qui vont, jusqu'au vertige, donner l'illusion que l'art a enfin pénétré la vie.
Résumé : Jean-Pierre Suzini vient d'ouvrir une boutique de prêt-à-porter jugée agressivement moderne. On murmure qu'il s'y livre à des activités douteuses, et la rumeur commence à naître. Mais cette rumeur est moins le sujet du livre que le fond sonore aux passions des personnages : Suzini hanté par le souvenir de son fils mort et qui n'aime que les chevaux ; Millie, sa femme, métisse, placide et sensuelle, et qui cède au musicien Victor Malthusse ; la petite Nine Suzini liée par un impossible amour à Vincent Samski. Homme solitaire et singulier, figure centrale du roman, Vincent Samski appartient tout à la fois au profond silence et au monde de la musique. Pourtant c'est lui qui sera à l'origine de l'odieuse rumeur, ni musique ni silence, mais bruit, bruit basé sur rien, du vent, et qui suivra dans la ville le cours du vent.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.