Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
CHANTS
LEOPARDI GIACOMO
AUBIER
20,90 €
Épuisé
EAN :9782700714531
Vers 1816, au fin fond d'une province pontificale d'Italie du nord, un petit jeune homme mélancolique, pétri de lectures érudites, s'apprête sans espoir à " l'?uvre de la vie ". Ce jeune homme, c'est Giacomo Leopardi. En vingt ans (il mourra en 1837), faisant de son expérience du malheur un extraordinaire " instrument de connaissance ", il révolutionne la poésie italienne (les Canti) et anticipe une bonne partie de la pensée moderne (les Operette morali, le Zibaldone). Traçant son portrait, W. Benjamin a dit en substance : " L'épée est parfois tombée des mains de cet adolescent ; mais il a résisté, clos dans sa cuirasse. Dans cette armure se reflète le monde, bouleversé et doré ". On ne saurait mieux symboliser l'enfance éternelle, mais intrépide, de cette figure ; sa rébellion, digne d'un Ancien, face au destin ; et cette arme prodigieuse qu'il se fit de la poésie, qui lui permit aussi bien de vaguer hors des déterminations, dans la lumière des souvenirs et des songes, que de se retourner contre l'atrocité du réel, pour en tirer par une représentation sans fard un réconfort et comme une sorte de salut. La présente édition propose une version intégrale des Canti, assortie pour la première fois en France d'un abondant apparat critique.
Résumé : En attendant divertis-toi. Crois-tu que je me divertisse plus que toi ? Assurément non. Et pourtant, pendant ces derniers jours j'ai mené, et continue de mener une vie fort distrayante. Mais tiens pour certaine cette maxime reconnue par tous les philosophes, qui pourra te consoler dans de nombreuses circonstances le bonheur et le malheur de chaque homme (hors les douleurs du corps) sont absolument égaux à ceux de n'importe quel autre, dans quelque condition ou situation que se trouve celui-ci ou celui-là. Et c'est pourquoi, pour être précis, le pauvre, le vieux, le faible, le laid et l'ignorant éprouvent autant de joie et de peine que le riche, le jeune, le fort, le beau et le savant ; parce que chacun dans son état se fabrique ses biens et ses maux, et que la somme des biens et des maux que chaque homme peut se fabriquer est égale à celle que se fabrique n'importe quel autre.
Le Zibaldone de Leopardi est un vaste recueil de notes prises au jour le jour et traitant des sujets les plus divers : réflexions philosophiques, pensées morales, recherches linguistiques, analyse d'expériences personnelles. Cet ensemble n'était pas destiné à la publication, mais conçu par son auteur comme un fonds où puiser pour ses ouvrages futurs ; on en retrouve d'ailleurs de nombreux éléments réélaborés dans les Petites ?uvres morales ou les Pensées. Leopardi avait lui-même établi un index pour son Zibaldone et regroupé sous différents titres les matériaux constitutifs de plusieurs volumes que la mort empêcha de mettre au net. Il nous reste entre autres un projet autobiographique, intitulé Mémoires de ma vie, comprenant environ quatre cents fragments qui, par un jeu de renvois, se répondent les uns aux autres et tissent un ensemble cohérent. Faisant penser davantage aux Essais de Montaigne qu'aux Confessions de Rousseau, ces Mémoires ne forment pas un récit continu de la vie de Leopardi. Les éléments anecdotiques, liés surtout aux années d'enfance et d'adolescence, qu'on y rencontre, ne sont jamais évoqués pour eux-mêmes, mais nourrissent toujours une réflexion d'ordre général. Il s'agit d'une autobiographie intellectuelle, qui nous permet d'assister au jaillissement d'une sensibilité poétique et à la maturation d'une réflexion philosophique. Joël Gayraud " Le grand souci (ou ambition) des hommes, tant qu'ils ne sont pas mûrs, est de paraître des hommes faits, et quand ils sont des hommes faits, de ne pas paraître des hommes mûrs. " (Leopardi)
Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples. Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré au début du XIXe siècle, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon ; d'autres suivront celui du Désir. Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.
A dix-neuf ans et demi, me voilà donc amoureux. Mais comme je veux donner quelque soulagement à mon c?ur et que je ne sais ni ne puis le faire autrement que par l'écriture comme je ne peux aujourd'hui écrire sur aucun autre sujet et qu'ayant tenté les vers, je les ai trouvés rebelles, j'ai écrit ces lignes, qui me permettront aussi d'explorer les profondeurs de l'amour et de pouvoir toujours me rappeler avec la plus grande exactitude comment cette passion souveraine est entrée pour la première fois dans mon c?ur. - Giacomo Leopardi
Van Orman Quine Willard ; Largeault Jean ; Laugier
Au centre de ce volume se trouve " L'épistémologie naturalisée ", sans doute le texte le plus influent de Quine : référence de la philosophie analytique dans sa version naturaliste, il a été utilisé non seulement comme manifeste philosophique des sciences cognitives, mais aussi comme signal d'un renoncement à l'antipsychologisme des pères fondateurs de la philosophie analytique. Quine y affirme que l'épistémologie devient " un chapitre de psychologie ", puisqu'elle étudie " un phénomène naturel, à savoir un sujet humain physique " et sa production de théorie (output) à partir de données sensorielles (input). Il reverse la question épistémologique à la psychologie, la renvoyant au schème conceptuel de la science dans son ensemble. L'inverse vaut aussi : la science naturelle, par un effet de " mise en abyme ", est finalement contenue dans l'épistémologie. On comprend pourquoi il est important que l'épistémologie soit naturalisée, et non, comme on l'imagine parfois, l'esprit, l'intentionnalité ou le langage. Naturaliser signifie renoncer à toute fondation extérieure à la nature, et certainement pas retrouver de nouvelles certitudes dans la science. Un naturalisme second ne serait plus fondé sur le modèle des sciences de la nature, mais sur notre nature, qui est sociale. Cet ouvrage a ainsi lancé le débat crucial sur les variétés du naturalisme : Sellars, Strawson, Putnam puis McDowell ont travaillé à élaborer ce naturalisme de la seconde nature. Le naturalisme devient alors simplement une position immanente, refusant toute argumentation transcendantale et toute position d'arrogance de la philosophie comme de la science. La réflexion sur le naturalisme, sur ses limites et sa nature, est certainement un élément essentiel de l'héritage philosophique de Quine aujourd'hui, et l'acquis le plus durable de la Relativité de l'ontologie.
Ce livre est dédié aux parents et aux soignants qui accompagnent dans la vie un enfant autiste. L'auteur a voulu éclairer la route tourmentée sur laquelle ils sont engagés, en montrant que cette affection n'est pas un déficit mental irréversible. Les observations les plus récentes des cliniciens lui ont permis d'établir que les autistes sont en réalité arrêtés au stade primordial de la vie, dominé par les sensations, stade où déferlent en permanence sur le nourrisson des flots d'excitations anarchiques et insensés. Pour émerger de cet état primitif et accéder à l'espace plus élaboré des perceptions, l'autiste attend seulement d'être relancé dans la dynamique du langage à laquelle les autres enfants sont introduits spontanément, sans difficultés majeures. Le défaut de communication, expression la plus manifeste de l'enfermement de l'autiste, révèle alors qu'il peut être corrigé et le contact avec l'entourage restauré. Mais il faut pour cela avoir reconnu la nature des processus psychiques qui régissent normalement les premiers échanges entre le nourrisson et les parents, afin d'identifier le type de court-circuit qui, à un moment donné, a coupé l'enfant de la possibilité du partage. Redonner leur sens aux conduites aberrantes et souvent rebutantes des enfants autistes et, à partir de là, comprendre pourquoi ils ont échoué dans la relation vitale à autrui est aujourd'hui l'approche la plus respectueuse des sujets prisonniers de cette condition douloureuse, en même temps que la seule véritablement susceptible de les réintégrer dans la communauté humaine.