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TU NE SAIS DONC PAS QUE JE SUIS UN GRAND HOMME
LEOPARDI GIACOMO
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844850867
En attendant divertis-toi. Crois-tu que je me divertisse plus que toi ? Assurément non. Et pourtant, pendant ces derniers jours j'ai mené, et continue de mener une vie fort distrayante. Mais tiens pour certaine cette maxime reconnue par tous les philosophes, qui pourra te consoler dans de nombreuses circonstances le bonheur et le malheur de chaque homme (hors les douleurs du corps) sont absolument égaux à ceux de n'importe quel autre, dans quelque condition ou situation que se trouve celui-ci ou celui-là. Et c'est pourquoi, pour être précis, le pauvre, le vieux, le faible, le laid et l'ignorant éprouvent autant de joie et de peine que le riche, le jeune, le fort, le beau et le savant ; parce que chacun dans son état se fabrique ses biens et ses maux, et que la somme des biens et des maux que chaque homme peut se fabriquer est égale à celle que se fabrique n'importe quel autre.
Né en 1798 à Recanati dans les Marches, Giacomo Leopardi, physiquement contrefait et intellectuellement insatiable, est à la fois un homme d'une culture universelle et la plus complète expression de l'Italie romantique. Il se refuse à la carrière ecclésiastique en 1819, quitte le domaine familial en 1830, meurt à Naples en 1837.
Non pas description d'un caractère national, ce texte fixe le tempérament d'une Italie à la fois historique et éternelle. En Italie, il n'y a pas de "société", au contraire de la France, l'Angleterre ou l'Allemagne, où est entretenue l'illusion sociale, où l'on évite le mal non par devoir mais par éducation. En Italie, la vanité n'est pas voilée par le paravent de la société. Leopardi ne défend pas pour autant la "civilisation", il envisage un bonheur relié à la poésie de l enfant ou de l'homme primitif. A rebours du mythe façonné par Stendhal, Leopardi pose un regard critique sur l'Italie et ses moeurs, empreintes du plus profond cynisme. Ce faisant, il annonce le sort des civilisations modernes qui, incapables de survivre à la destruction des illusions, sont condamnées au nihilisme.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.