Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Nouvelles sources et nouvelles méthodologies de recherche dans les études sur les femmes
Leduc Guyonne ; Perrot Michelle
L'HARMATTAN
35,50 €
Épuisé
EAN :9782747571098
Étendue d'une information véritablement européenne, ouverture, multiplicité des approches, diversité des points de vue et des regards croisés composent un ensemble touffu, foisonnant et stimulant. Ce qui frappe d'abord, c'est l'ampleur des perspectives spatiales - de la Russie aux États-Unis, de l'Angleterre, dominante, à l'Italie et à l'Espagne - et tout autant temporelles : du Moyen Âge au féminisme actuel de Susan Faludi. Grâce à la variété culturelle des auteurs, on respire hors des confins de l'hexagone. Il y a, dans ce livre, une volonté critique, un désir de lutter contre les idées reçues, notamment en ce qui concerne la chronologie de l'histoire des femmes, la revalorisation d'une époque moderne qu'on ne cesse de redécouvrir et l'impact des Révolutions, qu'on dévaluerait plutôt. Cet ouvrage fournit, en outre, un panorama comparatif des recherches littéraires sur les femmes en Europe, un état des lieux particulièrement exhaustif pour la Grande-Bretagne, mais aussi pour l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. Instrument de travail, il offre un bilan réconfortant. On mesure à quel point ce type d'études s'est développé depuis trente ans. La mise en perspective européenne de ce livre est salutaire... De ce point de vue, ce livre sonne comme un avertissement et une invitation. Signe d'avidité, il dit l'urgence de l'ouverture et la nécessité de dépasser les frontières pour confluer vers l'objet commun (extraits de la Préface de Michelle Perrot).
L'utopie est peut-être bien le lieu idéal d'une représentation des relations hommes-femmes telles qu'elles pourraient être. Par là, l'utopie remplit quelques-unes de ses fonctions essentielles : critique, compensatoire ou incitative. Elle dévoile son rapport problématique à l'histoire et au réel. Les utopistes peuvent parfois préconiser un bouleversement des rôles sociaux de l'homme et de la femme, et esquisser une complète égalité de statut entre l'un et l'autre. Mais un féminisme authentique doit-il renoncer au double postulat qui le fonde, à savoir la dualité des sexes et l'égalité des genres ?
Les textes rassemblés ici contribuent à ce travail de redécouverte : auteures populaires du XVIIIe siècle méprisées par la critique, voyageuses de la période révolutionnaire, romancières victoriennes injustement oubliées, ces textes tracent en filigrane, ou en pointillé, une autre tradition, un autre canon potentiel de la littérature anglaise. Mais ils ne traitent pas tous d'auteures peu connues ou méprisées par la critique. Certains passent de la redécouverte à ce qui est la troisième caractéristique des travaux de l'atelier : ce qu'on appelle en anglais revaluation. Cette restitution critique prend deux formes : le retour à nouveaux frais théoriques à des auteures déjà complètement, ou partiellement, canonisées, comme Katherine Mansfield et Djuna Barnes, pour remettre en question les critères d'une canonisation masculine ; et la célébration de traditions féminines qui s'inscrivent dans les interstices de la "grande tradition" masculine, en répétant le geste de Jean Rhys qui transforme Bertha Rochester en héroïne de roman - ici, c'est Mary Gulliver qui est l'objet de cette opération, et de son analyse.
Depuis des siècles, des Françaises ont eu une certaine idée de l'Europe et de l'ouverture européenne de la France. Contrairement aux préjugés qui accordent aux femmes le seul domaine de leur maison, certaines mirent ces idées en pratique, anticipant ainsi une Europe unie. Quel fut le rôle du genre dans cette ouverture européenne ? Ce volume apporte la démonstration pour la période allant du XVIIe au XXIe siècle (Suzan Van Dijk).
Dans l'Égalité des deux sexes, Poulain de la Barre présente l'infériorité des femmes comme le préjugé exemplaire et s'élève contre ce qui n'est pas fondé en raison, dont le pouvoir des hommes sur les femmes (inégalité des sexes), celui des hommes sur d'autres hommes (inégalité des rangs) et celui du monarque de droit divin sur ses sujets. Considéré comme trop radical en France, ce traité fut, en revanche, traduit en Angleterre dès 1677 et y inspira plusieurs brochures préféministes. Par le truchement de la traduction de l'une d'elles, les idées de Poulain de la Barre revinrent incognito en France au milieu du XVIIIe siècle, preuve de leur vitalité. Ces réécritures anglaises sont dotées d'une dynamique propre et dépassent l'état de la simple compilation. Une lecture comparative minutieuse et des microanalyses stylistiques démontrent comment elles s'inspirent du traité-source. Ces brochures gagnent en esprit polémique mais perdent la spécificité novatrice du substrat cartésien qui permit à Poulain de la Barre d'affirmer : "L'Esprit n'a point de Sexe". De plus, y est gommée la dimension subversive issue de l'inscription des idées dans la perspective politique plus large du droit naturel et de la relativité des rangs. Comme la propriété intellectuelle et le droit d'auteur voient à peine le jour au XVIIIe siècle, la notion de plagiat ne peut être ici pertinente, à la différence de celle d'intertextualité, définie par Julia Kristeva. Cette étude relève du domaine de la filiation des idées et de la question des transferts culturels.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.