Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le libraire de la rue Poliveau
Leclercq Pierre-Robert
BELLES LETTRES
14,95 €
Épuisé
EAN :9782251442938
S'attardant devant la vitrine grisâtre d'une librairie d'apparence vétuste, il parvint à lire, sur une couverture en vieux cuir, Le Caractère du 'ârif, un ouvrage d'Avicenne. Pensant qu'il y avait là de quoi étonner son commanditaire, il entra dans la librairie. Derrière la pénombre, Mikhaïl ne distinguait pas son visage. Quand il s'en fut approché, il retint un cri. Van Gogh ! Non celui de l'autoportrait à la pipe et au pansement à l'oreille, mais celui au regard de côté, peint pat John Russell. Ce regard l'a toujours fasciné. Le retrouver, animé, au fond de cette librairie justifiait le cri retenu. Il se contenta d'un Bonjour. Un murmure lui répondit. Et il se renseigna sur le prix du livre.Rien ne destinait Mikhaïl Fiodorovitch Loukianov à faire avec le vieux libraire de la rue Poliveau le chemin qui de la curiosité passe par la sympathie pour aboutir à l'amitié. Rien, si ce n'est la curiosité d'un certain Charles-Claude Bergerac...Cette vie d'un libraire soumis à une enquête, c'est aussi le roman d'un roman qui s'écrit quand un auteur n'est plus maître de ses personnages.
George Sand, Victor Hugo, Mistral s'honorent d'être cités par lui; il est le premier à publier des poèmes de Baudelaire; sa signature dans un journal apporte à ce dernier des dizaines de milliers de lecteurs et des rédactions lui offrent mille fois le salaire quotidien d'un ouvrier; du champagne à la margarine, des firmes se réclament de son nom, qui est aussi donné à une danse; dès qu'il paraît sur le boulevard, on l'acclame. Et ce personnage, assez important pour que les frères Goncourt reconnaissent qu'il est « l'homme le plus lu » de son temps, est tombé dans l'oubli. Né en 1815 dans une famille d'officiers d'Empire, destiné à une carrière militaire qu'il abandonne par refus d'une injustice, il devient détective au service de Vidocq et rédacteur dans divers journaux, jusqu'à être de la création du Petit Journal, un quotidien où, sous le pseudonyme de Timothée Trimm, il crée un journalisme populaire d'un incroyable succès. Voici, enfin racontée, la vie de celui qui fut certainement le journaliste le plus aimé de l'histoire de la presse française.
Résumé : Le cadran d'or qu'il porte à son poignet dit que pour aller des Terres à la Place de Wagram, il lui a fallu trente minutes. Qu'importe. Quand il ne vous est plus rien, on a tout son temps. Une demi-heure de marche vers la fin du monde, et les montres deviennent inutiles. A l'angle de la rue Jouffroy et du boulevard Malesherbes, il pose la sienne sur le rebord d'une fenêtre. Elle pourra servir à quelqu'un qui n'a pas tout son temps. Il marche. La nuit, beaucoup de sans-logis marchent.
Le XIXe siècle du Second Empire et de la Belle Epoque est celui de Pasteur, d'Haussmann, des frères Pereire, du Sacré-Cœur, de la Tour Eiffel, de l'opérette avec Offenbach, du théâtre avec Rostand. La renommée d'Hortense Schneider et de Sarah Bernhardt est arrivée jusqu'à nous. Il n'en est pas de même pour Emma Valladon. Débutant dans les plus minables des quelque trois cents caf'conc' que compte Paris, Emma, apprentie modiste, accède aux plus fastueux en devenant Thérésa. En quelques mois, son succès rassemble le public des faubourgs et les grands noms du Pouvoir, de Paris à la province, de Rome à Pétersbourg. Avec elle, on reconnaît à la chanteuse populaire le titre d'artiste. Célébrée comme une diva, elle se fait comédienne en jouant des opérettes d'Offenbach, et des compositeurs comme Gounod et Fauré rendent hommage à son talent. Pionnière dans sa profession, elle est la première de la corporation à obtenir des cachets pharamineux, à être sollicitée pour des publicités, à multiplier les produits dérivés, à créer ce qu'on n'appelle pas encore des " tubes ", et elle est à l'origine de ce qui donnera une reconnaissance juridique aux intermittents du spectacle. De 1862 à 1892, sa carrière marque l'apogée et la fin du café-concert qui laisse sa place au music-hall, nouvelle galaxie de la chanson populaire dont toutes les étoiles, persistantes ou filantes, sont les héritières de la petite modiste qui chantait " en triple accord avec ses sens, son esprit et son âme ", comme l'écrit son admirateur, Barbey d'Aurevilly.
Résumé : En avril 1912, au terme d'un siège qui rassembla des milliers de spectateurs criant "À mort", Jules Bonnot mourait "à la suite de ses blessures". Un an plus tard, disparaissaient les trois derniers membres d'une association de malfaiteurs connue sous le nom Bandits en auto devenu Bande à Bonnot. Inépuisable sujet où l'effet l'emporte souvent sur la cause, véritable feuilleton entretenu par toute la presse, de décembre 1911 à avril 1913, cette bande est, aujourd'hui encore, en bonne place dans l'histoire criminelle. Bonnot et les siens ne sont pas nés assassins. Il y a, chez la plupart d'entre eux, une évolution de la révolte sociale au crime. Ils sont la face violente d'une anarchie qui condamne le meurtre mais qui est débordée par certains de ses membres, souvent très jeunes. L'histoire n'est pas forcément une répétition, mais telle chronique de 1912 où L'Humanité se trouve en accord avec L'Action Française, semble avoir été écrite à la fin d'un G20 ; tel reportage du Petit Parisien ou du Figaro de 1913 semble illustrer un débat sur nos quartiers dits difficiles. Le crime n'a pas besoin des faiblesses d'une société pour être, mais les journaux de son temps disent, sans trop oser le dire, que Bonnot est aussi un mauvais fruit de son époque.
Ouaknin Marc-Alain ; Werndorfer Gilbert ; Cahen Sa
Biographie de l'auteur Rabbin et docteur en philosophie ; Directeur du Centre de recherches et d'études juives Aleph, à Paris (en 1989) ; Professeur de philosophie et de littérature comparée, associé à l'Université de Bar-Ilan, Israël (en 2003)EditeurTraduisit de l'hébreu et de l'allemand en français
Résumé : La Chine vient à nous : des textes prestigieux sont désormais traduits, des tournées théâtrales nous introduisent dans la légende et dans l'Histoire, le fengshui arrive en Europe. Mais que savons-nous de la civilisation qui leur a donné naissance ? La Chine classique est extraordinairement vivante sous ses habits modernes. La méconnaître serait voyager en aveugle là où il y a tant à voir.
Résumé : Faire l'histoire de peuples et de pays qui jusqu'au XVIIIe siècle ont tout ignoré de l'Inde et des Indes, et dont beaucoup ont ignoré l'idée même de l'histoire, tel est le pari de ce livre. En 1888, John Strachey écrivait dans son India : "Il n'y a pas, et il n'y a jamais eu d'Inde, ou même un pays, l'Inde, qui, selon les idées européennes, aurait possédé quelque unité, physique, politique, sociale ou religieuse." L'inde était un artefact crée par l'impérialisme européen. Cela était vrai à la fin du XIXe siècle et pour le passé, mais aujourd'hui l'inde, partie des Indes, existe : être indien est à la fois une réalité et une prétention ; c'est aussi une exclusion, dont témoignent les violents débats historiques qui passionnent l'Asie du Sud. Pour retracer la longue histoire de ce pays promis à devenir une des grandes puissances du monde, Michel Angot réussit un véritable tour de force : embrasser plusieurs milliers d'années et un espace aux dimensions de l'Europe, avoir recours aux sources les plus étendues et tenir ensemble les traces du temps, de l'Antiquité à nos jours, qui font de cette histoire une fabrique de l'Histoire.
Sacrifices humains, siège de Tenochtitlan, serpent à plumes: la civilisation aztèque a ses images d'Épinal, qui tendent à masquer des réussites plus subtiles. À la tête d'un grand empire politique et économique, mais aussi héritiers des cultures antérieures à la leur dont ils ont brillament fait la synthèse et parfois même amélioré les apports, les Aztèques ont su développer une pensée et une vision du monde profondément originales, qui trouvent des échos jusque dans la culture du Mexique contemporain.