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Le tourisme comme facteur de transformations économiques, techniques et sociales (XIXe-XXe siècles)
Gigase Marc ; Humair Cédric ; Tissot Laurent
ALPHIL
32,00 €
Épuisé
EAN :9782889300037
Amorcer une réflexion sur l'importance du tourisme comme moteur d'évolutions historiques, qu'elles soient économiques, techniques ou socio-culturelles, tel est l'objectif de ce livre. A l'instar de l'industrialisation, la généralisation de cette activité de loisir au cours des XIXe et XXe siècles a eu des effets positifs et négatifs considérables, mais encore mal connus, autant sur les sociétés qui ont généré cette pratique que sur celles des régions d'accueil. De fait, la circulation toujours plus massive de touristes - un des premiers vecteurs de la mondialisation culturelle - a non seulement contribué à l'homogénéisation des habitus, mais aussi à la redistribution géographique des richesses, à travers les dépenses effectuées durant le séjour. Par ailleurs, la mise en place des infrastructures nécessaires au voyage d'agrément - transport, hébergement, divertissement - a stimulé le développement économique des régions touristiques. Quant à la compétition engagée pour attirer les touristes, elle a accéléré la modernisation technique par l'embellissement des lieux d'accueil, l'établissement d'infrastructures sanitaires et la construction de réseaux d'eau, d'énergie et de communication. L'ouvrage prend en compte une grande diversité spatio-temporelle, de l'Arc lémanique de la Belle Epoque au Québec des années 1960, et permet ainsi de développer une analyse en profondeur du tourisme et de ses effets dans les sociétés contemporaines occidentales.
Humair Cédric ; Gigase Marc ; Lapointe Guigoz Juli
Tourisme et technique. Bizarre autant qu'inattendu, ce couple ignoré de l'historiographie joue pourtant un rôle central dans le succès économique d'une des régions les plus visitées d'Europe au XIXe siècle : l'Arc lémanique ou "Lake Geneva Region". Tandis que la modernité technique est au coeur de la qualité de l'offre touristique et de sa mise en valeur publicitaire, l'épanouissement du tourisme stimule l'évolution technique, faisant de l'Arc lémanique une région pionnière dans de nombreux domaines. De l'arrivée du chemin de fer, dans les années 1850, aux premiers meetings aériens de la Belle Epoque, en passant par l'éclairage électrique des palaces, cet ouvrage retrace la success story du système touristique lémanique dans ses trois principales composantes du transport, de l'hébergement et du divertissement. Il souligne la densité des réseaux sociaux tissés par les acteurs touristiques comme un atout essentiel à leur réussite. Les synergies entre tourisme et technique ont généré de multiples effets d'entraînement, stimulant d'autres branches d'activité, dont l'industrie et la banque. A la veille du premier conflit mondial, le tourisme fonctionne comme un véritable leading sector, transformant l'économie lémanique en un eldorado pour investisseurs en quête de profits. Cette réalité détonne avec l'étiquette de région économiquement sous-développée que l'historiographie, obnubilée par le critère de l'industrialisation, lui a collée jusqu'à présent.
Le 26 juin 1930, la loi fédérale sur la formation professionnelle est adoptée. Applicable à l'ensemble de la Suisse, elle fixe pour la première fois le rôle des formateurs et formatrices en entreprise. Aujourd'hui, Carole, employée de commerce et formatrice dans une entreprise de grande distribution, organise de bon matin la formation des jeunes ; elle s'assure de leur passage dans plusieurs secteurs pour une découverte complète du métier. Dans son atelier, Eric, boulanger-pâtissier-confiseur et formateur indépendant, travaille quant à lui un gâteau avec son apprenti : ils seront bientôt prêts pour le concours auquel ils se sont inscrits. Dans une salle du cours, Dinh, pharmacienne et formatrice dans une petite entreprise, se prépare à effectuer des exercices en laboratoire avec ses apprenti·e·s après leur avoir fait revoir la théorie. Dans une grande entreprise, Luc, logisticien et formateur, donne aux apprenti·e·s des instructions à la volée avant de rejoindre son service. Carole, Eric, Dinh et Luc sont le reflet de ce qui passe inaperçu : une diversité de figures très peu (re)connues et étudiées, pourtant centrales dans le système répandu de la formation professionnelle initiale duale. Chacun·e à sa manière forme des jeunes, et leur partage une vision du métier et du monde du travail. Ce livre offre des clefs pour comprendre les différents rapports à la fonction formatrice, mais aussi toutes les visions de l'apprentissage et sa relation avec le marché du travail. Il propose de comprendre la façon dont formateurs et formatrices investissent leur fonction, les conditions concrètes de son exercice, les enjeux auxquels tou·te·s sont confronté·e·s.
J'ai dix-huit ans passé, je n'ai aucun métier dans les mains, c'est vraiment triste." Voici comment Gérard, placé dans diverses familles et foyers d'accueil, résume sa situation professionnelle. Tout comme lui, de nombreux enfants et adolescents-es placés durant les années 1950 à 1980 peinent à acquérir des ressources pour leur entrée dans la vie adulte. Pourtant, à cette même époque, commence une transition économique et sociale permettant la démocratisation des études et l'explosion de la culture et de la sociabilité de la jeunesse. La modernisation et les progrès apparents ne touchent cependant pas toutes les catégories de population de la même manière. Les jeunes placés sont particulièrement prétérités et peuvent être considérés comme les oubliés des Trente Glorieuses : ils restent en marge de ces évolutions et sont confrontés à une réalité bien différente de celle de la majorité lorsqu'il s'agit d'effectuer une formation et de nouer des relations durables. A partir de dossiers individuels, cet ouvrage met en évidence les difficultés rencontrées par les jeunes placés pour acquérir du capital humain et du capital social. Comment les autorités justifient-elles les placements et comment ces mesures sont-elles concrétisées ? De quelles opportunités de formation les jeunes placés disposent-ils ? Quelles relations sociales peuvent-ils développer pendant la durée de l'intervention ?
A l'occasion de sa nouvelle exposition permanente, le Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel interroge ses collections et les fait dialoguer à travers le prisme du mouvement, une notion à la fois individuelle et universelle. Un éclairage inédit et interdisciplinaire est proposé au public par un questionnement pluriel. Quels sont les profils et les motivations des personnes migrantes ? Quels rôles jouent les guerres et le négoce international dans les déplacements ? Quelle est la nature des biens produits et les stratégies mises en oeuvre pour les exporter ? Quels sont les liens entre les réseaux commerciaux et la traite négrière ? Que cherchent les artistes sous des ciels lointains ? Quels obstacles rencontrent les migrants et migrantes dans leur quotidien ? Un parcours au fil des petites et grandes histoires où se reflètent mémoire et richesse des destinées. L'ouvrage collectif réunit les textes d'exposition rédigés par les conservatrices et conservateurs du Musée. Il livre une vaste sélection d'objets qui nous saisissent par leur beauté, la maîtrise technique de leur créateur ou leur histoire. Placés dans un contexte mondial, ces objets permettent d'établir des liens avec les enjeux contemporains, comme le débat mémoriel autour du passé colonial de la ville de Neuchâtel. Le questionnement s'étend ici jusqu'à l'espace public et témoigne de la nécessité du Musée de refléter un monde en mutation.
Localisé à l'extrémité orientale du lac de Neuchâtel, dans un ancien bras de la rivière la Thielle, le site de La Tène a été découvert en 1857 lors de la " fièvre lacustre ". Il a fourni près de 5'000 objets principalement liés à l'armement, mais aussi à la parure ainsi qu'aux activités domestiques et artisanales. Daté de la transition entre le 3e et le 2e siècle avant J.-C., le gisement devient, dès 1874, le site éponyme du Second âge du Fer (480-30 avant J.-C.). Cet ouvrage présente l'approche fonctionnelle des 58 outils en fer à vocation artisanale du site conservés dans les collections du Laténium, parc et musée d'archéologie de Neuchâtel (Hauterive). Le corpus comprend une majorité de petits outils (ciseaux, pointes et gouges), des haches, des scies, un marteau et des indéterminés. Les viroles ont été incorporées à ce corpus car elles renvoient aux systèmes d'emmanchement utilisés, au même titre que les manches d'outils. Le " faciès " de l'outillage de La Tène se distingue par une surreprésentation des haches et une sous-représentation des outils généralement voués au travail des métaux (marteaux, tas, pinces, limes). La présence d'outils complets n'ayant pas subi de destructions volontaires renvoie aux phénomènes des dépôts laténiens. Il peut s'agir de dépôts d'outils " exogènes ", considérés comme des " offrandes " ou d'outils ayant participé à la création, au fonctionnement et à l'entretien du site ou de son mobilier, les deux cas ne s'excluant pas.