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Soulages, la plénitude du visible
Le Lannou Jean-Michel
KIME
24,40 €
Épuisé
EAN :9782841742349
Les peintures de Pierre Soulages produisent la plus forte émotion : celle d'une intense présence. Leur puissante affirmation les libère de toute déficience. En elles, s'offre une pleine affirmation que rien ne restreint. Intensément là, elles s'imposent comme une réalité qui semble délivrée de la faiblesse caractérisant toujours les choses de notre horizon quotidien. D'où vient cette puissance ? Comment ces peintures échappent-elles à ce qui habituellement affaiblit la visibilité ? Comment libèrent-elles pour nous le visible de toutes les séparations appauvrissantes ? Cette interrogation prend son sens dans la tentative d'expliciter, au plus proche d'elles, l'émotion première de leur présence. Comment, en effet, ces ?uvres parviennent-elles à envelopper le regard dans un espace et un temps sans lointain, ni absentement ? Comment font-elles éprouver leur indéfectible présence ? Nous offrant la richesse d'un visible qui ne se dérobe jamais, les peintures de Pierre Soulages nous accueillent dans la plénitude de leur lumière.
Initialement, nous croyons toujours à la positivité de notre " personnalité ". Nous y tenons même comme à notre être propre. Parfois cependant, surgit en nous le sentiment d'une déficience : ce que nous sommes ne serait-il pas privatif de ce que nous pourrions être, ? Être " quelqu'un " ne nous restreint-il pas ? C'est alors qu'un désir d'immensité nous empêche de consentir à la particularité que nous nous découvrons être. Impérieux, ce désir ouvre l'exigence d'une autre modalité d'existence - celle qui accueillerait le tout - et fait apparaître le champ infini des possibilités : l'ampleur de ce que nous pourrions être. Mais de cette immensité, notre existence, par sa particularité même, nous prive. Comment parvenir à en faire l'expérience ? L'aspiration à nous délivrer de ces limites prend de fait bien des formes. Parfois, elle appelle à l'intensification de la vie ou à l'extension de la pensée, parfois encore, et plus fortement, à la suppression de tout ce qui entrave le désir. Ne peut-elle enfin exiger l'abolition de l'amour de soi, et de la personnalité même ? A travers la lecture d'?uvres choisies pour leur radicalité, ce volume examine les diverses formes existentielles de cette libération : les diverses expériences de l'immensité.
Résumé : La peinture ne se réduit ni à figurer ni à exprimer les choses ou le monde. Dans la souveraineté de la forme, en son abstraction réelle, la peinture se défait de la représentation, et, par-là, nous délivre de la figuration et de l'asservissant amour des choses. Dans et par la peinture abstraite, surgit ce que la restriction chosale nous dissimulait jusqu'alors : la présence libre et immense du visible. Comment la plénitude de la forme s'affirme-t-elle ? De la réflexion sur l'excès poétique de la représentation (avec Valéry) au surgissement pictural de l'intensité du visible (avec Soulages), c'est à une radicalisation de la contestation de la figuration que ce volume entend conduire. Car c'est bien là ce que la philosophie apprend de l'art : seule la puissance de l'abstraction libère.
Dans les progrès de la technique et ceux du pouvoir opératoire de la science, l'époque actuelle se caractérise par un bouleversement radical : le développement sans limite de la puissance. Aujourd'hui tout semble devenir possible. L'homme sait à présent qu'il peut modifier son corps, et bientôt même se refaire. Dans un avenir proche, il ne se " devra " plus à la nature. Que sera alors cet homme qui pourra " plastiquement " se façonner et " choisir " sa descendance, ainsi que les conditions de cette " production " ? Pour élucider l'illimitation de la puissance, une nouvelle compréhension est nécessaire : elle doit en décrire la phénoménalité propre et expliciter les modalités de son intensification. Comment, en particulier, comprendre l'apparition de son infinité ? Quel avenir la puissance nous ouvre-t-elle ? Si l'humanité recèle en elle ce qui peut l'excéder, c'est-à-dire en changer l'identité actuelle, que devons-nous faire ? Faut-il dénoncer ce développement, et s'opposer à l'infini de la puissance ? Faut-il au contraire y consentir, en trouvant en lui la vérité de la Nature ? Serait-ce là l'annonce du passage à un autre " être ", la suite de l'évolution ? Voilà bien ce qui est actuellement en question : la puissance libère-t-elle l'humanité, ou bien se libère-t-elle de l'humain ?
Pourquoi identifions-nous spontanément toute oeuvre d'art à une représentation ? D'où provient cette assimilation ? De la Poétique. Pourquoi cependant continuons-nous à trouver dans le texte d'Aristote la vérité de toute oeuvre ? Tout art est-il représentatif ? De fait, dans sa production comme dans sa réflexion, l'Art nous impose de renoncer au désir aristotélicien. Se délivrant de cette longue fascination, la philosophie doit dorénavant élaborer une esthétique des arts réels. L'Art n'est pensable dans sa spécificité (son excès de l'eïdos) qu'à la condition de cette rupture. Seule l'injonction néo-aristotélicienne du poétique ou désir d'impuissance enferme l'art dans la représentation. La même impuissance nous fait aimer notre initiale complaisance dans la figure. La philosophie ne libérera la compréhension de l'art, comme de l'être, que par l'abandon de ce désir de clôture. Comment parviendrons-nous donc à nous délivrer du désir représentatif et par là à consentir à la puissance à l'oeuvre en toute activité véritable (art et philosophie), c'est-à-dire au désir d'immensité ?
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.