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Qu'avons-nous perdu en perdant la mort ?
Le Guay Damien
CERF
19,00 €
Épuisé
EAN :9782204072847
Nous avons perdu la mort - l'attention aux mourants, les cérémonies, les rituels et les paroles du deuil. Cette disparition a été si brutale que personne ne s'en est ému. Depuis longtemps nous vivions dans une familiarité avec la mort et avions, avec le christianisme, pris l'habitude d'organiser les trois temps d'une mort: le temps du mourant, le temps de la mort et le temps du deuil. Le mourant savait mourir, le deuil trouvait sa place dans la vie sociale, la mémoire gardait longtemps encore le souvenir des défunts. Alors demandons-nous: Qu'avons-nous perdu en perdant notre familiarité avec la mort? En laissant les mourants sans assistance, ne sommes-nous pas en train de vivre un processus de dé-civilisation? Ignorer la mort, la mépriser, n'est-ce pas rejeter les forces et les pulsions de mort qui nous façonnent et nous font accepter le monde et les autres hommes? Or la mort s'apprend et doit faire partie de l'éducation de l'homme. L'apprentissage dont il est question concerne, d'abord, les gestes et rites qui accompagnent un mourant et le deuil de la famille. Mais s'ajoute un autre apprentissage: l'acceptation de la mort en nous, de cette mort qui limite nos prétentions à la toute puissance et nous fait devenir des hommes socialisés. Ces apprentissages (social, psychologique, individuel) permettent de remettre la mort à sa place. La mort ne concerne pas seulement l'au-delà, mais, aussi et peut-être surtout, l'ici et le maintenant des hommes
Le Guay Damien ; Ferry Luc ; Barbarin Philippe ; B
Une crise économique et sociale, mais avant tout éthique, s'est abattue sur nous. Ses ravages sont partout. Mais quand des hommes de foi appellent au partage des richesses, au respect des pauvres, à la dignité de toute personne, ils ne sont pas entendus. Les religions, pense-t-on, s'occupent de Dieu et n'ont rien à dire du monde comme il va. Et qu'importe s'il va plutôt mal... Pourquoi cet ostracisme? Jusqu'à quel point une cité peut-elle exister sans Dieu? Tocqueville, en 1840, se posait déjà la question. Les religions ne sont-elles pas en effet plus nécessaires à l'heure où nos démocraties déboussolées se trouvent affranchies de toute tutelle? Prétendre chasser par la porte les Dieux et les Maîtres n'est-il pas la meilleure manière de se voir imposer, par la fenêtre, d'autres dieux et d'autres maîtres plus pernicieux? Pour faire écho à ce questionnement, Damien Le Guay a interrogé trois personnalités éminentes - Luc Ferry, le cardinal Barbarin et le grand rabbin Bernheim - toutes trois ouvertes aux interrogations spirituelles et conscientes de la profondeur de la crise éthique actuelle. Quelles solutions ont-elles à proposer? Comment aller plus loin dans l'analyse? Quand les forces de dispersion dominent, la puissance agrégative des religions peut-elle être utile? Et si oui, de quelle façon? Au terme de cet échange, l'auteur en appelle vigoureusement à un new deal qui permettrait aux religions de prendre enfin ouvertement part à la conversation commune et aux débats de société. II propose même un "Grenelle du symbolique" pour mieux préserver notre savoir-vivre. Dédaigner les religions n'est-ce pas la meilleure façon de faire le jeu du marché et des fondamentalismes?
Résumé : Une r?volution s'op?re sous nos yeux. Nous assistons, en France, ? l'augmentation rapide de la cr?mation dans nos pratiques fun?raires. Longtemps marginale, elle repr?sente aujourd'hui plus de 30 % des obs?ques. Certains vont m?me jusqu'? consid?rer que ce chiffre pourrait atteindre les 49 % en 2030. Cette ?volution profonde, trop souvent pass?e sous silence, interroge quel est le statut de ces millions de morts cr?matis?s en France depuis trente ans ? Que sont devenues toutes les urnes fun?raires remises aux familles ? Encombrent-elles ? O? reposent-elles ? Ne sont-elles pas des urnes SDF ? D'une mani?re g?n?rale, faut-il comprendre cette " mort en cendres " comme une modification b?nigne des obs?ques ou, au contraire, comme une v?ritable r?volution anthropologique ? L'auteur consid?re que, face ? ce changement radical, il faut mener une vaste r?flexion et sensibiliser chacun ? ce choix et aux cons?quences qu'il a sur les familles. Souvent, les d?cisions sont prises en catimini et il n'est pas rare que les proches d?couvrent le choix d'un parent seulement au moment des obs?ques. Quels sont les enjeux de la cr?mation ? D'o? vient cette nouvelle pratique ? Pourquoi une si soudaine envie de faire disparaitre son corps, de ne plus laisser de traces sur terre ? Sommes-nous vou?s ? devenir de simples d?chets ? -- A revolution is taking place in France before our very eyes : we are witnessing a rapid increase in the number of cremations. Marginal for many years, nowadays over 30% of funeral ceremonies involve cremation. Some go so far as to predict a figure of 49% by 2030. This deep-changing evolution, too often ignored, gives rise to many questions. What is the status of the millions who have been cremated in France over the past thirty years ? What has happened to all those funerary urns that were handed over to their families ? Are they a burden ? Where are they stored ? Have they become the resting place of the 'homeless'? Generally speaking, should we regard this 'death in ashes' as a harmless modification of the funeral ceremony or, on the contrary, a genuine anthropological revolution ? Confronted with this radical change, the author believes we should reflect long and hard on the subject and make everyone aware of the choices and the consequences involved for the families of the deceased. Decisions are frequently made behind closed doors, and it is not uncommon for families to discover their loved one's funerary preference only when the arrangements are being made. What are the stakes involved in cremation ? Where does this new practice come from ? Why such a sudden desire to make one's body disappear, leaving not a trace behind ? Are we destined to become simply waste ?
Résumé : Vivre heureux... mais oui, bien sûr ! Tout le monde aspire au bonheur, voyons, c'est une évidence ! Le trouver, le faire grandir, le garder, le partager peut-être... Fuyons le malheur, par tous les moyens, notamment par la psychologie et la consommation. Mais, au fait, quel bonheur ? La joie, le plaisir, la félicité ? Peut-on encore parler de bonheur dans ce monde bouleversé, menacé, où les médias déversent quotidiennement jusque dans notre foyer le flot des informations épouvantables du monde ? Plus le niveau d'angoisse s'élève dans notre société anxiogène, plus on nous parle du bonheur, au point qu'on peut s'insurger contre la tyrannie du bonheur. Et cela d'autant plus qu'on nous dit que chaque individu est responsable de son bonheur (donc de son malheur).
Présentation de l'éditeur Nous mourons mal en France ! A trop se focaliser sur la seule question de l'euthanasie, comme si elle était LA solution, le débat public, l'opinion et les politiques passent à côté d'une douce barbarie que nous finissons tous par accepter. Il est indigne de mourir seul dans les couloirs de nos hôpitaux alors que beaucoup souhaiteraient rester chez eux pour vivre leurs derniers jours. Il est indigne de laisser des personnes en fin de vie enfermées dans un mutisme complet, loin des bienfaits d'un dialogue confiant. Car une parole échangée est la meilleure façon de faire reculer le sentiment d'abandon. La parole nouée à deux est le médicament le plus efficace pour atténuer les infinies souffrances du coeur et de l'âme. La parole, quand elle explore l'énigme que nous sommes et nous redonne de la dignité par le récit de soi, permet, depuis la nuit des temps, de redonner confiance. C'est sur ce pouvoir de la parole et la puissance de ces rencontres ultimes et de ces échanges au bord de la mort que Damien Le Guay veut insister. L'humanité doit avoir le dernier mot.
Et si notre civilisation s'effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant. Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d'auteurs, de scientifiques et d'institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu'elle s'est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d'éviter un tel scénario ?Dans ce livre, Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d'un possible effondrement et proposent un tour d'horizon interdisciplinaire de ce sujet - fort inconfortable - qu'ils nomment la "collapsologie". En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d'entre nous, ce livre redonne de l'intelligibilité aux phénomènes de "crises" que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd'hui, l'utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. L'effondrement est l'horizon de notre génération, c'est le début de son avenir. Qu'y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre...Pablo Servigne est ingénieur agronome et docteur en biologie. Spécialiste des questions d'effondrement, de transition, d'agroécologie et des mécanismes de l'entraide, il est l'auteur de Nourrir l'Europe en temps de crise (Nature & Progrès, 2014).Raphaël Stevens est éco-conseiller. Expert en résilience des systèmes socioécologiques, il est cofondateur du bureau de consultance Greenloop.Postface d'Yves Cochet, ancien ministre de l'Environnement et président de l'Institut Momentum.
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.
Bernard E. Harcourt propose une critique puissante de notre nouvelle transparence virtuelle. Il livre une analyse de ce que les technologies big data font à nos vies, et de la manière dont elles s'y introduisent, et révèle l'ampleur de notre renoncement, volontaire, à la liberté ? jusqu'à l'acceptation de toutes les dérives sécuritaires. Ces atteintes à nos libertés sont flagrantes ; pourtant, nous ne semblons pas nous en soucier.Exploitant notre désir sans fin d'avoir accès à tout, tout le temps, les géants d'Internet dressent un portrait de notre propre intimité, collectent des millions de données sur nos activités, nos centres d'intérêt et nos relations, tandis que les agences de renseignement les croisent aux milliards de communications qu'elles enregistrent chaque jour. Nous continuons cependant, et malgré notre connaissance de l'instrumentalisation de ces données, de publier nos photos de familles, nos humeurs et nos pensées. Nous donnons en caisse, en même temps que notre carte bleue, nos adresses email et postale. D'où vient le sentiment de fatalité à l'égard de cette transgression du public et du privé ?Ce livre montre d'une manière saisissante comment les nouvelles technologies exploitent notre désir illimité d'accéder à tout, tout le temps et sans attendre ? au risque de la surveillance généralisée. Et invite à la désobéissance et à la résistance.Professeur de droit à Columbia University où il dirige le Center for Contemporary Critical Thought, Bernard E. Harcourt est aussi directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et avocat de condamnés à mort dans l'État d'Alabama. Il a établi l'édition des deux cours de Foucault donnés au Collège de France, dont Théories et institutions pénales et La Société punitive. Il est par ailleurs l'auteur, en français, L'illusion de l'ordre.
Résumé : Cette très belle ethnographie, qui se distingue par la qualité de son écriture, est le fruit de six années d'enquête en immersion dans un quartier noir de Philadelphie frappé par les effets conjoints de la misère, de la délinquance et de la politique d'incarcération de masse. Elle reconstitue l'existence précaire des jeunes hommes qui tentent de se soustraire à un harcèlement policier et judiciaire constant et dont l'ensemble des actions et relations, y compris les plus quotidiennes et les plus intimes, sont marquées par l'activité des agents du système pénal et par les pressions qu'ils exercent sur leurs familles et leurs proches. L'ampleur du déploiement policier et des incarcérations dans le secteur de la " 6e Rue " transforme les vies en profondeur, non seulement celle des jeunes hommes qui sont leurs cibles, mais aussi celle de leurs familles, de leurs compagnes et de leurs voisins. Composant avec sensibilité et talent entre récit, notes de terrain et dialogues, Alice Goffman donne à comprendre ce que vit une communauté en fuite à l'heure où, aux Etats-Unis, un jeune Noir sur neuf est en prison contre moins de 2 % des jeunes Blancs. La postface de Didier Fassin, titulaire de la chaire de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study, éclaire la réception très singulière de l'ouvrage aux Etats-Unis, où il a connu un immense succès avant de susciter une intense polémique. Traduit de l'anglais par Sophie Renaut Née en 1982, Alice Goffman a reçu pour la thèse dont est tiré ce livre le Prix de la meilleure thèse de l'American Sociological Association. Elle enseigne à l'Université du Wisconsin. Elle est la fille d'Erving Goffman. On the Run a été publié en 2014.