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LE MYTHE DE SAINT DENIS
LE GALL JEAN-MARIE
CHAMP VALLON
32,00 €
Épuisé
EAN :9782876734616
Au temps des guerres d'Italie (1494-1559), lorsque les rois de France passaient les monts ou que l'ennemi menaçait, le royaume était placé sous la protection de saint Denis. Qui est donc ce saint tutélaire, paré d'un si grand prestige et investi de tant de pouvoir ? Auteur d'une ?uvre philosophique qui séduisit les humanistes, on le disait Athénien, disciple de saint Paul. Il passait aussi pour l'évangélisateur des Gaules, le premier évêque de Paris, où il périt martyrisé à Montmartre, le mont des martyrs. Pourtant, après 1571, la monarchie ne rend plus hommage au " patron du royaume de France " (Guichardin) et, le 25 juillet 1593, la conversion d'Henri IV dans l'abbatiale de Saint-Denis, " lieu de mémoire " de la monarchie, là où reposent trois lignées de rois de France (Mérovingiens, Capétiens, Valois), ne renoue pas le lien multiséculaire entre les rois et Denis. Pourquoi une telle déshérence ? Ce livre examine les raisons de ce détachement entre la monarchie et le saint. Sans doute, la critique historique a-t-elle lézardé, pour la plus grande gloire de la France moderne, l'édifice de la légende médiévale en distinguant trois Denis jusqu'ici confondus en un seul. Mais surtout, la légende dionysienne embarrasse désormais la monarchie absolue qui s'affirme. D'autant que les reliques du saint ont été mobilisées par les ligueurs contre Henri III, le " vilain Herodes ", et Henri IV, " le Béarnais " : la figure de saint Denis nourrit un autre absolu, un catholicisme intégral, hostile au protestantisme, comme à toute solution politique des guerres de Religion. Saint Denis fonde aussi une Eglise hiérarchique, monopolisant le sacré, et porte ombrage à la légende de Clovis, qui fonde la foi et la légitimité millénaire des rois. Ce livre analyse comment la couronne a occulté le culte du saint dans la nécropole de Saint-Denis, par la captation systématique de l'inépuisable sang de France, la célébration de grandes pompes funèbres et l'inhumation de quelques grands capitaines au service du roi de guerre, comme Turenne. Mais ce panthéon dynastique ne peut être panthéon national. L'imaginaire catholique de la Nation a dû élire un autre lieu de mémoire : Montmartre, où fut réédifiée une abbaye au XVIIe siècle et érigé le Sacré-C?ur au XIXe siècle...
Le sujet peut prêter à sourire. Est-ce bien sérieux pour un historien que de traiter de barbes et de moustaches? De nos jours, où la barbe est un indice de fondamentalisme ou d?archaïsme, l?avenir est au glabre. Et pourtant, entre les poilus de la Première Guerre mondiale, les barbudos cubains des années 1960 et les barbus islamistes d?aujourd?hui, notre histoire contemporaine a montré que la barbe était un identificateur social chargé de sens, ce dont Jean-Marie Le Gall est intimement convaincu. C?est aussi vrai, bien entendu, pour l?époque moderne.Si le glabre domine en Europe dans la seconde moitié du XVe siècle, la pilosité faciale devient au début du XVIe un véritable phénomène de mode, né dans les cours princières d?Italie. Les défaites subies par la péninsule ont en effet mis à mal la virilité des Italiens, qui redéfinissent un nouvel idéal masculin et chevaleresque. Un idéal qu?incarnent à la perfection trois jeunes souverains arborant fièrement barbes et moustaches: François Ier, Henri VIII et Charles Quint. Vite adoptée par la noblesse puis par la bourgeoisie, cette prolifération du poil domine sur tous les visages d?Europe pendant plus d?un siècle avant que le lisse ne l?emporte à nouveau à la fin du XVIIe. Symbole des gens de pouvoir et de savoir, elle est à la fois un élément de hiérarchisation sociale, au même titre que les vêtements, et un marqueur religieux qui sépare nettement pasteurs protestants et prêtres catholiques. L?avènement d?un univers plus policé et plus civilisé sonne toutefois le glas de la pilosité faciale. Dès lors, la barbe semble l?expression désuète d?une masculinité arrogante et doit céder la place à la perruque, qui assure aux élites la distinction nécessaire.À la confluence de l?histoire des mentalités, des représentations et du sensible, l?auteur nous convie à un impertinent voyage au pays de cette virilité que les hommes n?ont jamais cessé d?interroger.
Résumé : La Renaissance est accusée de nourrir le roman de la supériorité européenne, technique, culturelle et économique. Elle est également à l'origine des figures contestées de l'Etat et d'une première mondialisation, colonisatrice et impériale. Quant à l'humanisme, il a légué l'élitisme scolaire et un spécisme en faveur de l'homme au détriment de l'animal. Bref, la période illustre toutes les dérives de l'esprit moderne, individualiste et narcissique, dont le transhumanisme serait le dernier avatar. Ce livre expose le bien fondé de certaines critiques, mais aussi les fantasmes qu'elles mobilisent. Il revient notamment sur la genèse du terme, la Renaissance s'opposant au " Moyen Age " inventé au XVIe siècle par des hommes qui voulaient faire renaître l'Antiquité, ainsi que sur le Quattrocento italien, son véritable modèle, et sur les Réformes religieuses qui ont marqué la naissance de la modernité. Tenant compte des critiques, de l'historiographie ancienne et la plus récente, l'ouvrage propose de fixer les principaux traits de la Renaissance que l'on peut retenir aujourd'hui. Non, la Renaissance n'est pas morte, et Jean-Marie Le Gall en retrace ici toute l'histoire.
Résumé : A l'aube du XVIe siècle, la chrétienté occidentale connaît une rupture profonde avec les réformes protestantes qui impliquent une nouvelle façon de croire et de vivre sa foi. Le royaume de France est au c?ur de cet éclatement et son souverain est confronté au choix de tolérer, réunir ou persécuter une minorité religieuse. Cet ouvrage retrace l'histoire religieuse de la France depuis le temps des réformes jusqu'à celui de la Révolution. La partie " Analyse et synthèse " est organisée selon une logique à la fois thématique et chronologique. Le récit des événements est éclairé par une historiographie récente, attentive à la sociologie des acteurs, à l'histoire culturelle et au rôle du politique. L'étudiant trouvera dans la partie " Documents et méthodes " des éléments de commentaire sur diverses pratiques et quelques questions de doctrine. Des fiches thématiques et un glossaire lui permettront de connaître les termes indispensables à la compréhension d'institutions, de croyances et de représentations qui nous sont souvent devenues étrangères.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.