Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le goût de l'Inde
Le Bouëdec Gérard ; Nicolas Brigitte ; Haudrère Ph
PU RENNES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782753507241
A partir du XVII siècle, la réussite maritime des compagnies des Indes conduit a un développement massif des échanges commerciaux entre l'Europe et l'Asie et à de profondes évolutions de leurs sociétés respectives. Complétant les épices et les matières premières des cargaisons initiales, une gamme foisonnante et fascinante de textiles et de produits manufacturés ouvre la voie, à une diversification irréversible des marchés. En démultipliant les possibilités de manifestation du paraître, elle offre aux plus riches les moyens et les décors d'une affirmation de soi sans cesse renouvelée par les plaisirs et les libertés de la mode, sans interdire aux plus pauvres d'accéder aux satisfactions du confort. A tous, elle instille l'art et le besoin de consommer qui les font basculer dans la modernité. Cette soif inextinguible stimule l'augmentation des trafics commerciaux bien au delà des grands rouages des monopoles, mettant à contribution la nébuleuse plus ou moins licite des circuits de distribution du quotidien. Loin de les annihiler, elle vivifie les traditionnels réseaux d'échanges, vecteurs des transferts de technologie, et aiguise l'industrialisation et la délocalisation des productions. L'engouement pour la possession ne fait heureusement pas tout. Sur le terrain, de part et d'autre, lies références évoluent au fil d'une découverte et d'une imprégnation mutuelles, jamais innocentes, mais servies par le regard des esprits les plus aventureux et les plus disponibles de leur temps, quels que soient leurs partis pris religieux, militaires ou commerciaux. S'installer chez l'autre, s'y acclimater pour survivre, prospérer ou imposer, ne peut se dispenser d'un approfondissement des relations basé sur des normes et des outils culturels au service des intérêts communs de la production. Apprendre à le connaître, ne serait ce que pour mieux le convertir, conduit, par la montée en puissance des savoirs, à percer les mystères de son originalité. Remonter aux sources de l'exotisme contribue alors à enraciner scientifiquement ce goût de l'Inde, à la découverte duquel cet ouvrage qui public les travaux du colloque de Lorient de juin 2007, est entièrement dédié.
Haudrère Philippe ; Le Bouëdec Gérard ; Mézin Loui
Résumé : Ce livre sur les Compagnies des Indes constitue une première par son texte original et sa très riche iconographie. Avec le souci de faire comprendre l'organisation et le fonctionnement des compagnies qui avaient le monopole du commerce de l'océan Indien, les auteurs proposent aux lecteurs de découvrir toutes les étapes d'un voyage au long cours, depuis la construction des navires et leur armement à Lorient, la traversée de l'Atlantique et de l'océan Indien vers les comptoirs jusqu'au retour et aux ventes des soies, cotons, thés, cafés, poivres et porcelaines à Nantes puis à Lorient. Ce commerce de l'océan Indien est à l'origine de la fortune de Lorient. Ville-entreprise, à l'avenir incertain, elle vit au rythme des pulsations du commerce colonial, des départs, des retours, des ventes. Véritable sas dans lequel s'engouffrent les gens de mer, les négociants, les marchandises, les millions de livres, elle offre une société originale où la vie culturelle et les formes de sociabilité ont pu s'épanouir.
La question de l'intégration des gens de mer dans la société politique des cités portuaires n'est que trop rarement abordée de façon spécifique. Quel fut leur rôle dans la vie civique? L'ouvrage analyse tout autant les logiques qui expliquent dans certains cas la fermeture des conseils municipaux aux gens de mer que celles qui, au contraire, sont favorables à l'entrée des marchands dans la société politique locale. Il souligne la participation des notables et des aristocrates à la vie maritime et tente de rendre tangible le poids exercé par des puissances extérieures sur la gouvernance municipale. La question de l'intégration des gens de mer dans les instances politiques de leur ville dévoile une pluralité de structures politiques sous-jacentes dont dépendaient les multiples "sociétés politiques" des cités portuaires. Le système bouleutique d'époque impériale, la variété des conseils municipaux d'époque médiévale, l'originalité de l'empire romain d'Orient, la gouvernance des cités portuaires de la France du XVIe au XVIIIe siècle si complexe apparaissent sous un jour neuf lorsqu'on souhaite voir quelle place ont pris les gens de mer et du négoce dans le gouvernement des ports.
L?histoire des compagnies des Indes est et demeure, dans les pays qui en furent dotés, un champ de recherches spécifique qui est souvent resté en marge d?une historiographie des aires culturelles, et en particulier de celle de l?Asie, particulièrement dynamique. Cet ouvrage a une ambition triple. Montrer la réalité de la mondialisation, qui n?est autre qu?une maritimisation du monde, avec "l?histoire des siècles asiatiques" que connut l?Europe entre 1600 et 1800, lorsque celle-ci découvrit et fit commerce de produits asiatiques à grande échelle. Réexaminer le concept de rencontres entre Européens et Asiatiques et prendre conscience que la porte fut parfois seulement entr?ouverte comme en Chine à Canton, voire se referma au Japon quand elle ne fut pas forcée comme en Inde et en Asie du Sud-est. Il n?en demeure pas moins que dans les comptoirs de l?Inde tolérés par les pouvoirs politiques locaux, les petites communautés européennes doivent faire leurs apprentissages de l?Asie et de l?océan Indien pour se mouvoir dans un environnement où les influences culturelles ont marqué leur culture matérielle jusqu?à envisager en ce qui concerne la présence portugaise de parler de communauté luso-indien et de syncrétisme culturel.
Les échanges maritimes entre les pays du " Nord " et l'Europe occidentale ont joué un rôle de premier plan dans l'ensemble du commerce européen depuis l'an mil jusqu'à l'époque contemporaine. Très tôt, le Nord s'est spécialisé dans l'exportation de produits fournis par le travail de la terre et l'exploitation de la forêt à destination des principales puissances européennes. La France s'y approvisionne abondamment : ses chantiers navals ont besoin de bois, de chanvre et de goudron de la Baltique, sa viticulture de bois de tonnellerie de Poméranie, sa pêche de rogue de Norvège, son industrie toilière de graines de lin de Courlande, sa sidérurgie de barres de fer suédois... Lors des crises frumentaires, la ressource polonaise est indispensable pour satisfaire les besoins de sa population. La France constitue une exception en Europe de l'Ouest en exportant plus qu'elle ne reçoit du Nord. Le caractère positif de sa balance commerciale provient des exportations traditionnelles du royaume, sels et vins, et surtout des nouvelles marchandises coloniales. Elle possède ainsi un grand avantage pour organiser un trafic profitable alors que ses concurrents sont généralement obligés d'aller sur lest en Baltique. Or, alors que ces échanges sont en expansion, le pavillon français est absent des mers nordiques et la plupart des transactions passent par l'incontournable intermédiaire hollandais ou par les réseaux négociants étrangers. Les explications sur l'absence des Français dans le Nord sont restées ce qu'elles étaient au XVIIIe siècle. Ce travail essaie d'apporter quelques réponses nouvelles.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.