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Petite sociologie des Gilets jaunes. La contestation en mode post-institutionnel
Le Bart Christian
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753580268
Par son intensité, par ses modes d'expression, le mouvement des Gilets jaunes a pris de court les politiques, les commentateurs, les journalistes. Pour les chercheurs en sciences sociales, il constitue également un défi : qui sont exactement les Gilets jaunes ? Comment rendre compte en termes sociologiques de cette France des "invisibles", des "petits moyens", souvent rurale et péri-urbaine ? Au-delà des motifs d'exaspération mis en avant (taxe sur le carburant dans un premier temps), comment expliquer une telle mobilisation de masse ? De quelles évolutions sociétales le mouvement des Gilets jaunes témoigne-t-il ? La lecture ici proposée privilégie une grille de lecture, celle du déclin des grammaires institutionnelles. La mobilisation des Gilets jaunes naît à l'écart des syndicats et des partis politiques, elle inscrit la défiance à l'égard des institutions au coeur de son discours. Le mouvement refuse de se doter de représentants, de porte-parole, de leaders. Il défie volontiers les médias institutionnels. Et surtout, il défie le politique en interpellant le chef d'Etat personnellement. Mais ce faisant, ne reproduit-il pas la grammaire individualisée dont Emmanuel Macron a usé tout au long de sa carrière politique ? Chacun à sa façon, le président et le mouvement des Gilets jaunes témoignent de la tendance contemporaine à récuser les grandeurs institutionnelles au profit d'une conception individualisée du social, dont les mots d'ordre sont désormais l'authenticité, la transparence, l'injonction à être soi-même.
Résumé : Le système politique français a longtemps fait preuve d'une redoutable stabilité : solidité des partis politiques institutionnalisés, professionnalisation des élus, sacralité des sommets de l'Etat et des activités gouvernementales... La politique, tout à la fois activité valorisée et monde à part, surplombait la société. Nous n'en sommes plus là. Les partis sont devenus des "mouvements" construits sur la seule adhésion à une personnalité ; les militants sont invités à céder leur place à l'habitant (démocratie participative) ou au sympathisant (primaire ouverte). Les professionnels de la politique font profil bas : les cumulants dénoncent le cumul, les énarques dénoncent l'ENA. Les institutions, d'une façon générale, sont malmenées au profit d'une grammaire médiatique qui privilégie les individus au détriment des rôles, l'authenticité au détriment de la loyauté. C'est ce basculement, dont la crise des Gilets jaunes a été l'un des symptômes les plus évidents, que Christian Le Bart analyse ici. Une politique à l'envers, en quelque sorte.
La mort de Johnny Hallyday, le 6 décembre 2017, a suscité en France une émotion considérable. Les médias ont consacré le chanteur disparu comme une icône nationale, tandis que le président de la République honorait de sa présence une cérémonie que certains n'ont pas hésité à comparer aux funérailles de Victor Hugo. La presse, pourtant, n'a pas toujours été tendre avec l'ancienne "idole des jeunes", moquant volontiers son incapacité à composer lui-même ses chansons, son absence d'audience à l'étranger, ses amitiés politiques... En s'appuyant sur l'analyse de nombreux articles, l'auteur montre comment l'image du chanteur s'est retournée au fil du temps. Du mépris distingué pour un pseudo-rebelle kitsch à l'adoubement intellectuel d'un artiste désigné comme "authentique", comment "Johnny" est-il finalement devenu un symbole hexagonal ? Comment est-il parvenu, par-delà son oeuvre - et peut-être malgré elle -, à fédérer au-delà d'une génération (la jeunesse des années 1960) et d'une classe sociale (les milieux populaires) ?
Thèses, articles, livres... tous les chercheurs en sciences humaines et sociales consacrent une partie de leur temps à écrire. Ce dénominateur commun masque à l'évidence une grande diversité quant aux pratiques d'écriture. En invitant les chercheurs à dire leur rapport à l'écriture, et même à raconter leurs expériences (heureuses ou douloureuses), ce second volet de la collection " Métier de chercheur·e " entend interroger frontalement une pratique trop peu souvent mise en discussion dans l'espace académique.
A quelles conditions dit-on d'une personnalité politique qu'elle est (ou non) "présidentiable" ? Convoquée quotidiennement au fi l des campagnes présidentielles, la catégorie s'est imposée sur le mode de l'évidence. Privée de consistance juridique, elle mérite pourtant examen. Pourquoi donc certains seraient-ils a priori jugés plus aptes que d'autres pour exercer cette fonction ? Leur faut-il être jupitériens ou proches ? Avoir de l'expérience politique ou venir de l'extérieur ? Et pourquoi la présidentiabilité n'est-elle pas octroyée aux femmes dans les mêmes conditions qu'elle l'est aux hommes ? Autre question, tout aussi fondamentale : qui donc pour décréter et discuter la présidentiabilité ? Les partis politiques qui choisissent leur candidat ? Les notables qui acceptent ou non de parrainer ? Les médias ? L'opinion publique ? La démocratie postule l'égalité entre électeurs et l'égalité entre candidats ; mais garantit-elle l'égalité dans l'accès à la présidentiabilité ?
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?