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Archives de sciences sociales des religions - Hors-série - R
Lassave Pierre
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713228223
Ce livre retrace l'itinéraire intellectuel des cinq " fondateurs " du Groupe de socio¬logie des religions et de la revue Archives de sociologie des religions, née en 1956 et devenue en 1973 Archives de sciences sociales des religions. Deux d'entre eux, Henri Desroche et Emile Poulat, sont d'anciens prêtres que la crise de la mission ouvrière conduisit à rompre avec leurs engagements ecclésiastiques ; deux autres, Jacques Maître et François-André Isambert, participèrent à la Résistance avant de militer aux côtés du progressisme chrétien ; enfin, Jean Séguy, qui les rejoignit en 1960, avait dû renoncer quelques années auparavant à une formation de jésuite sur l'injonction de ses supérieurs. Tous ont participé à la naissance d'une tradition française de sociologie des religions, délibérément comparative, internationale et dégagée de toute préoccupation confessionnelle. Leur histoire croise celle de la sociologie en France, de sa " seconde naissance " au lendemain de la Libération à sa spécialisation, dans un contexte marqué par l'essor du CNRS et de la VIe section de l'Ecole pratique des hautes études, créée en 1948 et qui deviendra en 1975 l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Issues de quatre années de travail collectif, fondées notamment sur le dépouil¬lement des archives personnelles des fondateurs du GSR, ces cinq biographies inédites éclairent d'un jour nouveau l'histoire intellectuelle de la France des Trente Glorieuses.
Pierre Lassave, directeur de recherche émérite au Centre d’études en sciences sociales du religieux (CNRS-EHESS), est l’auteur de diverses explorations de milieux intellectuels et savants contemporains : Les sociologues et la recherche urbaine dans la France contemporaine (Presses universitaires du Mirail, 1997) ; Sciences sociales et littérature (PUF, 2002) ; L’appel du texte. Sociologie du savoir bibliste (Presses universitaires de Rennes, 2011).
Depuis quelques années en France, le regain d'intérêt pour les sources de notre civilisation appelle de nouvelles traductions de la Bible. L'avancée des connaissances historiques, archéologiques et linguistiques vient alors faire alliance avec la poétique contemporaine. La " Bible Nouvelle Traduction ", fruit d'un travail de longue haleine qui a associé une trentaine d'exégètes professionnels à une vingtaine d'écrivains de renom, est ainsi rapidement devenue en 2001 un best-seller à la croisée des champs littéraire, scientifique et religieux. Il en est ici rendu compte sous trois angles : les textes mêmes, par l'analyse critique et comparative entre cette nouvelle traduction et ses concurrentes ; les instances éditoriales et médiatiques en jeu, du projet à sa réalisation et à sa réception ; les traducteurs, biblistes d'un côté, écrivains de l'autre : deux milieux aux références et aux trajectoires distinctes qui ont appris à se connaître. Au fil de l'enquête, les ressources respectives de la critique littéraire, de la sociologie et de l'ethnographie se complètent pour actualiser l'histoire de la rencontre, longtemps différée, entre la littérature française et l'héritage biblique. Où la mise à jour des performances de la traduction et des ambivalences de sa réception montre comment dans une société plurielle l'enchevêtrement de raisons différentes construit l'événement.
La religion est un objet classique de la sociologie. Son étude est pourtant devenue, après les années 1950, une spécialité secondaire, marquée par des liens aussi étroits que tendus avec l'histoire et l'anthropologie culturelle. Comment ce domaine de recherche s'est-il constitué en communauté de savoir, des premières découvertes de Durkheim ou de Weber aux enquêtes récentes sur la sécularisation et la globalisation du monde ? Cette enquête nous conduit d'abord au coeur des institutions de la recherche, au fil des histoires nationales et de la vie des laboratoires, avant de découvrir les parcours individuels de chercheurs d'hier et d'aujourd'hui. Elle explore ensuite les transmissions et les différends, allant des dictionnaires et des manuels aux controverses publiques et aux querelles intimes. Pierre Lassave brosse enfin le portrait paradoxal d'un milieu savant qui résiste au temps malgré des obstacles épistémiques, académiques et politiques récurrents. Ce livre constitue ainsi une introduction stimulante à l'étude du religieux contemporain dont la nature varie suivant le contexte et le point de vue.
Ce bulletin bibliographique réunit plus d'une centaine de recensions d'ouvrages pour l'année 2011. Il fait appel aux principales disciplines de connaissance des faits religieux, telles que la sociologie, l'histoire, l'ethnologie ou la philosophie. Les multiples religions du monde sont appréhendées dans divers moments et contextes en même temps que les systèmes d'idées et d'usages avec lesquelles elles composent ou s'affrontent dans l'espace public. Outre les comptes rendus, plusieurs notes critiques reviennent sur la production du savoir : le sens des mots-clés d'hier et d'aujourd'hui dans les dictionnaires savants sur les phénomènes religieux ; les anthropologues et la religion en France et dans le monde ; l'histoire et la sociologie des mouvements messianiques et millénaristes ; les raisons de l'effervescence pentecôtiste au Nigeria ; les enjeux de l'engagement congréganiste dans l'éducation italienne du XIXe siècle.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.