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Archives de sciences sociales des religions N° 156, Octobre-décembre 2011 : Bulletin bibliographique
Lassave Pierre
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713223273
Ce bulletin bibliographique réunit plus d'une centaine de recensions d'ouvrages pour l'année 2011. Il fait appel aux principales disciplines de connaissance des faits religieux, telles que la sociologie, l'histoire, l'ethnologie ou la philosophie. Les multiples religions du monde sont appréhendées dans divers moments et contextes en même temps que les systèmes d'idées et d'usages avec lesquelles elles composent ou s'affrontent dans l'espace public. Outre les comptes rendus, plusieurs notes critiques reviennent sur la production du savoir : le sens des mots-clés d'hier et d'aujourd'hui dans les dictionnaires savants sur les phénomènes religieux ; les anthropologues et la religion en France et dans le monde ; l'histoire et la sociologie des mouvements messianiques et millénaristes ; les raisons de l'effervescence pentecôtiste au Nigeria ; les enjeux de l'engagement congréganiste dans l'éducation italienne du XIXe siècle.
Résumé : Depuis plusieurs années, les historiens célèbrent le retour du récit, les anthropologues reconnaissent l'écrivain derrière l'ethnologue et certains sociologues voient en Proust un des leurs. N'est-il pas temps d'analyser la question des rapports entre sciences sociales et littérature ? Mariant l'épistémologie des disciplines avec la critique littéraire, l'exploration de ces rapports suit ici plusieurs pistes d'abord les images de la ville moderne construites par le roman et la sociologie ; ensuite les itinéraires d'auteurs, en particulier ceux de l'historien Louis Chevalier, de l'écrivain-ethnologue Michel Leiris et du sociologue-écrivain Jean Duvignaud ; enfin les liens entre mythe, science et roman, lisibles à travers les figures emblématiques de Jeanne d'Arc pour l'histoire, du Bon Sauvage pour l'ethnologie et des Misérables pour la sociologie. Ces analyses comparées donnent notamment à voir trois états relationnels qui s'imbriquent au fil du temps la concurrence entre la science positive et le roman réaliste au XIXe siècle ; la complémentarité de regard entre l'invention littéraire et les divisions disciplinaires au cours du XXe siècle ; les interférences croissantes entre sciences sociales et littérature aujourd'hui. Il ne s'agit là nullement d'une évolution qui tend vers la confusion. Tout se passe comme si emprunts réciproques et chassés-croisés avaient prospéré sur la différence des régimes d'écriture et des voies de connaissance.
Ce livre retrace l'itinéraire intellectuel des cinq " fondateurs " du Groupe de socio¬logie des religions et de la revue Archives de sociologie des religions, née en 1956 et devenue en 1973 Archives de sciences sociales des religions. Deux d'entre eux, Henri Desroche et Emile Poulat, sont d'anciens prêtres que la crise de la mission ouvrière conduisit à rompre avec leurs engagements ecclésiastiques ; deux autres, Jacques Maître et François-André Isambert, participèrent à la Résistance avant de militer aux côtés du progressisme chrétien ; enfin, Jean Séguy, qui les rejoignit en 1960, avait dû renoncer quelques années auparavant à une formation de jésuite sur l'injonction de ses supérieurs. Tous ont participé à la naissance d'une tradition française de sociologie des religions, délibérément comparative, internationale et dégagée de toute préoccupation confessionnelle. Leur histoire croise celle de la sociologie en France, de sa " seconde naissance " au lendemain de la Libération à sa spécialisation, dans un contexte marqué par l'essor du CNRS et de la VIe section de l'Ecole pratique des hautes études, créée en 1948 et qui deviendra en 1975 l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Issues de quatre années de travail collectif, fondées notamment sur le dépouil¬lement des archives personnelles des fondateurs du GSR, ces cinq biographies inédites éclairent d'un jour nouveau l'histoire intellectuelle de la France des Trente Glorieuses.
Fabre Pierre-Antoine ; Lassave Pierre ; Luca Natha
Le Bulletin bibliographique réunit les comptes rendus et notes critiques produits au cours de l'année écoulée. Les comptes rendus sont parallèlement disponibles en accès libre sur le site Revues.org, selon un rythme semestriel de mise en ligne, en juin et en décembre. Cette nouvelle formule associe l'électronique au papier, fidèlement à l'esprit initial du Bulletin bibliographique : se faire l'écho permanent des interrogations et des avancées de la recherche, en France et dans le monde, dans le domaine des sciences sociales des religions.
Les migrations géographiques, la mobilité résidentielle et la mobilité quotidienne sont devenues des " questions de société " : les instances sociales, économiques et politiques sont concernées simultanément. Les consommations et les pollutions provoquées par la mobilité individuelle intéressent le développement collectif durable. Ce livre présente une étude approfondie sur le " droit au déplacement ", les questions qu'il soulève, les innovations de gestion qu'il appelle, etc
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.