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Chroniques des temps déraisonnables
Laroui Fouad
ZELLIGE
16,13 €
Épuisé
EAN :9782914773003
Fouad Laroui a fait irruption dans le paysage littéraire en 1996 avec un premier roman audacieux et percutant. Un ton nouveau était donné pour dénoncer le despotisme, la corruption, le mensonge à l'échelle d'un jeune marocain issu d'un milieu modeste, étudiant brillant, essayant simplement "d'exister" dans son pays. Avec ce choix de chroniques parues dans "Jeune Afrique / L'Intelligent, depuis 1997, le talent de Fouad Laroui atteint une nouvelle dimension, celle de la satire et du pamphlet, commentant les évènements qui ont secoué le monde de la fin du deuxième millénaire à aujourd'hui. Avec son regard souvent ironique, parfois consterné, et son abus bien salutaire de la liberté de s'exprimer contre la bêtise. Né à Oujda, au Maroc, en 1958, Fouad Laroui enseigne actuellement l'économie à l'Université d'Amsterdam. il est l'auteur de cinq romans,"Les dents du topographe"(Prix Albert Camus-Découverte),"De quel amour blessés "Méfiez-vous des parachutistes" "Le Maboul" et dernièrement "La fin tragique de Phellogène Tralala," tous parus chez Julliard.
Y a-t-il une littérature de l'exil, une littérature de l'émigration, du grand départ, des arrivées incertaines ? Si oui, quelle en est la définition, quelles en sont les caractéristiques, les "constantes" ? Je n'ai pas de théorie d'ensemble, je ne prétends pas forger des concepts. En rassemblant les textes qui suivent, j'ai surtout voulu montrer des perspectives personnelles, excentriques, confronter des points de vue différents, parfois contradictoires, et qui partent tous de ce qui pourrait être l'incipit commun de cette littérature : "Quelqu'un s'en va..." ; ou bien, vu en miroir : "Quelqu'un arrive...". Tout cela dessine les contours de ce qui nous fait tous frères d'aventure : la condition humaine. Tous ces livres lus ou relus, médités, dont j'ai essayé de tirer la substantifique moelle, de qui nous parlent-ils, finalement ? De nous. Nous sommes tous des migrants qui nous tendons les uns les autres un miroir, le long d'un chemin...
Les Maghrébins se trouvent confrontés, dès leur petite enfance, à plusieurs langues: la langue maternelle, d'abord, qui peut être l'arabe dialectal ou une des variantes du tamazight (berbère), ou le français, dans le cas d'enfants de couples mixtes. Il y a ensuite les langues de l'enseignement, dès les premières années du primaire. C'est le plus souvent l'arabe classique/ littéraire. mais ce peut être aussi le français ou même, depuis quelques années, l'anglais. Au gré des réformes et contre-réformes qui se succèdent, certaines matières scientifiques sont enseignées en français... on non. Cette diversité linguistique représente un défi redoutable. Les graves problèmes que rencontre l'enseignement au Maghreb depuis des décennies sont en grande partie causés par cet état de fait. Il ne fait donc aucun doute que la question linguistique est fondamentale dans ces pays. On ne peut faire de prévisions sur leur évolution générale sans essayer d'imaginer comment cette question-là va évoluer. En effet, elle s'insinue partout, dans tous les domaines de la vie du pays. dans l'économique. le social, le politique, le culturel. Il est donc illusoire de prétendre faire de la prospective générale sans la prendre en considération. Encore faut-il le faire sans a priori idéologique, sans préjugés ni tabous, et sans que la raison ne le cède aux "raisons du coeur". C'est ce que fait ici Fouad Laroui, en prenant comme exemple le cas du Maroc.
Résumé : Au-delà du cliché du savant fou, il semble qu'il y ait un vrai problème d'équilibre mental chez les plus grands mathématiciens. Le Russe Perelman, le Français Grothendieck, l'Allemand Cantor et l'Autrichien Gödel en sont des exemples frappants. A l'issue d'une étude minutieuse, Fouad Laroui distingue trois formes de folie chez les mathématiciens, qui toutes trois lient Dieu à leur discipline : il s'agit de se mesurer à lui dans une quête de l'infini, de voir sa Face dans la vérité absolue, ou de le dépasser dans un formalisme débridé et sans limites. Mais le chemin de Dieu passe-t-il par l'intelligence et le calcul ? La vérité du monde est-elle atteignable ? Une telle quête, si exaltante soit-elle, n'est-elle pas une forme de démesure qui appelle la punition ? Phobies, névroses et psychoses, troubles divers s'ensuivent, que la haute voltige intellectuelle crée ou renforce... Dans cette courte mais brillante incursion dans l'histoire et la philosophie des mathématiques, Fouad Laroui met en scène des personnalités étonnantes aux destins fulgurants, parfois tragiques, toujours passionnants.
Résumé : Eclectique et foisonnante, la scène artistique marocaine d'aujourd'hui est l'une des plus actives du Maghreb et du continent africain, reconnue tant à l'intérieur de ses frontières qu'à l'international. Les soixante artistes réunis dans ce beau livre sont le reflet de l'identité plurielle du Maroc et de sa vitalité créatrice. Figures pionnières, icônes incontournables et jeunes créateurs questionnent leur univers intérieur autant que les problématiques d'un monde en pleine mutation, repoussant toujours plus loin les expérimentations plastiques. Une dynamique également nourrie par les collectifs d'artistes, réunis ici pour la première fois. Grâce à l'éclairage de l'écrivain Fouad Laroui, lauréat du prix Goncourt de la nouvelle en 2013, l'on suit autant de chemins lumineux qui, selon ses mots, ne donnent pas seulement à voir ou ressentir, mais "donnent à vivre" aussi.
Ne le dites à personne, je suis encore puceau à dix-neuf ans. A Paris ce serait un scandale, ici c'est une vocation." Après la guerre d'indépendance, la guerre des sens. Dans une Algérie qui balbutie sa liberté, Salim cherche et se cherche. Brûlant de désir, il va d'expériences en déceptions à la poursuite de celle qui lui prendra la main et qu'il imagine métissée franco-algéro-suédoise, aimant le cinéma et parlant les langues du monde. Militant au syndicat des étudiants, il écrit des articles sur l'ennui de la jeunesse et le féminisme. Dans sa frénésie d'activisme, il croisera la route de Ben Bella, Boumediene ou même Che Guevara. Mais dans sa quête amoureuse, Salim commence à désespérer : aucune jeune fille pour étancher sa soif du féminin. Soudain, lors d'un voyage en Tunisie surgit Nina : pas une beauté hollywoodienne, mais dotée d'un magnétisme flamboyant et d'une vive propension à la dérision. Salim est envoûté et Nina touchée par l'innocence de Salim - vite affublé du surnom de Candido. Leur amour sera rattrapé par la marche de l'Histoire et Nina obligée de fuir en France avec ses parents. Quelques années plus tard, Salim rejoint Paris pour y poursuivre ses études. Le souvenir de Nina le hante toujours, mais pour seule piste, il ne dispose que d'un mystérieux numéro de téléphone...
Lotus, née d'une mère qui se livrait à la prostitution et d'un père inconnu, voue une haine farouche aux hommes. "Parce qu'ils m'ont volé ma mère, ils sont mes pires ennemis." Fréquentant bars et boîtes de nuit elle aguiche ceux qui la courtisent, pour mieux les repousser. Parmi eux, le seul à l'aimer d'un authentique amour : Georges Caprou, l'un des leaders de l'opposition au régime qui étouffe Haïti. Au contact de cet homme, Lotus finit par ouvrir les yeux sur la misère du peuple. Elle renonce à sa vie dissolue de petite bourgeoise, pour aider les plus pauvres de son quartier, avec le soutien du vieux Charles, son voisin et unique ami. Entre Lotus et Caprou naît une relation tumultueuse, soudée par la lutte révolutionnaire à laquelle Lotus s'est jointe. Les émeutes qu'ils fomentent conduisent au renversement du gouvernement, mais à l'enthousiasme succède le désenchantement : ils ont ouvert la boîte de Pandore, à peine libéré de ses oppresseurs le peuple renoue avec ses vieux démons, l'antagonisme entre noirs et mulâtres. Traqués par la police, Lotus et Caprou partent se cacher dans la montagne. Saluons la prescience dont Marie Vieux-Chauvet a fait preuve dans ce roman écrit en 1954 - et indisponible depuis -, trois ans avant que le sanguinaire Duvalier ne s'empare du pouvoir en s'appuyant sur la rivalité entre noirs et mulâtres.
1971. Marie Vieux-Chauvet est exilée à New York, menacée de mort dans son pays après la parution de son chef-d'oeuvre, Amour, Colère et Folie, publié chez Gallimard à l'instigation de Simone de Beauvoir et qui a provoqué la fureur du tyrannique Duvalier. Peu avant de mourir, elle trouvera la force d'écrire Les Rapaces, impitoyable réquisitoire contre le régime qui fait régner la terreur en Haïti. Dans ce roman, le dictateur, entouré de ministres à sa botte, incite la population à donner son sang pour quelques sous avant de le revendre bien plus cher aux Américains. Il n'hésite pas non plus à vendre des cadavres pour leurs expériences. Et plus il y a de cadavres, plus l'argent rentre. La police a donc carte blanche... Quelques-uns tentent de résister, tel Michel, qui écrit un livre devant servir de base à l'action révolutionnaire. Las, il est dénoncé. Sa maison abandonnée devient le refuge d'Alcindor et de sa pauvre famille. Pour leur malheur, Michel y a caché son manuscrit, que la police veut récupérer. Alcindor croit alors naïvement pouvoir sauver les siens grâce à Poleus, son frère perdu de vue, devenu l'un des chefs de la gendarmerie. En même temps, l'un des ministres en cour se tord d'inquiétude. Sa fille, Anne, a disparu. Son enquête le ramènera fortuitement au manuscrit tant recherché. Le lien se fera entre Michel l'écrivain, Alcindor et Anne. La découverte de la vérité lui ouvrira les yeux. Il sait alors ce qu'il lui reste à faire...