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Enfers et délices à la Renaissance
Laroque François ; Lessay Franck
SORBONNE PSN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782878542950
Les puissances d'en bas sont dangereuses à proportion de leur force d'attraction. Les lieux que le diable fréquente apportent délassements et distractions en tous genres mais les lumières éblouissantes de la fête cachent aussi d'insondables ténèbres. Marie Stuart constitue, à cet égard, la parfaite incarnation d'une royauté vouée à la diabolisation. Telle qu'elle est décrite par ses adversaires, la " Vénus écossaise " incarne le double visage de la douceur et du péché, tandis que la Vénus ironique mise en, scène par Chaucer n'est plus garante des seules délices : elle ouvre aussi les portes de l'enfer et de l'amour tourné en dérision. Marlowe affirmera avec panache le paradoxe d'une tyrannie délicieuse, celle de la fureur héroïque de Tamerlan. Mais c'est avec le docteur Faust, qui choisit la magie et l'utopie de sa libido sciendi qu'il montre comment les délices de départ se changent en enfer. Qu'il s'agisse de Marie Stuart ou de la duchesse de Malfi, de la Vénus antique revue et corrigée par Chaucer ou encore de la Jeanne d'Arc de Shakespeare, les délices comme les enfers sont souvent incarnés par les figures du féminin dans l'Angleterre de la Renaissance. Marlowe reste l'exception avec cette nouvelle figure du tragique qu'est l'ambitieux foudroyé, personnage aussi flamboyant qu'autodestructeur, ambigu, imprévisible, et donc éminemment moderne.
Henry V est certainement l'une des pièces de Shakespeare les plus méconnues et les moins jouées en France, contrairement à ce qui se passe à l'étranger. La victoire martiale en terre de France sacralise le règne d'un héros combattant qui, après les dissipations calculées de sa folle jeunesse, reprend ainsi le flambeau de son grand-père Edward III dans une conquête qui remplace le pèlerinage / croisade à Jérusalem promis par son père le roi Henry IV, et qu'il n'effectuera jamais. La campagne de France, que l'archevêque de Canterbury légitime à l'aide d'un long discours au début de la pièce est pour le jeune roi l'occasion d'appliquer le conseil que lui a donné son père sur son lit de mort à la fin de la seconde partie d'Henry IV : "[...] my Harry, / Be it thy course to busy giddy minds / With foreign quarrels, that action hence borne out / May waste the memory of former days" (4.3.340-43). Il s'agit essentiellement de laver la souillure qu'a laissé sur le trône la déposition et la mort de son cousin Richard II et de détourner l'attention du peuple des affaires intérieures du pays. Le discours shakespearien est, ici comme ailleurs, tissé de nombreuses ambiguïtés et les diverses contradictions entre les images flamboyantes renvoyées par le Choeur et des personnages comme Canterbury, d'un côté, et celles qui, de l'autre, relèvent aussi bien des horreurs et des misères de la guerre comme autant de contrepoints comiques et carnavalesques et font entrevoir certains aspects moins reluisants du personnage. Le lyrisme et l'héroïsme, l'alternance de vers souvent somptueux et d'une prose truculente, réaliste et gaillarde, ne représentent que quelques-unes des facettes plurielles d'une oeuvre complexe qui donne généralement lieu à des interprétations divergentes, pour ne pas dire conflictuelles. Les quatorze articles de ce volume collectif jettent un éclairage nouveau sur une pièce dont ils démontent les rouages à la fois savants et cocasses, au sein des quatre grandes parties qui constituent l'architecture générale de l'ouvrage, le contexte historique et philosophique, les éclairages critiques et les mises en scène au théâtre et à l'écran.
Génie universel, qui traverse le temps, Shakespeare est pourtant indissociable de son époque, la Renaissance anglaise, brillant spectacle dont le souverain est le centre et la raison d'être. Professionnel de la scène, maître d'oeuvre accompli, il reflète avec brio la comédie humaine qui se joue partout autour de lui. En historien autant qu'en analyste du théâtre, François Laroque présente le monde de bruit et de fureur des tragédies, Hamlet, Othello, le Roi Lear, Macbeth, le monde de charme et de fantaisie des comédies, Comme il vous plaira.
Résumé : Les auteurs ont souhaité présenter la littérature anglaise du XVIè au XXè siècle dans sa continuité, en espérant favoriser la rencontre avec des écrivains qui ont contribué à nourrir la culture anglo-saxonne et plus généralement l'imaginaire européen. Cette anthologie vise tout d'abord à faciliter le contact que les étudiants de l'enseignement supérieur et des classes préparatoires se doivent de nouer avec un certain nombre de grands textes qui apparaissent le plus souvent sous forme d'extraits, comme le veut toute anthologie, mais qui sont aussi parfois reproduits in extenso, comme la Tempête de Shakespeare. Les chapeaux d'introduction permettront de se faire une idée des grandes tendances et de l'évolution générale de la littérature anglaise. Les étudiants désireux de trouver des analyses plus approfondies pourront se référer à l'Histoire de la littérature anglaise parue dans la même collection et conçue comme le complément naturel, voire indispensable, au présent volume. L'un des risques des études supérieures est la parcellisation des connaissances. Aussi convient-il d'aider les étudiants à bien centrer les acquisitions initiales pour qu'ils disposent du bagage indispensable à la préparation des concours de l'enseignement ou des Grandes Ecoles. Malgré son choix d'éviter les modes, cette anthologie ne se veut nullement austère. Il s'agit, encore une fois, de donner la parole aux textes, de les laisser respirer et de créer les conditions d'une lecture qui permette de conjuguer savoir et plaisir.
À la Renaissance, les inventions techniques comme la boussole, les lunettes ou l'imprimerie, mais aussi les cabinets de curiosité, les monstres, les merveilles ou les grotesques fascinent les esprits. Les amateurs de surprise et de nouveauté se recrutent aussi bien parmi les souverains et leur cour que parmi les lettrés, les humanistes, ou dans le peuple épris de fêtes et de spectacles. Les récits de voyages, les jardins, les réalisations architecturales qui se multiplient alors donnent l'impression d'un foisonnement de choses inédites, voire insolites, où l'innovation, mais aussi l'exagération, ont leur part. Avec Shakespeare, Ben Jonson et bien d'autres, la scène élisabéthaine va s'efforcer de répondre à ce goût grandissant pour la nouveauté, dont elle donne parfois une image grinçante et satirique. Au XXe siècle, après la remise en cause du drame bourgeois par Antonin Artaud qui redécouvre en France le théâtre élisabéthain, les mises en scène audacieuses de Patrice Chéreau (Hamlet) ou de Peter Sellars (Le Marchand de Venise) font apparaître la nouveauté de ces textes. Les différents parcours proposés dans ce recueil sont à lire comme autant d'invitations à voir ailleurs ou autrement, à s'ouvrir à ce qui apparaît bien comme autant d'expériences et d'esthétiques de la nouveauté. Ce terme parfois décrié à la Renaissance prend donc ici tout son sens et ouvre clairement la voie vers la modernité.
Au regard de la disparité persistante entre l'Ouest et l'Est du pays en Allemagne, le domaine dit "alternatif" est un terrain d'étude privilégié pour comprendre la contre-culture depuis l'unification allemande de 1990. Celle-ci a-t-elle permis la conservation de deux héritages différents ? Comment le processus de rapprochement de mouvements anti-systémiques issus de deux systèmes politiques et sociaux différents s'est-il déroulé ? La culture alternative a-t-elle évité en son sein l'écueil de la reproduction de rapports de domination qui sont manifestement à l'oeuvre au niveau fédéral ? Issue de nombreux voyages et rencontres, cette étude se propose de chercher une réponse à ces questions à travers le milieu identifiable, stable sur une certaine durée, des " communautés alternatives " implantées en milieu rural. L'analyse s'appuie d'une part sur une attention particulière au milieu, à la langue et au contexte culturel, d'autre part sur les méthodes empruntées aux sciences sociales, en particulier à l'analyse historique des mouvements sociaux, à l'histoire orale, aux entretiens qualitatifs et à l'observation participante. Anne-Marie Pailhès est maître de conférences à l'Université Paris Nanterre, habilitée à diriger des recherches en Etudes germaniques. Elle est l'auteur de nombreuses publications sur la RDA et l'Allemagne de l'Est depuis 1990.
Bien que la question féminine soit un thème actuellement très débattu dans divers domaines scientifiques, Marginalités au féminin dans le monde lusophone est le premier ouvrage publié en France entièrement consacré à la question de la marginalité de la femme dans les différents pays de langue portugaise à divers moments de leur histoire. Ce volume réunit vingt-trois études d'universitaires renommés, français et étrangers, et couvre les domaines de la littérature, des sciences humaines et sociales ainsi que des beaux-arts sur une période qui s'étend du XVIe au XXIe siècles. Visant un vaste lectorat, pas uniquement universitaire, Marginalités au féminin dans le monde lusophone a été élaboré sous la direction de Maria Cristina Pais Simon.
Linguistique anglaise et oralité : vers une approche intégrée émane du travail collectif du réseau informel OSLiA (Oral spontané et linguistique anglaise). L'ouvrage fédère les approches de linguistes oralistes animés par un même questionnement : selon quelles modalités appréhender l'oral pour l'analyser ? Ce n'est pas un intérêt pour le matériau sonore analysé pour lui-même (réalisations phonétiques fines) qui rassemble les auteurs, mais plutôt une réflexion sur la composante phonique comme partie intégrante de la construction du sens et de la structuration du discours en oral spontané. L'ouvrage s'inscrit tout d'abord dans une filiation méthodologique issue de la linguistique énonciative. Dans un second temps, il rend compte de la structuration et de l'agencement discursifs à l'oral comme enjeux pour faire sens du flot continu de la langue. Enfin, l'ouvrage met en lumière l'interface entre construction du sens et prosodie.
Le rapport que l'écrivain établit avec le monde est l'axe principal des études de ce volume consacré à des auteurs hispano-américains parmi les plus célèbres des dernières années du XIXe siècle et du XXe siècle. L'essai, la poésie et surtout le roman déploient un imaginaire d'une richesse exceptionnelle, que les études de ce volume analysent, tout en les reliant à la vision et à l'engagement personnel de chaque écrivain. L'histoire hispano-américaine, dans les essais de Manuel González Prada aussi bien que dans la poésie de Rubén Darío, revendique une volonté de destin. L'imaginaire de la culture hispano-américaine est abordé à travers le roman, au Mexique avec Carlos Fuentes, au Nicaragua avec Gioconda Belli et au Pérou, avec Isaac Goldemberg et les romans de Mario Vargas Llosa. La satire de la société au milieu du XXe siècle s'accompagne d'implications sociales et politiques magnifiquement servies par l'art d'écrire de chacun des auteurs. Des exemples sont donnés de la féconde tradition poétique et musicale des peuples sud-américains.