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Esthétiques de la nouveauté à la Renaissance
Laroque François ; Lessay Franck
SORBONNE PSN
18,30 €
Épuisé
EAN :9782878542394
À la Renaissance, les inventions techniques comme la boussole, les lunettes ou l'imprimerie, mais aussi les cabinets de curiosité, les monstres, les merveilles ou les grotesques fascinent les esprits. Les amateurs de surprise et de nouveauté se recrutent aussi bien parmi les souverains et leur cour que parmi les lettrés, les humanistes, ou dans le peuple épris de fêtes et de spectacles. Les récits de voyages, les jardins, les réalisations architecturales qui se multiplient alors donnent l'impression d'un foisonnement de choses inédites, voire insolites, où l'innovation, mais aussi l'exagération, ont leur part. Avec Shakespeare, Ben Jonson et bien d'autres, la scène élisabéthaine va s'efforcer de répondre à ce goût grandissant pour la nouveauté, dont elle donne parfois une image grinçante et satirique. Au XXe siècle, après la remise en cause du drame bourgeois par Antonin Artaud qui redécouvre en France le théâtre élisabéthain, les mises en scène audacieuses de Patrice Chéreau (Hamlet) ou de Peter Sellars (Le Marchand de Venise) font apparaître la nouveauté de ces textes. Les différents parcours proposés dans ce recueil sont à lire comme autant d'invitations à voir ailleurs ou autrement, à s'ouvrir à ce qui apparaît bien comme autant d'expériences et d'esthétiques de la nouveauté. Ce terme parfois décrié à la Renaissance prend donc ici tout son sens et ouvre clairement la voie vers la modernité.
Le mot " Renaissance " est une source intarissable de malentendus. Il suggère, tout à la fois, une ère nouvelle et le rétablissement d'une situation antérieure, la métamorphose et le retour du même. De là découlent des ambiguïtés que rien ne souligne mieux que les multiples façons dont l'époque qui a reçu ce nom réagit à l'idée même de la nouveauté. On serait tenté de croire qu'elle lui fit bon accueil. Il semble qu'il n'en fut rien. Placée par une longue et prestigieuse historiographie sous le signe de la découverte, la Renaissance fut plutôt vécue comme redécouverte, dans un climat peu favorable, sinon hostile à la novation. Quand on y eut le sentiment exalté d'entrer dans un monde différent, ce fut en prenant soin de s'adosser à une certaine tradition. Pourtant, l'idée d'une période ayant marqué la fin d'un long épisode de stagnation et le commencement d'un cycle de progrès ne fut-elle qu'un mythe élaboré par les Lumières en quête d'une généalogie légitimatrice ? Ce mythe eût-il connu pareille fortune s'il n'avait reposé sur quelques solides fondements ? Les études réunies ici tentent de répondre à ces questions et complètent celles du volume Esthétiques de la nouveauté à la Renaissance.
Génie universel, qui traverse le temps, Shakespeare est pourtant indissociable de son époque, la Renaissance anglaise, brillant spectacle dont le souverain est le centre et la raison d'être. Professionnel de la scène, maître d'oeuvre accompli, il reflète avec brio la comédie humaine qui se joue partout autour de lui. En historien autant qu'en analyste du théâtre, François Laroque présente le monde de bruit et de fureur des tragédies, Hamlet, Othello, le Roi Lear, Macbeth, le monde de charme et de fantaisie des comédies, Comme il vous plaira.
Résumé : Les auteurs ont souhaité présenter la littérature anglaise du XVIè au XXè siècle dans sa continuité, en espérant favoriser la rencontre avec des écrivains qui ont contribué à nourrir la culture anglo-saxonne et plus généralement l'imaginaire européen. Cette anthologie vise tout d'abord à faciliter le contact que les étudiants de l'enseignement supérieur et des classes préparatoires se doivent de nouer avec un certain nombre de grands textes qui apparaissent le plus souvent sous forme d'extraits, comme le veut toute anthologie, mais qui sont aussi parfois reproduits in extenso, comme la Tempête de Shakespeare. Les chapeaux d'introduction permettront de se faire une idée des grandes tendances et de l'évolution générale de la littérature anglaise. Les étudiants désireux de trouver des analyses plus approfondies pourront se référer à l'Histoire de la littérature anglaise parue dans la même collection et conçue comme le complément naturel, voire indispensable, au présent volume. L'un des risques des études supérieures est la parcellisation des connaissances. Aussi convient-il d'aider les étudiants à bien centrer les acquisitions initiales pour qu'ils disposent du bagage indispensable à la préparation des concours de l'enseignement ou des Grandes Ecoles. Malgré son choix d'éviter les modes, cette anthologie ne se veut nullement austère. Il s'agit, encore une fois, de donner la parole aux textes, de les laisser respirer et de créer les conditions d'une lecture qui permette de conjuguer savoir et plaisir.
Les puissances d'en bas sont dangereuses à proportion de leur force d'attraction. Les lieux que le diable fréquente apportent délassements et distractions en tous genres mais les lumières éblouissantes de la fête cachent aussi d'insondables ténèbres. Marie Stuart constitue, à cet égard, la parfaite incarnation d'une royauté vouée à la diabolisation. Telle qu'elle est décrite par ses adversaires, la " Vénus écossaise " incarne le double visage de la douceur et du péché, tandis que la Vénus ironique mise en, scène par Chaucer n'est plus garante des seules délices : elle ouvre aussi les portes de l'enfer et de l'amour tourné en dérision. Marlowe affirmera avec panache le paradoxe d'une tyrannie délicieuse, celle de la fureur héroïque de Tamerlan. Mais c'est avec le docteur Faust, qui choisit la magie et l'utopie de sa libido sciendi qu'il montre comment les délices de départ se changent en enfer. Qu'il s'agisse de Marie Stuart ou de la duchesse de Malfi, de la Vénus antique revue et corrigée par Chaucer ou encore de la Jeanne d'Arc de Shakespeare, les délices comme les enfers sont souvent incarnés par les figures du féminin dans l'Angleterre de la Renaissance. Marlowe reste l'exception avec cette nouvelle figure du tragique qu'est l'ambitieux foudroyé, personnage aussi flamboyant qu'autodestructeur, ambigu, imprévisible, et donc éminemment moderne.
Le rapport que l'écrivain établit avec le monde est l'axe principal des études de ce volume consacré à des auteurs hispano-américains parmi les plus célèbres des dernières années du XIXe siècle et du XXe siècle. L'essai, la poésie et surtout le roman déploient un imaginaire d'une richesse exceptionnelle, que les études de ce volume analysent, tout en les reliant à la vision et à l'engagement personnel de chaque écrivain. L'histoire hispano-américaine, dans les essais de Manuel González Prada aussi bien que dans la poésie de Rubén Darío, revendique une volonté de destin. L'imaginaire de la culture hispano-américaine est abordé à travers le roman, au Mexique avec Carlos Fuentes, au Nicaragua avec Gioconda Belli et au Pérou, avec Isaac Goldemberg et les romans de Mario Vargas Llosa. La satire de la société au milieu du XXe siècle s'accompagne d'implications sociales et politiques magnifiquement servies par l'art d'écrire de chacun des auteurs. Des exemples sont donnés de la féconde tradition poétique et musicale des peuples sud-américains.
La théorisation actuelle du personnage de fiction demeure tributaire, pour l'essentiel, de présupposés structuralistes qui ont conduit à le concevoir comme un être de papier et d'action, et comme partie d'un système. Assurément opératoire sur un vaste corpus, cette manière de penser le personnage n'en est pas moins débordée par les usages fictionnels contemporains, qui ambitionnent de documenter le fait humain tous azimuts. Dès lors, un geste d'ouverture et d'ajustement théoriques s'impose pour saisir ces nouveaux usages et leurs implications. Les études réunies dans le présent ouvrage participent ainsi de trois perspectives : poétique, pragmatique et culturelle. Attentives à leurs objets propres comme aux enjeux conceptuels qui les traversent, elles donnent à voir la singularité des nouveaux possibles des oeuvres (littéraires, cinématographiques ou numériques), et contribuent à la nécessaire historicisation des théories du personnage.
Le numéro 21 de la revue des études théâtrales Registres se compose de deux dossiers. Le premier dossier est consacré à la fiction théâtrale et ses pouvoirs. Il remet en question la place de la fiction, qui revient en force dans la pratique comme dans la théorie du théâtre. Cette réflexion présente une nouvelle théorie de la fiction théâtrale, tant au plan technique que pragmatique. Le second dossier est un hommage à Yves Bonnefoy, écrivain disparu récemment. Il aborde le pan théâtral, encore méconnu, de l'oeuvre de cet immense poète.
Entre le XVIIIe et le début du XXe siècles, la presse, les éditeurs et les salons parisiens lancent des auteurs russes en Europe et rehaussent leur réputation dans leur patrie. Les succès des lettres propagent l'image positive de l'Empire. Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des oeuvres, les manoeuvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle.