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Max Jacob et l'école de Rochefort
Lardoux Jacques ; Germain Alain ; Fournier Bernard
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782915751055
C'est bien une interprétation originale, une analyse de similitudes, de nature tout ensemble spirituelle et précisément poétique, qui s'effectue au long de cet ouvrage. Ce qui avait été jusqu'alors pressenti, entr'aperçu, gagne en visibilité : on comprend mieux, article après article, que tant d'affinités, de proximités abritaient une sorte de secret qui fait que la filiation de l'Ecole de Rochefort à l'égard de Max Jacob est ce qu'elle est. L'iniquité, l'innommable que le poète prévoyait comme destin dès 1939, René Guy Cadou s'en souviendra dans son poème de 1947, et Jean Rousselot - dont le témoignage du 18 janvier 2004 est désormais posthume - confirme la prémonition de celui qui choisirait de "mourir sur un lit d'hospice", à Drancy, plutôt que de franchir, quand il le pouvait encore, la ligne de démarcation. Max Jacob fut toujours attentif à la liberté de ces jeunes hommes réunis à Rochefort-sur-Loire par les aléas de l'Histoire et qui s'adressaient à lui pour changer la vie en changeant la poésie des années d'Occupation. "Agent de liaison" de la poésie aussi fier de sa celtitude que René Guy Cadou, Louis Emié ou Eugène Guillevic, "catalyseur" de la même intuition du futur que Michel Manoll au temps où celui-ci écrivait son poème Souviens-toi de l'avenir, Max a pratiqué toutes les déclinaisons de l'amitié avec d'autres poètes de Rochefort comme Jean Follain, Louis Guillaume, Marcel Béalu ou un artiste comme Roger Toulouse. Comme celui-ci, il vivait des mêmes pré-requis en peinture (peintre lui-même), partageant les mêmes enjeux, se laissant interpeller autant par la spiritualité de François de Sales que par les fresques de Fra Angelico. D'autres poètes de Rochefort - Jean Breton, Pierre Garnier, Amédée Guillemot, Jean L'Anselme, Jean Laugier, Gaston Puel, Serge Wellens (rari nantes... serait-on tenté de dire) - apportent ici leurs hommages auxquels s'ajoutent ces ultima verba que sont plusieurs lettres inédites recueillies dans ce volume. Christian Pelletier offre un point d'orgue avec le portrait du "Max en douleur" des années de Rochefort et de Saint-Benoît-sur-Loire, à l'ombre de Notre-Dame de Fleury, et une variété inopinée "Les zouaves Jacob" dont le rire eût plu à Max. Souffrance et humour. Loin d'être un kaléidoscope éclaté, ce recueil établit une cohérence de fond entre Max Jacob et ses cadets qui, comme lui étranger aux chapelles, avaient fait le pari, à Rochefort-sur-Loire, d'une certaine façon de vivre en poésie qui elle aussi avait nom : liberté.
Guillevic : la passion du monde - un monde qui était évidemment pour lui moins le siècle aléatoire en ses humeurs et ses changements que la materia mater, le monde vivant dont Pythagore avant Giono avait entendu le chant et dont le Claudel de Connaissance de l'Est avait pris la mesure quand il énonçait, sur un mode certes plus péremptoire "Je suis l'inspecteur de la création, le vérificateur de la chose présente, la solidité de ce monde est la matière de mes béatitudes". Le rapprochement peut surprendre, mais Guillevic est dans la même veine lorsqu'il dit le destin de la pierre qui crie comme une graine sur le point de mûrir et lorsque, lui aussi, métreur de paysages, il déambule de par le vaste monde à denses et fortes foulées de langage. En convoquant ce colloque, Jacques Lardoux n'a pas voulu rompre avec la dizaine d'autres organisés, ces vingt dernières années, à Angers ou à Rochefort-sur-Loire, à propos de quelques-uns des poètes de "L'Ecole de Rochefort". Nul d'entre eux - Cadou, Bérimont, Rousselot, Béalu, Manoll, Bouhier, Garnier ou Humeau etc. - n'eût refusé de souscrire aux quatre vers d"'Ensemble" (repris dans Terraqué) : "Nous construisons le monde / Qui nous le rendra bien. Car nous sommes au monde / Et le monde est à nous". Plusieurs interventions auront souligné cette attention de Guillevic à "tout rendre concret, palpable", à faire dire aux choses ce qu'elles savent de l'homme, à réinstaurer une certaine forme de religion élémentaire, "élémentale", - pour parler comme Bachelard -, païenne, immanente, dans tous les cas, tant il est vrai que Guillevic, comme un certain nombre de poètes contemporains, ses cadets, (B. Noël, A. Veinstein, G. Gofette), renonce à prendre son vol vers la sphère arrogante des idées et des voies invisibles, tout en optant pour le sacré.
Enfants, nous avons tous joué au jeu du " Pour de rire ", " Pour de vrai ". Cette alternative-là aura bien fonctionné dans le colloque d'Angers sur Jean l'Anselme, selon qu'on y a étudié des poèmes sérieux, à demi sérieux ou pas sérieux du tout. On rit avec Jean L'Anselme, dès qu'on le voit substituer à son nom d'état civil (Jean-Marc Minotte, né le 31 décembre 1919 à minuit) le nom de l'un de ses grands-pères : L'Anselme, " ce qui sonne patoisant ", selon Robert Sabatier. Là-dessus, le poète se souvenant du slogan du Larousse, greffera un calembour de sa façon " L'Anselme... à tous vents ". Par ses trouvailles langagières, ludiques, gratuites " écrire sur rien pour rien en faisant rire quand même " - : L'Anselme crée " l'engendrement du rire ", comme le faisaient ses aînés, les Pataphysiciens et les Oulipiens (Charles P. Marie). II était donc prévisible que ce colloque démontât à l'envi les procédés du rire l'anselmien, la force et la forme de ses calembours (Guy Chaty), les effets d'incongruité nés du choc de l'ironie et de la poésie (Olivia-Jeanne Cohen) et qu'au nom d'une culture du rire on posât la question du pourquoi et du comment de tant d'intertextes comiques (Céline Millet), sans oublier que jamais L'Anselme ne céda au " démon de la théorie " dont la critique universitaire des années 70 était pour ainsi dire possédée. L'Anselme avait son style, indépendamment des modes et des canons, et ça lui suffisait. L'intercesseur, le prédécesseur par excellence étant sans doute " un certain Rabelais qui comme lui a lancé le brûlot des torche-culs à la face de la scolastique et de l'asphyxiante philosophie de son temps "
De la Comédie-Française au Palais Omnisport de Paris Bercy ou au Zénith de la Villette, Paris est riche d'un patrimoine architectural varié, constitué de plusieurs centaines de salles de spectacle témoignant collectivement d'une vie artistique éblouissante et sans cesse renouvelée. Aristocratiques, bourgeois ou populaires, ces lieux de spectacle, conçus depuis l'Ancien Régime jusqu'à nos jours, regorgent d'histoires et d'anecdotes singulières. A travers l'histoire propre à la centaine de salles retenues dans cet ouvrage superbement illustré, le lecteur verra se reconstituer, bout à bout, le tableau complet de la vie artistique de la capitale sur plus de quatre siècles.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.