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L'antisémitisme dans le monde des arts et de la culture (1900-1945)
Lambert Jacques
PARIS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782846212823
L'antisémitisme n'est certes pas né en 1900 (l'affaire Dreyfus en porte témoignage), mais il s'est développé parmi une importante fraction de l'opinion publique et chez de nombreux intellectuels dès le début du XXe siècle. L'installation à Paris ? à Montmartre, puis à Montparnasse ? de jeunes artistes juifs venus des pays de l'Est (Chagall, Soutine, Kisling, Pascin, etc.) ou d'Italie (Modigliani) contribue à créer un courant d'hostilité, car ils révolutionnent la perception des formes et des couleurs contre certaines traditions picturales françaises. Cet ostracisme n'affecte pas que les peintres. Il répond à une idéologie de rejet d'individus supposés être peu travailleurs, âpres au gain, intrigants... Ce que reprennent des hommes politiques, des journalistes, des écrivains. Mais c'est entre 1940 et 1944, sous l'Occupation (partie la plus importante du livre), que se déchaînent les extrémistes à la radio, dans la presse, dans la littérature : notamment Céline, Brasillach, Rebatet, Léon Daudet... Dans ce livre, Jacques Lambert, se référant à des faits précis, traite de la littérature, de l'art, du cinéma, du théâtre, du music-hall, de la chanson, du journalisme,... qui n'échapperont pas, surtout durant la Seconde Guerre mondiale, à ce phénomène de l'antisémitisme qui va diviser les Français : certains, à des degrés divers, collaboreront avec les représentants de l'Allemagne nazie, d'autres entreront en résistance, en particulier plusieurs Juifs courageux tels que les époux Aubrac, Jean-Pierre Aumont ou Jeanne Modigliani, fille du peintre... Ce livre, riche d'informations et d'anecdotes soigneusement contrôlées, passionnera tout lecteur épris de vérité en une époque qui voit refleurir en France (mais pas seulement) des comportements haineux et agressifs envers la communauté juive.
Les Yeux fermés réunit et oppose un amateur d'art épris de liberté et une ancienne directrice d'école victime de son passé. Tiré d'une histoire réelle, ce roman évoque quelques-uns des comportements qui ruinent l'unité d'un couple pourtant expérimenté. Ici, les contraintes de la vie citadine et les dérivatifs de la Côte d'Azur n'y peuvent rien changer.
En ce début du XXe siècle, ils ont vingt ans... Certains sont nés sur la Butte, tel Utrillo ; d'autres sont venus de province : Mac Orlan, Braque, Dufy, Max Jacob, Satie ; d'autres, enfin, ont quitté leur pays attirés par ce Montmartre où ont vécu et travaillé Degas, Renoir, Toulouse-Lautrec... Ainsi débarquent : Van Dongen, Picasso, Pascin, Kisling, Modigliani... Entre 1900 et 1910, on va les retrouver sur la Butte, dans des cités d'artistes, comme le Bateau Lavoir, bientôt rejoints par Apollinaire, Derain, Vlaminck, Léger, Miro... Découverte de l'art nègre, explosion du fauvisme, de l'expressionnisme, du cubisme, avec les scandales qu'ils suscitent Pauvres, ces artistes font mille métiers pour survivre mais il règne chez eux un esprit de bohème et une grande joie de vivre et de créer. Mais bientôt, peintres et écrivains émigrent vers Montparnasse : Modigliani dès 1909, Picasso en 1911... Ils investissent ce nouveau quartier qui s'étend du carrefour Vavin à la Porte de Versailles et où de nouveaux venus (Soutine, Foujita, Man Ray, etc.) ont élu domicile non loin de la Ruche, phalanstère qui abrite Chagall, Brancusi, Léger, Archipenko, Zadkine... Plus tard les Américains Hemingway, Miller, Maïs Nin, Ezra Pound, attirés par l'esprit de liberté et le goût de la fête, gagneront à leur tour ces lieux déjà mythiques. On verra revivre ici tous ces personnages au quotidien : des interminables discussions à la Closerie des Lilas, au Dôme, à La Rotonde et, à partir de 1927, à La Coupole, aux nombreuses beuveries, et des bals aux fêtes délurées. Durant ces Années folles, les couples se font et se défont, et l'on ne compte plus les chassés-croisés entre modèles, épouses et maîtresses. Ici dominent quelques figures féminines de premier plan : Kiki, Marie Laurencin, Gertrude Stein, Youki, la baronne d'Oetingen... L'auteur suit ces hommes et ces femmes dans leurs errances, leurs espoirs, leurs succès... Il débusque au passage quelques enfants naturels ignorés : le fils de Modigliani et de Simone Thiroux devenu curé, la fille de Soutine et de Débora Melnik, la fille abandonnée par Diego Rivera... Consultant de nombreuses archives et correspondances, rencontrant les derniers témoins, Jacques Lambert a saisi cette faune étrange dans son exubérance et sa complexité. Ce n'est pas un ouvrage de plus sur Montmartre et Montparnasse, mais l'histoire d'une aventure unique qui a vu artistes et écrivains bouleverser les cadres de la création.
Il est rare qu'un auteur hétérosexuel s'intéresse de près à l'homosexualité au point de vouloir en tirer un ouvrage. Ce document, qui n'a rien de sulfureux, est la synthèse de ses recherches biographiques et de ses souvenirs professionnels de journaliste. Des tragédies du théâtre grec aux productions de la télévision d'aujourd'hui, en passant par le cinéma, la danse, le music-hall, toutes les activités du monde kaléidoscopique du spectacle sont ici passées en revue à travers le prisme de l'homosexualité ou de la bisexualité. Si des hommes et des femmes sont cités dans cette monographie dense mais non exhaustive - auteurs, producteurs, organisateurs, interprètes, etc., dont les orientations, pour beaucoup, sont déjà connues - c'est qu'ils sont évidemment indissociables des oeuvres évoquées tout au long de l'ouvrage."
C'est au sommet de la rue Caulaincourt que rayonne le plus modeste et le moins cher des bistrots de Montmartre, Au Rêve, le plus fréquenté aussi, surtout aux heures des repas. Si ce café jouit d'une flatteuse réputation qui a franchi depuis longtemps les frontières de la Butte, hors les circuits touristiques habituels, c'est qu'il a été, des années durant, un refuge accueillant d'une multitude d'artistes de toutes disciplines (peintres, illustrateurs, écrivains, poètes, chanteurs, comédiens, etc.). Des débutants y ont croisé des personnalités bien établies, moralement unies par une fraternité un peu bohème : de Georges Simenon à Claire Bretécher en passant par Marcel Carné, Louis-Ferdinand Céline, Francis Carco, Marcel Aymé, Lucienne Boyer, Gen Paul, Charles Aznavour, Jacques Brel, Marcel Mouloudji, Bernard Dimey... Au Rêve a perdu un peu de sa patine en se modernisant, et si les Montmartrois d'aujourd'hui ont remplacé l'insolite faune d'autrefois, on y rencontre encore, incognito, des musiciens, des journalistes, des dessinateurs venus boire un godet au comptoir ou déguster un oeuf mayo au fond de la salle.
Lorsqu'on se lamente sur l'état de l'école aujourd'hui, sur l'existence d'élèves illettrés, démotivés, violents, de professeurs malmenés et déboussolés, se pose-t-on suffisamment la question de la formation de ceux sur qui, précisément, repose l'ensemble du système, "les enseignants"?Comment prépare-t-on aujourd'hui les jeunes professeurs à ce métier difficile? Loin du regard des médias et des parents, des institutions, mal connues du grand public, en sont chargées: les IUFM, Instituts universitaires de formation des maîtres.François Vermorel a été l'un de ces jeunes maîtres. Il avait choisi d'enseigner les Lettres, avec enthousiasme mais sans illusions: il savait le métier ardu et l'année de formation éprouvante. Mais ce qui l'attendait dans cet IUFM du Nord en ce mois de septembre plu vieux dépassait tout ce que la rumeur et les récits de ses prédécesseurs lui avaient laissé redouter. Sur un mode ironique et précis, son livre est un témoignage. Il nous entraîne dans un monde qui décourage même les plus motivés. Un monde ubuesque où, à l'issue d'un concours sélectif, on lui fait dessiner des arbres ou colorier des blasons. Où les mots: professeur, élèves, exercices, devoirs, discipline sont frappés d'interdits étonnants. Où on déconseille Le Cid au motif que Corneille y ferait l'apologie du racisme. Où on inculque que toutes les formes de communication se valent, de l'insulte au rap, dès l'instant qu'on peut leur accoler les étiquettes de "citoyenneté" et "d'autonomie". Que la syntaxe et l'orthographe sont la "science des imbéciles" et qu'il ferait à ses élèves une violence inadmissible en leur "imposant" sa "culture bourgeoise". Une institution rompue au lavage de cerveaux où il faut feindre la soumission à des "formateurs" au mieux incompétents, au pire malveillants...Un voyage étonnant qui ne peut manquer d'interpeller: devenue un gigantesque laminoir pour nos enfants, l'Education nationale le serait-elle, en amont, pour ses professeurs? Un livre décapant qui vient à point au moment où l'on s'interroge sur les responsabilités de ceux qui ont conduit à la faillite de l'enseignement et au développement de l'illettrisme.
De nombreux livres d'histoire et de fiction ont été écrits sur le hors-la-loi Jesse Woodson James (1847-1882) et son gang, mais l'ouvrage que son fils lui a consacré est un document unique et inédit en français. Publié en 1899, ce récit fait revivre la figure paternelle à travers souvenirs d'enfance et témoignages familiaux, et retrace aussi les aventures du Robin des bois américain : de sa participation à la guerre civile au Kansas et au Missouri jusqu'à sa mort chez lui tué dans le dos par un traître. Un meurtre qui suscitera bien des créations dont la dernière est le film L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Mais ce livre est aussi un plaidoyer pour un héros viril dont le fils cherche à réhabiliter la mémoire, en atténuant la portée de ses meurtres et la réalité de ses vols. D'ailleurs, Jesse James lui-même se pose en victime dans les lettres qu'il envoya aux journaux de son temps (traduites ici) et qui participèrent aussi de la fabrication de sa légende. . . Jesse Edwards James Jr (1875-1951), le seul fils survivant de Jesse James, fut lui-même accusé d'une attaque de train, et apparut dans le premier film dédié à l'histoire de son père, avant de devenir avocat à Los Angeles.
On écrit toujours l'histoire au présent. En cette aube du troisième millénaire, la Renaissance est miroir : en nous parlant de ses réussites, de ses échecs ou de sa fascination trouble pour la mélancolie, le XVIe siècle nous apprend beaucoup sur nous-mêmes. La chute de Grenade, la relation entre musulmans, juifs et chrétiens, la découverte de l'Amérique comme l'invention de l'Utopie, la bataille de Lépante, la chasse aux sorcières ou l'édit de Nantes n'ont pas disparu de notre horizon. Thomas More et Machiavel, Luther et Calvin, Dürer et Caron, Copernic et Nostradamus, Ignace de Loyola, Cervantès, Palestrina et Shakespeare nous ont légué une partie de nos références philosophiques, éthiques et esthétiques... Le mariage et la famille, le choix des ancêtres ou l'humanité des Indiens - à l'origine des droits de l'homme - font également l'objet de débats nourris en ce siècle de fer et de splendeur. Mais la Renaissance a partiellement échoué dans son programme pacificateur. Loin de mettre fin à l'ère des sacrifices, elle a renoué avec le martyre. La barbarie n'est pas, comme on le croit parfois, l'antonyme de la culture. Des liens complexes ont toujours uni la violence et le sacré. La barbarie naît au sein même de la civilisation. Hier comme aujourd'hui.
'Nary, rescapée du génocide cambodgien' est le bouleversant témoignage d'une jeune femme de la haute bourgeoisie khmère qui survécut à la révolution communiste et au génocide qui, en trois ans, causa la mort de près de deux millions de Cambodgiens, soit le quart de la population ! Nous sommes en 1975, " l'année zéro " qui, selon Pol Pot, marquait le début d'une ère nouvelle, mais, en fait, entérinait la mainmise sur le pays par un régime despotique et sanguinaire. Sitôt Phnom Penh prise par les khmers rouges, jeunes soldats incultes et fanatisés, les habitants de la capitale, comme toutes les populations citadines, sont déportés vers les campagnes pour y être rééduqués. Tous les cadres de la nation, les élites qui parlent français, les fonctionnaires, les diplômés et les intellectuels, mais aussi les minorités chinoises et musulmanes, sont déportés, affamés, torturés, éliminés. Durant cette période tragique qui ne le cède en rien aux massacres nazis et staliniens, Nary a pris des notes qu'elle a pu dissimuler tout au long de sa captivité dans les camps de travaux forcés et conserver lors de son évasion jusqu'à son asile en France. Nary, rescapée du génocide cambodgien est une minutieuse reconstitution effectuée par Sophana, la fille de Nary, à partir du journal et des souvenirs de sa mère, correspondances, croquis et photos d'époque ainsi que de témoignages oraux de personnes qui l'ont croisée sur les chemins de la déportation et de l'horreur. Trois générations de femmes rescapées apparaissent dans cette longue marche vers la mort où l'espoir, néanmoins, ne sombre jamais tout à fait : la grand-mère, la mère et sa fille qui, jour après jour, résistent. Ce livre vaut pour l'éclairage qu'il apporte sur un moment de l'histoire longtemps occulté et qui, aujourd'hui où le procès des bourreaux est en marche, refait surface. En décrivant la chute du royaume khmer, berceau d'une vieille civilisation religieuse qui semblait à l'abri des idéologies dévastatrices du XXe siècle, il s'interroge enfin sur le combat pour la défense des libertés et des valeurs spirituelles face aux forces du mal. Une vision sans complaisance sur un des drames les plus sanglants de notre histoire immédiate. Près de 150 photos, dont de nombreuses inédites, accompagnent ce témoignage dans trois cahiers hors texte.