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Taxco, du Mexique. La couleur de l'argent
Lamazères Greg
LA LOUVE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782916488264
Ce court roman - car c'est d'un roman qu'il s'agit, par bien des aspects - vient très justement s'intégrer à la collection Terre de mémoire, tant il est "chevillé" en ces contrées du Mexique, en particulier en cette étonnante ville de Taxco, la cité de l'argent. Par son écriture vive, directe, avec son humour iconoclaste et réjouissant, Greg Lamazères nous emmène de bon gré dans son voyage. On rit au récit de la redoutable rencontre d'un estomac européen avec les produits locaux, où, parmi eux, en bonne place, trône le terrible mescal ! Mais on se prend à s'interroger, aussi, et on ressent une émotion profonde à l'évocation de la mémoire et des mines d'argent où furent exploités sans vergogne des milliers d'Indiens. Parfois graves, souvent drôles, ces "mémoires fictifs" sont à l'image de ce monde où la gravité, souvent, côtoie humour et joie de vivre, un peu comme émergent des angoisses quotidiennes les mets épicés et brûlants de la cuisine mexicaine. En ce sens, ce voyage au Mexique n'est pas le résultat d'une escapade touristique banale : il est le récit d'une découverte, enrichie d'un libre et profond souci d'humanité.
Pologne, Palestine, Espagne, France... de son enfance juive bouleversée par les pogroms à une adolescence bercée puis déçue par le rêve d'une Nouvelle Sion, Marcel Langer porte en lui tous les germes du combat et de la résistance. Devenu communiste, il s'engage dans les Brigades internationales après dix ans d'une vie militante et ouvrière en Palestine puis en France ; il se bat de Madrid à Vinaroz, puis connaît les camps d'internement français de réfugiés. Dès lors, son existence peut se résumer ainsi la liberté ou la mort. Ne pouvant accepter l'occupation du pays des droits de l'homme, il organise et dirige la 35e Brigade FTP-MOI. Harcelant les contingents allemands postés à Toulouse, il contribue avec ses hommes à la déstabilisation de l'occupant, jusqu'à son arrestation en mars 1943. Au terme d'un procès retentissant intenté par les services de Vichy, le procureur se tourne vers Marcel Langer et clame : " Vous êtes juif, étranger, communiste... Trois raisons pour moi de réclamer votre tête ! " Cinq mois plus tard, cette tête farouche roule dans le panier, au pied de la guillotine. Cette biographie passionnante fait entendre l'accent des étrangers qui se sont battus pour la France. Elle retrace le destin exceptionnel d'un combattant idéaliste et courageux que les circonstances de l'Histoire vont transformer en héros. A la lumière de cette vie engagée, chacun peut s'interroger : et nous, qu'aurions-nous fait ?..
Le " crabe " a surgi sans crier gare, grignotant l'insouciance, la vie douce et heureuse. Dédale des consultations, absence de tact de certains soignants, salles d'attente, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie... L'éprouvant marathon débute. Comment affronter la maladie et la douleur ? C'est ce combat sans merci pour mettre à bas l'intrus que nous dévoile ici l'auteure.
Au seuil de la mort, un homme achève l'expérience extrême de l'abandon. Pour conjurer la peur, il parle. Il raconte avec une grande pudeur et une douceur infinie, sa cruelle traversée. Il réveille dans ce village oublié des Pyrénées aragonaises, les visages disparus que la maladie, la vieillesse, la guerre mais surtout l'exode ont emportés jusqu'au dernier - lui. Il évoque sa résistance obstinée contre les forces de la nature, contre les mensonges de la mémoire, les illusions du réel ou les exaltations de la folie. Ce chant âpre et fascinant - écrit dans une langue simple mais imagée, sensible, enveloppante, volontiers itérative au point de susciter ce sentiment étrange de déjà vécu - emporte celui qui écoute vers un point de vertige où s'évanouissent ensemble, dans la chute lente des feuilles de l'automne, l'éphémère et l'éternel.
Après " Femmes en Languedoc ", ou elle dépeint la vie quotidienne des femmes nobles entre catharisme et catholicisme, Gwendoline Hancke nous invite ici à poursuivre ce parcours, cette fois en nous intéressant au destin de grandes familles de la noblesse peuplant les villages fortifiés languedociens du XIIe au début du XIVe siècle. De par sa situation sociale et pour des raisons profondément religieuses, cette noblesse joue en effet un rôle prépondérant dans l'implantation de l'hérésie : jusqu'au milieu du XIIIe siècle, les seigneurs, châtelains et chevaliers, restent les principaux protecteurs des hérétiques, et de nombreux membres de leurs familles, notamment des femmes, font partie du clergé cathare. Retracer et superposer des destins de familles nobles durant cette période permet de voir l'histoire sous un nouvel angle, pour ainsi dire de l'intérieur. Laurac, Châteauverdun, Rabat, d'autres encore, autant de noms qui sonnent haut et fort, ceux des châteaux et des familles qui les possédaient : familles qui se transmirent l'hérésie comme on le fait d'un héritage précieux, jusqu'à affronter le pape, le roi et l'Inquisition, jusqu'à, pour certaines d'entre elles, tout perdre.
Le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. " Cette "pensée" de Pascal, bien connue, sert à étayer la thèse selon laquelle les faits historiques dériveraient de causes fortuites et aléatoires : si Cléopâtre n'avait pas été aussi belle, Antoine aurait gardé sa clairvoyance, aurait vaincu à Actium (31 avant J.-C.), et " la face de la terre aurait changé ". Semblable conception de l'histoire, pourtant, n'est pas unanimement partagée : certains pensent, en effet, que l'issue de la bataille d'Actium, ou de n'importe quel affrontement majeur, n'a pas dépendu du comportement privé d'un homme, mais bien de lois supérieures qui règlent le déroulement des choses et où les humains n'entrent pour rien. Ces deux conceptions de l'histoire s'affrontent depuis la Renaissance, dans un débat retracé ici, qui tourne autour des mêmes questions essentielles : l'histoire est-elle le domaine du contingent et de l'irrationnel, ou le lieu du sens ? Les événements du passé devaient-ils arriver ou sont-ils advenus par hasard ? Faut-il en chercher les causes dans des principes indépendants de l'action des hommes et de leur libre-arbitre ? Le futur, voire la fin de l'histoire, sont-ils écrits ? L'humanité a-t-elle un Destin ? Historien lui-même (Port-Royal), Sainte-Beuve est maintes fois revenu sur ces questions : on ne pouvait donc trouver, dans ce parcours, meilleur guide que lui. Enfin, Michel Brix nous invite également à un surprenant voyage dans la littérature - non seulement française, mais aussi européenne.
Réédité une vingtaine de fois depuis sa première parution, cet ouvrage est la référence absolue pour l'histoire du catharisme : bien que très documenté et ne laissant rien dans l'ombre, il est aisément abordable par tous publics. Cette "conjugaison" rare explique évidemment que son succès perdure avec le temps.