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Le sacre du présent
Laïdi Zaki
FLAMMARION
18,60 €
Épuisé
EAN :9782082115704
Le Sacre du présent de Zaki Laïdi se veut un repérage sur la nouvelle condition temporelle de l'homme occidental : celle de "l'homme-présent'. Pour l'auteur, l'histoire humaine a été successivement habitée par trois types d'hommes :"l'homme-archaïque', "l'homme-perspectif', et aujourd'hui"l'homme-présent'. Les premiers temps de l'histoire humaine furent ceux d'un homme-archaïque étranger au temps historique. Le sens de sa vie s'exprimait par la conformité du présent au passé... et à l'avenir. Avec le développement de la pensée grecque, l'homme a commencé à se penser historiquement. Zaki Laïdi explique comment, à compter du XVe siècle, le point de vue, la "cumulativité', la dynamique se sont progressivement imposés dans les sciences et la vie sociale de l'homme-perspectif. Aujourd'hui l'homme-perspectif est mort. Un nouvel homme est né : l'homme-présent. Cet homme ne se projette plus dans le futur, vit dans un présent autosuffisant, délié du passé et de l'avenir. Dans ce temps inexistant devenu"temps-zéro', il tend de plus en plus à penser et agir dans l'urgence. L'urgence s'impose aux acteurs, leur impose la réalité sociale et les contraint à s'adapter à des "stéréotypes réactifs'. Elle autorise la politique à ne plus penser politiquement le monde, à ne plus se projeter dans l'avenir. L'acteur public n'agit plus mais réagit, il contient les phénomènes sans y remédier. L'urgence humanitaire et sociale est diversion, elle permet l'inaction par l'activisme. Au recul du politique dans la société de l'homme-présent répond une emprise croissante du marché. Dans une société où le libéralisme économique est assimilé à la démocratie et où la temporalité du marché est l'immédiateté, le long terme -temps du politique- est stigmatisé comme un frein à la démocratie. Zaki Laïdi montre que la puissance des marchés financiers croît dans un monde marqué par une immédiateté qui leur est consubstantielle. L'homme-perspectif était utopique, l'homme-présent est uchronique, à la recherche d'un présent éternel. Dans une société incapable de penser sa totalité sociale, qui se fonde sur une situation présente dégagée de la notion de passé et de projet communs, il importe pour l'auteur de raccorder le présent à l'avenir. La promotion d'une éthique"transgénérationnelle"peut-elle, dans ces conditions, raffermir le terreau d'une société devenue fragile à force de vivre dans un présent éternel ? Frédéric Mar "
Pour penser l'Europe comme un espace de sens, il faut envisager la mondialisation sous un angle autre qu'économique. Loin des discours pessimistes sur la mondialisation, qui voient en elle une menace sur la souveraineté française ou la source de plus grandes inégalités, Zaki Laïdi veut en dissiper le «malaise». Il propose de nouvelles règles du jeu à l'heure du marché mondial.
Washington. 1818, H. Street. Mardi, 10 heures du matin. 12e étage. Le conseil d'administration de la Banque Mondiale tient sa réunion hebdomadaire. Son rituel est immuable. Le massif président de l'institution, Barber Conable, un Américain jovial de 66 ans, pénètre dans la salle du conseil, avec dans son sillage six collaborateurs. Il prend place à la table où l'attendent déjà vingt-deux administrateurs, représentant les cent cinquante et un Etats membres de la Banque. La Banque Mondiale n'est pas seulement la plus puissante banque du monde. C'est aussi le détenteur d'un fantastique monopole intellectuel sur le développement. Pendant plus de trente ans, elle n'a fait que construire des ponts et des barrages ; elle siège aujourd'hui au conseil des ministres de la plupart des pays en voie de développement. Cette " prise de pouvoir " dont Zaki Laïdi démonte les mécanismes dans sa passionnante enquête, bouscule la souveraineté des Etats. Mais la Banque va plus loin encore : au nom du libéralisme, elle modifie les contours de la géopolitique mondiale. En Afrique, notamment, la France est dans sa ligne de mire. Par-delà la Banque Mondiale, c'est à un véritable " état des lieux " des rapports Nord-Sud, empoisonnés par le problème de la Dette, que nous convie ce livre. Zaki Laïdi a 34 ans. Il est chercheur au CNRS, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris et consultant international.
Extrait de l'avant-proposLe temps de l'Obamania et des naïvetés politiques auxquelles elle a parfois donné lieu est révolu. Est donc venu celui d'évaluer en toute sérénité ce que l'arrivée au pouvoir d'Obama a changé tant dans le regard des États-Unis sur le monde, que dans le regard du monde sur les États-Unis. Telle est, au fond, l'ambition de ce livre.L'élection d'un nouveau chef de l'État américain a pour particularité de ne pas concerner ses seuls ressortissants, en raison du rôle prééminent joué par les États-Unis dans le monde. Mais la résonance de cet événement varie sensiblement en fonction de la personnalité du locataire de la Maison-Blanche, du moment politique dans lequel se trouvent les États-Unis et du contexte mondial. Or, sur ces trois plans, l'élection de Barack Obama tranche.Elle tranche car elle a ouvert la voie à l'élection pour la première fois dans l'histoire américaine d'un président noir, quand bien même il ne serait que métis et donc pas afro-américain; et dont le second prénom est Hussein, un prénom à consonance musulmane dans un pays encore marqué par le traumatisme du 11 Septembre. Deux ans après l'élection du nouveau chef de l'État, plus d'un quart de l'opinion publique américaine semble convaincue de la confession musulmane de son président, alors qu'il a lui-même affirmé à maintes reprises qu'il ne l'était pas.Elle tranche ensuite au regard de l'ampleur du doute politique qui a saisi la société américaine en 2008. Doute sur la capacité de son modèle économique à affronter la plus grave crise de son histoire depuis 1929. Doute sur la pertinence de son surengagement militaire extérieur au terme d'une guerre en Irak ruineuse, et n'ayant en définitive conféré aux États-Unis aucun avantage stratégique. La conjonction de ces deux facteurs, sur lesquels le candidat Obama a joué, a conduit les Américains mais également le reste du monde à s'interroger sur la capacité matérielle et politique des États-Unis à continuer d'assumer autant de responsabilités internationales avec un insuccès croissant.
L'Europe recule face à la montée des émergents et au retour de la réalpolitik. Le temps joue-t-il contre elle ? Au cours de ces 20 dernières années, l'Europe a privilégié la norme, comme substitut à la force, pour s'affirmer sur la scène mondiale. Mais qu'advient-il quand la norme tourne à vide et que la force revient ? C'est à cette question que Zaki Laïdi essaie de répondre en montrant comment la crise de l'euro a, pour la première fois, fait apparaître l'Europe en tant que "risque" pour le monde, alors qu'elle se pensait comme l'acteur qui justement en réduisait le risque. Mais si l'Europe reflue c'est aussi parce que la Realpolitik revient en force sur la scène internationale, sous l'influence des émergents et des Etats-Unis. Du coup, le multilatéralisme qui se voulait sa marque de fabrique dans un monde multipolaire recule aussi, au profit de relations bilatérales, incitant par la même les Etats membres à reprendre leur liberté. Le temps joue-t-il contre l'Europe ?
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)
Bernard E. Harcourt propose une critique puissante de notre nouvelle transparence virtuelle. Il livre une analyse de ce que les technologies big data font à nos vies, et de la manière dont elles s'y introduisent, et révèle l'ampleur de notre renoncement, volontaire, à la liberté ? jusqu'à l'acceptation de toutes les dérives sécuritaires. Ces atteintes à nos libertés sont flagrantes ; pourtant, nous ne semblons pas nous en soucier.Exploitant notre désir sans fin d'avoir accès à tout, tout le temps, les géants d'Internet dressent un portrait de notre propre intimité, collectent des millions de données sur nos activités, nos centres d'intérêt et nos relations, tandis que les agences de renseignement les croisent aux milliards de communications qu'elles enregistrent chaque jour. Nous continuons cependant, et malgré notre connaissance de l'instrumentalisation de ces données, de publier nos photos de familles, nos humeurs et nos pensées. Nous donnons en caisse, en même temps que notre carte bleue, nos adresses email et postale. D'où vient le sentiment de fatalité à l'égard de cette transgression du public et du privé ?Ce livre montre d'une manière saisissante comment les nouvelles technologies exploitent notre désir illimité d'accéder à tout, tout le temps et sans attendre ? au risque de la surveillance généralisée. Et invite à la désobéissance et à la résistance.Professeur de droit à Columbia University où il dirige le Center for Contemporary Critical Thought, Bernard E. Harcourt est aussi directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et avocat de condamnés à mort dans l'État d'Alabama. Il a établi l'édition des deux cours de Foucault donnés au Collège de France, dont Théories et institutions pénales et La Société punitive. Il est par ailleurs l'auteur, en français, L'illusion de l'ordre.
Résumé : Les forêts deviennent une industrie ! Parée du discours trompeur de l'énergie verte et des vertus de la biomasse, une entreprise massive et silencieuse de transformation de la sylve en matière se déploie en France. Nous pensons la forêt comme le refuge de la liberté, nous la parcourons pour respirer le parfum de la nature, nous nous y réfugions des trépidations urbaines. Mais les abatteuses, les voies forestières démesurées, les centrales à biomasse sont en train de l'avaler, de la quadriller, de la standardiser. Cette dramatique industrialisation de la forêt, on ne l'avait pas encore racontée. Pendant des mois, des Landes au Morvan, de l'Auvergne aux Vosges, Gaspard d'Allens a couru les bois pour décrire et raconter le désastre en cours. Car la forêt subit maintenant la logique productiviste qui a ravagé l'agriculture, détruisant les emplois, dispersant les produits chimiques, gaspillant l'énergie, réduisant la biodiversité. Mais il est encore possible d'inverser le cours de la destruction. Des bûcherons réinventent leur métier, des forestiers promeuvent un usage doux de la forêt, des Zad luttent contre les machines. L'espoir est là, l'alternative est vivante, les humains et les arbres peuvent se réconcilier.
Naess Arne ; Afeissa Hicham-Stéphane ; Ramadier Ma
Résumé : Voici enfin disponible la sagesse d'un pionnier de la pensée écologiste. Etonnamment méconnue en France, l'écosophie d'Arne Naess, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu'est véritablement l'écologie profonde et comment cette philosophie est née d'une relation intime avec la montagne. Prolongeant la pensée de Spinoza, Naess montre comment l'affection pour tout ce qui est vivant ? et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature ? est au coeur du développement personnel, de la formation de l'identité sociale... et d'une société plus juste. Arne Naess (1912-2009) est le fondateur de la deep ecology et de l'écosophie. Figure majeure de la philosophie contemporaine et de la pensée écologique, il a publié de nombreux livres et reçu plusieurs distinctions en tant que penseur, résistant de la Seconde Guerre mondiale, puis militant de la cause écologique. Hicham-Stéphane Afeissa est professeur agrégé de philosophie, docteur en philosophie ainsi qu'en géosciences et environnement. Spécialiste d'Arne Naess, il est également l'auteur d'une dizaine d'ouvrages de philosophie environnementale. Mathilde Ramadier est philosophe, scénariste et traductrice. Elle a récemment publié un roman graphique consacré à l'écologie et à Arne Naess : Et il foula la terre avec légèreté (Futuropolis, 2017, avec Laurent Bonneau). Textes traduits du norvégien par Naïd Mubalegh, et de l'anglais par Pierre Madelin, sous la direction scientifi que de et révisés par Hicham-Stéphane Afeissa. Textes présentés par Hicham-Stéphane Afeissa et Mathilde Ramadier.
Résumé : Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L'ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l'information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu'elles calculent. Loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l'agent et la conséquence de l'individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l'excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c'est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.