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LE DOMAINE D'ANA
Lahougue Jean
CHAMP VALLON
20,00 €
Épuisé
EAN :9782876732681
Jean Lahougue est l'auteur de sept volumes romanesques, dont Comptine des Height (1980) et La Doublure de Magrite (1987), respectivement publiés par Gallimard et Les Impressions Nouvelles. Héritières des recherches du Nouveau Roman et de l' OULIPO, ses fictions d'intrigue ne s'en inscrivent pas moins dans des traditions littéraires qui les rendent parfaitement accessibles à un large public. Après ceux d'Agatha Christie et de Georges Simenon, c'est à l'univers de Jules Verne d'être ici convoqué. Parallèlement au Domaine d'Ana, Champ Vallon publie, sous le titre Eriverons et liserons, en vingt lettres, une abondante correspondance entre l'auteur et Jean-Marie Laclavetine, lui-même romancier, où l'écriture de cet étrange roman fait l'objet d'une discussion passionnée.
Résumé : Nous parlerons ici, cher Guy, de choses sans importance : D'architecture au strict quotidien. Du parpaing comme pierre du pauvre. Du pavillon comme pastiche de maison. Du lotissement comme semblant de village. De la loi du marché comme principe esthétique. De l'indifférence comme règle d'uniformisation. De l'individualisme comme substitut de l'identité. De la parcellisation comme succédané de l'urbanisme. Du chacun chez soi comme accomplissement communautaire. Du n'importe quoi n'importe où au plus vite comme illusion de liberté. Et nous nous demanderons : l'espace où nous choisissons de vivre se doit-il d'être une juxtaposition de propriétés privées que chacun occupe à sa guise, ou une propriété par nature indivise objet d'un intérêt commun ?.
Trois romans en un seul volume. La diversité des thèmes, la richesse de l'imagination et la profonde réflexion sur l'écriture font l'originalité de Jean Lahougue. La Visite du château qui commence par une description précise, permet de fuir ensuite en toute liberté vers le fantastique. Histoire d'un ange est l'autobiographie d'un homme qu'obsède le désir d'inventer une mécanique volante. Pris au piège de sa propre folie, il disparaîtra en plein ciel, emporté par un extraordinaire engin. Le maître d'ouvre est l'aventure d'un retraité solitaire qui reconstruit en secret, dans sa propre maison, la ville natale qu'il n'a jamais quittée.
Hommes et Argent, à propos du surendettement, vient de la participation à un groupe de réflexion de l'association Alethe sur le rapport entre l'homme et l'argent, ainsi que de 20 ans de formation continue de Travailleurs Sociaux ayant à accompagner des surendettés en nombre croissant. Il apparaît vite que leur problème dépasse largement la gestion et même la dimension économique : la difficulté financière est souvent un cri de détresse adressé à la société pour dire la difficulté à y vivre, les conflits avec les proches, ou le mal-être personnel. L'argent est ainsi un langage, mais il reste silence : seuls écoute puis dialogue permettent, éventuellement, l'expression et l'analyse de ce qui ne va pas, pour réussir à changer ce qui est insupportable. L'expérience de nombreux Travailleurs Sociaux et l'éclairage par les sciences humaines aident à comprendre ce qui est devenu un fait de société.
Une ville inerte, "féminine", spatiale, hors de l'histoire, une ville à prendre, et nous pour la prendre. Est-elle l'immuable et nous l'usure ? Elle le corps et nous le mal ? Elle l'espace et nous le temps ? Est-elle encore livre et nous la voix ? ou le lecteur, peut-être, et nous le livre ? Seul, au fond, nous importe cette étreinte (cette lutte ? ) entre nous et la ville. Argos la blanche engendre une écriture. C'est cette même écriture qui, dans L'Athanor, nous tend un piège. D'une forme apparemment plus classique, le récit du mariage dans l'île ne nous inquiète qu'à la longue. Le lecteur finit par être pris dans la chausse-trape qui justifie le titre du roman : l'Athanor n'est que le creuset alchimique, lieu des noces de la matière et du feu.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.