Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Traces incertaines
Lagarce Jean-Luc
SOLITAIRES INT
23,00 €
Épuisé
EAN :9782846810036
Et, comme un livre dans lequel on pourrait entrer, entrer dans l'histoire comme on pénétrerait plus avant sur le plateau, aller dans le roman comme on voyagerait en pensée dans les mots et les phrases, devenir des personnages, se mettre en parade, l'idée de l'enfance, comme on irait marcher dans sa propre imagination, en explorateur et metteur en scène de sa vie, on joue, et de jouer, on dit le vrai plus vrai que le vrai. Et quand viendra l'apaisement où s'éteint le rêve et où les morts se relèvent et les acteurs saluent, et quand viendra le calme des sentiments, lorsqu'ils reprendront leur cours, restera encore, comme une légère douleur, une petite mort, le souvenir de ce temps du faux, et l'espoir inavoué que cette nouvelle vie soit le début d'une nouvelle pièce encore, l'entrée dans un autre rêve, plus grand encore que les autres et les englobant tous, à l'infini, toujours.
Je compris que cette absence d'amour, la solitude, dont je me plains et qui toujours fut pour moi l'unique raison de mes lâchetés, appelons ça comme ça, cette solitude, que cette absence d'amour fit toujours plus souffrir les autres que moi. Et qu'ils semblent ne pas m'aimer, qu'ils donnent l'apparence de ne pas m'aimer, comme seule et dernière preuve d'amour. Je me réveillai avec l'idée étrange et désespérée et indestructible encore qu'on m'aimait déjà vivant comme on voudrait m'aimer mort sans pouvoir et savoir jamais rien me dire. L'amour définitif, immobile et silencieux. (...)
Le Correspondant local. - Moi, oui.Cela se passe... oui...Ici, c'est notre ville, il est peut-être bien de le dire aussitôt, notre ville, assez loin de tout (nous n'en sommes pas mécontents), et encore, secrète, enfermée (refermée) sur elle-même. Toujours ainsi que je me l'imagine et me la remémore. Là. C'est assez facile à comprendre et je ne serai pas long, sur ce point, je ne serai pas long. Il y avait à peine quelques mois que j'étais arrivé ici (je n'y suis pas né), il me semble que j'y comprenais déjà tout ce qu'il y a à y comprendre. Ce genre de ville. Tout le monde a entendu parler, reçu des lettres, des cartes postales sordides, faussement joyeuses, de ce type d'endroit, un jour ou l'autre. Y a vécu parfois, possible. Je laisse ça.Je ne sais pas: cent cinquante mille habitants, plus ou moins, à quelques milliers près. «Milliers près.» Ville prise encore, et de garnison, bien sûr. Réserve de réservistes, c'est comme cela que nous disons. L'époque: de nos jours, à la fin de ce siècle, toujours une fin de siècle. Dernier quart.La Responsable. - Oui.Oh, ce n'est pas compliqué, cela ne devrait pas l'être. Je ne vois pas pourquoi. Si je devais résumer: «quelque chose comme...» («quelque chose», ce n'est pas joli, je l'admets). «Quelque chose comme...»Mon poste, la place que j'occupe, c'est cela. «Quelque chose comme...» Mon métier! Ma fonction! C'est ennuyeux, ça.D'autant plus que je ne voudrais pas, surtout pas, Oh! non, trois fois non, paraître imprécise, être imprécise. Tout le contraire de mon intervention.
L'HOMME cherche a rattraper le temps perdu, connaître ce qu'il ignore, savoir ce que la femme sait de plus que lui. Elle, la femme, cherche à conserver son avantage, ne rien céder. C'est l'histoire d'un cours de rattrapage, «cours du soir», de cette stratégie militaire pour faire dire ce que l'on ignore, pour taire ce que l'on ne veut pas révéler. (Que restera-t-il d'elle lorsqu'elle aura tout dit?) C'est l'histoire d'une éducation, d'un léger vieillissement, à peine, imperceptible, d'une toute première histoire d'amour. Adapté par Jean-Luc Lagarce C'est une pièce avec un homme, une femme et un sofa... C'est l'histoire de la rencontre de cette femme et de cet homme, du dialogue qui naît entre eux, c'est l'histoire de ce dialogue également... L'homme cherche à rattraper le temps perdu, connaître ce qu'il ignore, savoir ce que la femme sait de plus que lui. Elle, la femme, cherche à conserver son avantage, ne rien céder. C'est l'histoire d'un cours de rattrapage, «cours du soir», de cette stratégie militaire pour faire dire ce qu'on ignore, pour taire ce qu'on ne veut pas révéler. (Que restera-t-il d'elle lorsqu'elle aura tout dit?) C'est l'histoire d'une éducation, d'un léger vieillissement, à peine, imperceptible, d'une toute première histoire d'amour. Cela se passe au siècle des Lumières. Jean-Luc Lagarce
Résumé : Cet amour est comme un poème ou une chanson c'est impossible de le résumer il faut le citer que peut-on dire pour résumer un poème ? c'est celui sur l'amour celui qui dit l'amour résiste à tout qu'il faut aimer à tout prix ? ça c'est le résumé de milliers de poèmes. En juxtaposant des versions légèrement différentes des mêmes événements, Tiago Rodrigues explore un moment de crise, comme une course contre la montre, où tout est menacé et où l'on retrouve la force vitale de l'amour.
Résumé : La fécondité véritable d'Artaud est celle d'un discours qui porte en lui la force d'une pensée sur le théâtre visant à briser les frontières de ce qui est. Comme le rappelait Grotowski : " Artaud est un poète du théâtre, c'est-à-dire un poète des possibilités" . C'est cette ouverture des possibles qu'il faut chercher dans les textes d'Artaud, en n'oubliant pas de se rappeler sa vision de la force des mots, habités par une énergie capable de rejoindre la force des gestes. De cette fusion de moyens d'expression chargés de force naîtra, pour le théâtre, un pouvoir d'efficacité comparable à une authentique action magique. Une efficacité capable d'atteindre le spectateur dans son esprit mais aussi dans son corps. Peut-être pourrait-il en être ainsi pour certains lecteurs ... La beauté mais aussi la difficulté des textes d'Artaud vient aussi de l'importance de leur dimension poétique, de l'énergie d'une parole qui s'avance par métaphores et se charge de visions. Mais de visions dessinant pour le théâtre un horizon limite vers lequel se diriger, traçant ainsi un chemin vers la quête de réponses concrètes. En effet la pensée du théâtre qu'il propose n'en porte pas moins en elle, dans sa radicalité, l'ouverture aux enjeux concrets de la mise en scène dans son travail sur le langage, sur l'espace, sur le jeu de l'acteur, sur la relation au spectateur. Artaud n'ignore rien de la matérialité scénique, mais il la charge d'une signification qui doit dépasser cette simple matérialité. Les textes d'Artaud tracent le chemin vers un modèle rituel que les grandes expériences des années soixante (Brook, Grotowski, le Living theatre, Barba) se sont réapproprié et qui habite encore certaines expériences contemporaines comme celle de Romeo Castellucci.
Résumé : Une ombre s'agite sous ses paupières baissées. Dans l'effusion lumineuse, une silhouette, qui ondule. Comme une algue. Un corbeau crie dans le cerisier. Le fils s'est endormi. La mère, pieds nus, danse calmement dans le sommeil du fils.