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Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest Tome 1321 N° 1, mars 2025 : Les monuments aux morts et la
Lagadec Yann
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9791041301041
C'est, pour l'essentiel, entre 1919 et 1924 que la plupart des villes et villages de Bretagne, mais aussi la plupart des paroisses et des institutions scolaires, privées ou publiques, décident d'ériger un monument à ceux qui sont morts durant la Grande Guerre. Les proportions inédites que prend ce mouvement de construction dit bien l'ampleur du traumatisme qu'a été le Premier Conflit mondial, en Bretagne comme ailleurs en France. Depuis, la manière dont la mémoire de la Grande Guerre s'est construite est elle-même devenue objet d'histoire. Cent ans plus tard, les timides commémorations de l'érection de ces centaines de monuments aux morts offrent l'occasion d'interroger différemment ces édifices qui, souvent, sont tellement présents, tellement banalisés dans nos paysages urbains qu'ils en sont devenus presque invisibles. Il s'agira entre autres, dans ce dossier, non seulement de s'interroger sur des formes mémorielles peu connues et de ce fait moins étudiées - des vitraux commémoratifs aux cloches ou aux bannières des églises, des tableaux d'honneur aux monuments aux morts bretons implantés hors de Bretagne -, mais aussi de tenter de saisir comment cette mémoire s'est construite et a évolué dans la durée, dans la suite de celle de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 avant que la Seconde Guerre mondiale entraîne de nouvelles formes de commémoration. Au-delà, la question est aussi celle de la manière dont cette mémoire s'élabore dans une région, la Bretagne, déjà dotée d'une forte identité, comment cette mémoire se teinte parfois de régionalisme, comment s'articulent en ce domaine très particulier grande et petite patries.
Soixante-dix ans après les événements, ce travail photographique documentaire se penche sur les traces de la bataille de Normandie, à travers la voie symbolique, à vocation commémorative, qui retrace l'avancée des troupes de la 3e armée américaine, commandée par le général Patton. Inaugurée en 1947, sous l'impulsion du commandant Guy de la Vasselais, ce monument à l'échelle du territoire, court entre Sainte-MèreEglise (Manche) et Bastogne (Belgique). Cet ouvrage trouve donc son origine dans l'idée paradoxale de s'appliquer à saisir un objet difficilement représentable photographiquement, du fait de son étalement géographique. Le parcours de la Voie structure ainsi le cheminement de cet ouvrage, depuis la plage d'Utah jusqu'à Rennes. Le long de quelques routes Normandes et Bretonnes, certaines traces et divers signes nous amènent, encore aujourd'hui, à entrevoir les préparatifs du débarquement et la libération, en passant par les bombardements, les combats, la vie quotidienne des soldats et des civils. Ces photographies, nourries par les souvenirs de témoins, par les manifestations de la mémoire et les travaux historiques, proposent un regard contemporain sur une région où les paysages durement affectés par l'histoire sont maintenant apaisés.
Nous sommes relevés par le 65e, des Bretons qui, avec vingt-cinq kilomètres dans les jambes et douze heures sac au dos sans arrêt, ne se plaignent pas et s'entassent sans un mot dans les abris. C'est une race plus sympathique que nos méridionaux du 16e corps, à qui la division était rattachée". Par ces quelques mots griffonnés dans ses carnets en décembre 1915, le Bourguignon Pierre Perrin, mobilisé dans un régiment dijonnais, dit bien la force des stéréotypes régionaux dans la France de la Grande Guerre, les tensions qui en résultent parfois aussi malgré l'Union sacrée affichée. Pourtant, en dépit des profonds renouvellements de l'historiographie du conflit depuis une trentaine d'années, cette dimension régionale - et périphérique - des différents phénomènes, loin de Berlin, Londres ou Paris, reste très inégalement prise en compte par la recherche universitaire. En questionnant les liens - essentiels - entre "petite" et "grande" patries, ce livre souhaite interroger, pour lui-même, le fait régional en guerre. Conditions du recrutement et de la mobilisation, force des solidarités nées d'origines géographiques communes, cultures gustatives, traditions musicales valorisées, langues locales ou régionales contribuant à forger une "langue des tranchées", constitution et évolution de stéréotypes régionaux combattants sont quelques-unes des pistes ici empruntées: elles permettent, entre autres, de mieux comprendre comment la "petite patrie" interagit avec la grande et contribue à renforcer la capacité des soldats à endurer les conditions dans lesquelles ils survivent au quotidien. En certains cas, la défense du pays conduit d'ailleurs à une redéfinition des identités régionales, à leur renforcement notamment. On l'aura compris: la région est ainsi moins le cadre de l'étude que l'objet même de la réflexion, à travers des contributions portant sur la Bretagne, la Normandie, le Nord-Pas-de-Calais, mais aussi l'Alsace alors allemande ou encore l'Empire britannique, plus particulièrement le Québec et la Nouvelle-Zélande.
Incorporé au 76e RI de Coulommiers à l'âge de 19 ans en octobre 1913 comme conscrit, Maurice Gastellier, jeune paysan des campagnes de Brie, est happé par la guerre à compter d'août 1914. Passé en1916 au 19eRI de Brest, il n'est démobilisé qu'en avril1919 après avoir passé cinq ans et six mois de sa jeunesse sous les drapeaux et traversé toute la Grande Guerre comme simple fantassin de deuxième classe. Blessé à quatre reprises, gazé, il a été de tous les combats : la bataille des frontières en août1914, l'Argonne et Vauquois en 1915, la guerre des mines à Berry-au-Bac et Verdun en 1916, le Chemin des Dames en 1917 avant de participer à la répression de la mutinerie des soldats russes au camp de la Courtine, dans la Creuse. Ce sont ensuite à nouveau les combats sur le Chemin des Dames fin 1917 et début 1918, la Somme, le secteur de l'Hartmannswillerkopf, le front de Champagne, enfin le passage de la Meuse, le 10 novembre 1918. Sa correspondance de quelque 600 lettres -une tous les deux jours et demi permet de suivre la vie de ce fantassin au jour le jour. Pour celui qui fut l'un de ces combattants les plus exposés de la Grande Guerre, l'écriture apparaît comme une nécessité : un lien avec ceux qui sont restés au pays, à Coulommiers et dans les environs, un moyen aussi de dire ses souffrances, les conditions de vie et de survie des simples combattants, en première ligne. Le paysan-soldat, qui a laissé au pays sa mère, seule à la ferme avec son frère cadet et un ouvrier agricole, écrit dans un français oral teinté de patois briard. Il témoigne avec simplicité de son expérience de la guerre, de la boue des tranchées, à ses séjours à l'hôpital ou dans les dépôts de l'arrière, tout en se préoccupant, au fil des saisons, des travaux des champs et de la gestion de la ferme familiale, offrant un bel exemple d'une écriture populaire de la Grande Guerre dans la durée.
Les images sont au c?ur de la Grande Guerre. De 1914 à 1918, elles sont utilisées pour mobiliser Bretons et Bretonnes. Elles contribuent à la construction des mémoires d'un conflit fondateur de la Bretagne d'aujourd'hui. En 200 images, souvent inédites, ce livre interroge l'actualité de cette guerre centenaire.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.