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Le canton. Un territoire du quotidien ?
Lagadec Yann ; Le Bihan Jean ; Tanguy Jean-Françoi
PU RENNES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782753508309
N 1789, l'Assemblée constituante raya d'un trait de plume les complexes divisions territoriales de l'Ancien Régime. Elle institua, d'une part, les départements, qui ont subsisté jusqu'à nos jours, et, à l'autre extrémité, elle donna le statut de " commune " à près de 38000 collectivités, paroisses et communautés. Le maillage communal a lui aussi perduré jusqu'à l'époque actuelle : c'est là une particularité unique en Europe mais apparemment indestructible. Cet émiettement frappa tout de suite les contemporains. Si certains le regrettèrent, ce fut trop tard. Mais on imagina très tôt de regrouper certaines fonctions à un échelon supérieur. Les juges de paix, les brigades de gendarmerie, les curés doyens, ne pouvaient exercer leur action dans le cadre d'une seule commune. Certains scrutins exigeaient un regroupement minimum des électeurs. Ainsi naquit le canton. Mais, structure intermédiaire entre la commune et le district, puis, après 1800, entre la commune et l'arrondissement, on se garda de lui donner une vraie personnalité et un mode de représentation. Le faire aurait diminué l'importance des maires et des communes, relais essentiel, maillage majeur de l'administration et du gouvernement de la France, et, après 1800, l'importance des sous-préfets, piliers de l'administration territoriale, et des arrondissements. Seul le Directoire tenta, entre 1795 et 1799, de substituer le canton à la commune. Ce fut un échec, définitif. Ainsi, pendant deux cents ans, le canton survécut comme base électorale de certaines carrières politiques, siège de justice, voire de police, circonscription de recrutement pour les grandes armées permanentes naissantes, territoire indispensable pour le droit, l'administration, les habitus institutionnels français, carrefour de routes, lieu de foires et de marchés, centre d'artisanat et de commerce. Et pourtant, malgré d'innombrables propositions de réformes, jamais il ne fut reconnu comme un véritable échelon politique. C'est cette histoire - peut-être en voie d'achèvement - que ce colloque, organisé en septembre 2006 à l'université Rennes 2, voudrait tirer de l'ombre.
Nous sommes relevés par le 65e, des Bretons qui, avec vingt-cinq kilomètres dans les jambes et douze heures sac au dos sans arrêt, ne se plaignent pas et s'entassent sans un mot dans les abris. C'est une race plus sympathique que nos méridionaux du 16e corps, à qui la division était rattachée". Par ces quelques mots griffonnés dans ses carnets en décembre 1915, le Bourguignon Pierre Perrin, mobilisé dans un régiment dijonnais, dit bien la force des stéréotypes régionaux dans la France de la Grande Guerre, les tensions qui en résultent parfois aussi malgré l'Union sacrée affichée. Pourtant, en dépit des profonds renouvellements de l'historiographie du conflit depuis une trentaine d'années, cette dimension régionale - et périphérique - des différents phénomènes, loin de Berlin, Londres ou Paris, reste très inégalement prise en compte par la recherche universitaire. En questionnant les liens - essentiels - entre "petite" et "grande" patries, ce livre souhaite interroger, pour lui-même, le fait régional en guerre. Conditions du recrutement et de la mobilisation, force des solidarités nées d'origines géographiques communes, cultures gustatives, traditions musicales valorisées, langues locales ou régionales contribuant à forger une "langue des tranchées", constitution et évolution de stéréotypes régionaux combattants sont quelques-unes des pistes ici empruntées: elles permettent, entre autres, de mieux comprendre comment la "petite patrie" interagit avec la grande et contribue à renforcer la capacité des soldats à endurer les conditions dans lesquelles ils survivent au quotidien. En certains cas, la défense du pays conduit d'ailleurs à une redéfinition des identités régionales, à leur renforcement notamment. On l'aura compris: la région est ainsi moins le cadre de l'étude que l'objet même de la réflexion, à travers des contributions portant sur la Bretagne, la Normandie, le Nord-Pas-de-Calais, mais aussi l'Alsace alors allemande ou encore l'Empire britannique, plus particulièrement le Québec et la Nouvelle-Zélande.
C'est, pour l'essentiel, entre 1919 et 1924 que la plupart des villes et villages de Bretagne, mais aussi la plupart des paroisses et des institutions scolaires, privées ou publiques, décident d'ériger un monument à ceux qui sont morts durant la Grande Guerre. Les proportions inédites que prend ce mouvement de construction dit bien l'ampleur du traumatisme qu'a été le Premier Conflit mondial, en Bretagne comme ailleurs en France. Depuis, la manière dont la mémoire de la Grande Guerre s'est construite est elle-même devenue objet d'histoire. Cent ans plus tard, les timides commémorations de l'érection de ces centaines de monuments aux morts offrent l'occasion d'interroger différemment ces édifices qui, souvent, sont tellement présents, tellement banalisés dans nos paysages urbains qu'ils en sont devenus presque invisibles. Il s'agira entre autres, dans ce dossier, non seulement de s'interroger sur des formes mémorielles peu connues et de ce fait moins étudiées - des vitraux commémoratifs aux cloches ou aux bannières des églises, des tableaux d'honneur aux monuments aux morts bretons implantés hors de Bretagne -, mais aussi de tenter de saisir comment cette mémoire s'est construite et a évolué dans la durée, dans la suite de celle de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 avant que la Seconde Guerre mondiale entraîne de nouvelles formes de commémoration. Au-delà, la question est aussi celle de la manière dont cette mémoire s'élabore dans une région, la Bretagne, déjà dotée d'une forte identité, comment cette mémoire se teinte parfois de régionalisme, comment s'articulent en ce domaine très particulier grande et petite patries.
Soixante-dix ans après les événements, ce travail photographique documentaire se penche sur les traces de la bataille de Normandie, à travers la voie symbolique, à vocation commémorative, qui retrace l'avancée des troupes de la 3e armée américaine, commandée par le général Patton. Inaugurée en 1947, sous l'impulsion du commandant Guy de la Vasselais, ce monument à l'échelle du territoire, court entre Sainte-MèreEglise (Manche) et Bastogne (Belgique). Cet ouvrage trouve donc son origine dans l'idée paradoxale de s'appliquer à saisir un objet difficilement représentable photographiquement, du fait de son étalement géographique. Le parcours de la Voie structure ainsi le cheminement de cet ouvrage, depuis la plage d'Utah jusqu'à Rennes. Le long de quelques routes Normandes et Bretonnes, certaines traces et divers signes nous amènent, encore aujourd'hui, à entrevoir les préparatifs du débarquement et la libération, en passant par les bombardements, les combats, la vie quotidienne des soldats et des civils. Ces photographies, nourries par les souvenirs de témoins, par les manifestations de la mémoire et les travaux historiques, proposent un regard contemporain sur une région où les paysages durement affectés par l'histoire sont maintenant apaisés.
Incorporé au 76e RI de Coulommiers à l'âge de 19 ans en octobre 1913 comme conscrit, Maurice Gastellier, jeune paysan des campagnes de Brie, est happé par la guerre à compter d'août 1914. Passé en1916 au 19eRI de Brest, il n'est démobilisé qu'en avril1919 après avoir passé cinq ans et six mois de sa jeunesse sous les drapeaux et traversé toute la Grande Guerre comme simple fantassin de deuxième classe. Blessé à quatre reprises, gazé, il a été de tous les combats : la bataille des frontières en août1914, l'Argonne et Vauquois en 1915, la guerre des mines à Berry-au-Bac et Verdun en 1916, le Chemin des Dames en 1917 avant de participer à la répression de la mutinerie des soldats russes au camp de la Courtine, dans la Creuse. Ce sont ensuite à nouveau les combats sur le Chemin des Dames fin 1917 et début 1918, la Somme, le secteur de l'Hartmannswillerkopf, le front de Champagne, enfin le passage de la Meuse, le 10 novembre 1918. Sa correspondance de quelque 600 lettres -une tous les deux jours et demi permet de suivre la vie de ce fantassin au jour le jour. Pour celui qui fut l'un de ces combattants les plus exposés de la Grande Guerre, l'écriture apparaît comme une nécessité : un lien avec ceux qui sont restés au pays, à Coulommiers et dans les environs, un moyen aussi de dire ses souffrances, les conditions de vie et de survie des simples combattants, en première ligne. Le paysan-soldat, qui a laissé au pays sa mère, seule à la ferme avec son frère cadet et un ouvrier agricole, écrit dans un français oral teinté de patois briard. Il témoigne avec simplicité de son expérience de la guerre, de la boue des tranchées, à ses séjours à l'hôpital ou dans les dépôts de l'arrière, tout en se préoccupant, au fil des saisons, des travaux des champs et de la gestion de la ferme familiale, offrant un bel exemple d'une écriture populaire de la Grande Guerre dans la durée.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.